Crowpath + Comity + 7th Nemesis – 14 mars 2007 – Batofar – Paris

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Des trois groupes de la soirée, je n’en connaissais qu’un seul, Crowpath, la tête d’affiche. Et malgré leurs approches très diverses de la musique extrême, aucun ne m’a déçu et ne fut en dessous de l’excellente réputation qui précédait chacun d’entre eux. La soirée se présente pourtant un peu mal puisque les portes du Batofar ouvrent avec 1h15 de retard à peu près pour permettre à tout le monde de se réchauffer un peu. Les franciliens de 7th Nemesis sont déjà sur scène en train de préparer leurs instruments et même si la soirée a un coté confidentiel, puisque réservée à des groupes originaux et difficile d’accès, le public arrive progressivement. 7th Nemesis commence son set d’un metal violent mais original avec des riffs typés death technique et des vocalises variées et bien présentes, entre thrash/death et black metal. Les chansons s’enchaîneront au cours d’un set de plus d’une demi heure qui convaincra progressivement le public à leur cause bien que le reste de la soirée ne soit pas très metal. Le groupe s’en sort grâce à des compositions complexes et impressionnantes et des musiciens possédés par leur musique et déterminés à montrer ce dont ils sont capables. Premier groupe de la soirée et déjà une excellente surprise. A ce moment là, je me demande vraiment si Comity sera capable de faire plus intense que cela. Ne connaissant pas encore bien Comity à ce moment là, j’ai donc un peu douté. Je n’aurais pas du.

Selon les dires des musiciens, pendant et après le concert, leur son n’était pas parfait et la basse dominait trop le mix. Ils se sont même excusés de ce problème de son. Pour moi qui n’ai découvert le groupe que ce soir là, ce n’est pourtant pas cela qui m’a empêché d’apprécier et d’être même complètement conquis par leur prestation. Se nourrissant de tous les groupes phares de ce que les journalistes appellent le « mathcore », la musique de Comity est riche et dense tout en étant joué avec passion et minutie. 55 minutes de musique et une seule respiration pour un impact maximum sur les tympans, la totalité de leur dernier album, As Everything Is a Tragedy, ne comportant qu’une seule piste ayant apparemment été joué. Les problèmes techniques soulignés par le groupe ne m’ont aucunement gêné pour apprécier leur prestation. J’ai eu beau être attentif, je ne les ai pas perçu. En même temps en ne connaissant pas l’album jusqu’à ce soir là, je suis sûrement très mal placé pour faire la comparaison. Mais, une chose est sûr, à l’issu de leur set, après avoir copieusement applaudi les musiciens, tout comme le reste de la salle qui était venu sûrement plus pour eux que pour Crowpath, j’étais encore sous le charme de cette musique aussi complexe que phénoménale. Et, encore une fois, je me demandais si la suite serait aussi incroyable.

Plus fort que Comity ? Sûrement pas. Aussi bien ? Sans aucun doute. Alors que le set de Comity était tout en relief et en puissance, la musique de Crowpath est encore plus intense. Violente et dynamique, entre hardcore chaotique et grind, elle ne permet aucune respiration. C’est d’ailleurs sûrement cela qui a fait s’éclipser une bonne partie du public durant le concert des suédois, car pour les malades du premier rang, dont je faisais partie, le son était parfait et la performance fut traumatisante de violence et de virulence, dans le bon sens du terme. Avant le début du set, on pouvait entendre que le son de la batterie serait identique à celui de l’album, une des marque de l’originalité de ce quartet qui n’en manque pas. Mais une fois le concert commencé, la puissance des chansons sur disque fut largement doublée. Mention spéciale à un « Children of boredom » titanesque grâce à un instrument à corde, joué en slide sur les genoux par le guitariste, qui produisit des sonorités discordantes et denses comme jamais je n’en avais entendu auparavant. Le batteur, quant à lui, ne laisse pratiquement aucun temps mort et reproduit à la perfection les rythmes complexes qu’il balance, on reconnait sans pareille son style prolixe en cymbales aigues, et le public en sort abasourdi par tant de maîtrise. Un comble de la part de quatre suédois souriants et sympathiques qui remercieront plusieurs fois le public et l’organisation du concert. Bonne humeur et terrorisme sonore étaient donc au programme et chacun des groupes de la soirée remplit ces critères parfaitement. Une soirée plus que mémorable et peut-être même un des meilleurs concert de l’année 2007.

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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