3615 c’est ma vie : le Black Metal et moi

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Annee de sortie: 2010

Petite tribune en forme de méa culpa personnel.
J’ai en effet longtemps considéré le black metal comme un genre puéril, empreint d’une vaine volonté de choquer par son imagerie, son affirmation bornée (et souvent ridicule) du satanisme, sans parler de toutes les déviances passées et autres actes criminels de la scène norvégienne des années 90, qui me repoussaient évidemment… Bref le black métal ne passerait pas par moi, j’en étais encore absolument certain lorsqu’Eklektik est né il y a presque 3 ans de cela.
C’est un paradoxe depuis longtemps avéré et j’ai pu le vérifier par moi-même : on est souvent fortement attiré par ce que l’on rejette avec véhémence.

Je ne suis pas certain de vraiment savoir comment j’ai finalement succombé à ce genre, mais à bien y réfléchir je suppose que mes premiers albums de black ont été ceux de Dimmu Borgir, probablement Spiritual Black Dimensions et Puritanical Euphoric Misanthropia. Un black symphonique très léché et propre, « hollywoodien » presque (totalement même sur Deathcult Armageddon).
Je suis resté longtemps dans le petit bain, en n’exposant mes feuilles de chou qu’à des groupes relativement peu « dangereux », me tenant à bonne distance de l’underground et de ses dangers. C’est ainsi que j’ai pu fortement apprécier le fabuleux Sanctus Diavolos de Rotting Christ dans un registre dark/black de haute volée. J’ai bizarrement fondu devant le pourtant très brutal Domine Non Es Dignus de Anaal Nathrakh. Je commençais alors à voir certaines barrières tomber et mes oreilles s’habituer à ce genre de sonorités qui m’étaient si étrangères de prime abord. J’ai ensuite découvert Enslaved avec Isa, un black ambitieux et bien particulier puisque très éloigné des clichés du genre et ce bien qu’Enslaved ait fait partie des précurseurs norvégiens de la grande époque. J’ai par la suite attaqué à rebours sur la discographie du groupe avec Below The Lights, peut-être mon préféré à ce jour. Je m’attaque seulement à Monumension (mieux vaut tard que jamais merde).
En parallèle d’albums comme le Attera Totus Sanctus de Dark Funeral, Anti-Life de Disiplin, ou plus récemment du bulldozer Armada de Keep Of Kalessin,  je me suis davantage tourné vers des classiques du genre, notamment après avoir découvert véritablement Satyricon avec le dernier album en date, Now, Diabolical. C’est ainsi que j’ai (re)découvert l’excellent Volcano du même groupe, mais surtout le fabuleux Anthems To The Welkin At Dusk de Emperor, sûrement l’un des albums de métal les plus extraordinaires qu’il m’ait été donné d’entendre…
Il y a quelques mois j’ai aussi découvert Arcturus (certes en marge dans la mouvance black depuis les derniers albums, plutôt un metal avant-gardiste rattaché au black en raison des acteurs qu’il rassemble et de ses débuts dans le black norvégien). Gros coup de coeur, en particulier avec l’album The Sham Mirrors qui tourne pratiquement une fois par jour depuis sa découverte et qui fait maintenant partie des albums que j’emmènerais à coup sûr, si je m’exilais sur une île déserte. De même pour le Nightwork de Diabolical Masquerade qui sous ses faux airs parodiques est en réalité un véritable bijou de heavy/black mélodique. Je pourrais également citer Moonsorrow dont la musique sombre et empreinte du folklore finlandais est un véritable ravissement pour les sens, ou bien Secrets Of The Moon, dont le dernier album Antithesis est plus que recommandable.
Mais depuis quelques temps, j’ose m’aventurer vers des contrées maléfiques et plus underground. A bien y regarder, je constate même que mes gros coups de coeur des derniers mois sont pour la plupart des albums de black, ce qui n’est évidemment pas un hasard, tant ce genre me ravit par son inventivité, son originalité et sa diversité.
C’est ainsi qu’aux côtés du superbe Blood In Our Wells de Drudkh, l’ensorcelant Om des roumains de Negura Bunget m’a mis une méchante fessée en fin d’année dernière… L’année 2007 commence tout aussi bien avec le Andacht des allemands de Lunar Aurora qui devrait sans mal se classer dans les meilleurs albums de l’année. J’ai découvert tout récemment dans le même genre, les grecs de Nocternity et je sens que leurs albums vont tourner, à commencer par Onyx, perle absolue à la beauté toute vénéneuse.

J’avoue avoir remisé les questions idéologiques au placard, certainement par facilité je l’admets volontiers. Plus question pour moi de m’interroger trop longtemps sur les idées soutenues par certains groupes douteux, la musique passe au premier plan et puis c’est tout. Bon je l’admets, j’aime autant qu’un groupe reste énigmatique, un rattachement un peu trop évident à des thèses nauséabondes (d’extrême droite quoi) me causant quand même encore quelques tracas et scrupules. Mais c’est ainsi, on ne peut nier qu’une musique extrême (comme toutes les choses extrêmes du reste) attire souvent des personnalités extrêmes, y compris certaines dont on se passerait bien…

Quoi qu’il en soit, mes découvertes des derniers mois me poussent à continuer les recherches et à découvrir toujours plus de groupes dans la vaste famille du black métal.
Quelque chose me dit que mon voyage vers les tréfonds des ténèbres ne fait que commencer…

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 932 articles sur Eklektik.

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