Chimaira – Resurrection

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Style: metalAnnee de sortie: 2007Label: Ferret

Les groupes de metal aiment les superlatifs. Ils s’en drapent comme des étendards et infusent leurs chansons d’une atmosphère épique qui les fait passer pour des chevaliers ou des barbares détruisant tout opposition sur leur passage. Or, quand Chimaira titrent leur album Resurrection ce n’est pas pour se placer comme les nouveaux messie du metal moderne (malgré le ridicule pseudonyme de moïse du metal que la presse anglaise a donné au chanteur, Mark Hunter) mais pour signifier un véritable retour à la vie après une période de trouble. Aussi bon que fut leur dernier album, en le réécoutant maintenant, et après avoir regardé le DVD qui accompagne la version collector de l’album, je comprends très bien le renouveau agressif de ce dernier disque. Sans Andols Herrick derrière la batterie, la machine Chimaira n’était vraiment plus la même. Je ne discuterais pas les qualités de Kevin Talley en tant que batteur en général, mais au sein de Chimaira il ne donnait pas la même puissance de feu que Andols Herrick procure avec son jeu varié et dynamique. A dire vrai, l’album éponyme précèdent manquait sérieusement d’énergie et jouait presque plus sur une gamme très mid tempo en comparaison de the Impossibility of reason ou de ce Resurrection. Ce dernier est définitivement l’album du retour au maximum des possibilités pour Chimaira.

Chaque musicien donne ici le meilleur de lui même et bien que toutes les plages ne soient pas aussi parfaite les unes que les autres, il n’y a pas de réel temps mort et assez d’idée pour qu’à aucun moment la lassitude ne se fasse ressentir. La recette Chimaira n’est pourtant pas très complexe puisque se basant sur de gros riffs bien lourds, quelques lignes mélodiques ou des solos jamais trop démonstratifs. Rien qui, théoriquement, ne les séparent d’autres groupes de metal actuel. En pratique par contre, les riffs s’impriment très vite dans votre tête et l’armature électronique des claviers auréole les guitares de ce petit plus épique sans lequel une chanson comme « Resurrection » ne serait pas la claque sur efficace qu’elle est. C’est l’intervention accrue des différents effets ou des nappes de clavier qui confère définitivement à Chimaira ce degré d’originalité que ne possède pas d’autres groupes de metal actuel. La référence Fear Factory est évidente quand les effets se font un peu trop mécanique mais il y a bien plus que cela comme lors de la dernière plage, « Empire », où les claviers et les choeurs évoquent les moments les plus grandiloquents de Dimmu Borgir. La touche hardcore du quintet est aussi très présente sur ce disque et les mosh part sont pléthores sans jamais être répétitives. Cependant, si l’association au metalcore vous rebute, sachez tout de même que Chimaira reste d’abord un groupe de metal et ne s’aventure pas dans des clichés de ce genre aujourd’hui maudit par des années de clonage.

Bien au contraire, ce qui reste la marque de fabrique des albums du groupe, post Pass out of Existence, c’est cette envie de faire un metal sans faux col. Si il y a ligne mélodique, elle ne sera jamais mielleuse. Si il y a une pause, elle servira à revenir encore plus violemment. Rien dans cet album ne vous choquera comme étant une innovation incroyable, mais vous aurez de quoi contenter votre soif de metal efficace, moderne, qui ne s’echappe pas des trace de pas laissés par Slayer. « The flame » invitera d’ailleurs peut être aussi un peu de controverse, tout comme «Jihad» sur Christ Illusion, avec son sample de femme hurlant et son texte évoquant un viol. Bien qu’il y ait matière a discuter de la légitimité d’un texte de ce genre, la chanson n’est en aucun cas une incitation a commettre quoi que ce soit et reste juste un texte particulièrement sombre pour un groupe qui n’a de toute façon jamais été orienté vers les ritournelles de damoiseau. C’est donc un Chimaira en pleine forme qui nous revient sur Resurrection avec beaucoup d’amélioration mais sans changement majeur. Les fans apprécieront et ceux qui restaient encore insensible au groupe changeront peut être d’avis. Chimaira est une machine de guerre efficace strictement metal dont la production, jamais décevante, ne fera pas date comme l’un des pionniers de quoi que ce soit. On ne pourra cependant pas nier la conviction qui se dégage de ce nouveau lot de chansons tout aussi brutales et mémorables les unes que les autres.

  1. resurrection
  2. pleasure in pain
  3. worthless
  4. six
  5. no reason to live
  6. killing the beast
  7. the flame
  8. end it all
  9. black heart
  10. needle
  11. empire

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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7 Commentaires

  1. wakos says:

    Je n’attendais pas grand chose de ce disque, mais je dois avouer que je l’apprécie de plus en plus au fil des écoutes. Rien de franchement révolutionnaire, mais au moins on passe un bon moment …

  2. Tim No-Wear says:

    D’accord avec cette chro. Il est plus « rentre dedans » que le précédent et se laisse plus facilement réécouter car les riffs sont plus facilement mémorisables que sur l’album éponyme sans être forcément plus « easy-listening ».

  3. Ars Moriendi says:

    mmmmhh ! qui veut un bon bol de bouillon insipide ? merci RoadRunner

  4. Ars Moriendi says:

    euh pardon Nuclear Blast !

  5. ryo says:

    Une chro efficace pour une résurrection (véritable) et efficace

  6. shaq says:

    Mouai… j’avais trouvé s/t sympa, frais et dynamique, mais ce Resurrection m’a saoulé au bout de 3 morceaux… trop systématique, trop l’impression de redite, de recette facile… c’est bien fait mais mon kiki reste au repos.

  7. RBD says:

    Beaucoup aimé ce 4e album. Le groupe sait progresser sans renier aucun des trois précédents.

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