Daath – The Hinderers

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Annee de sortie: 2007Label: Roadrunner Records

Daath, c’est un peu le Canada Dry du death en quelque sorte… Ca en a l’apparence, mais ça n’en est pas vraiment. Les signaux forts ne manquent pourtant pas pour nous faire penser qu’il s’agit bien de death : vocaux grognés, double pédale souvent de sortie. On se ferait facilement avoir.
Pourtant si death il y a dans la musique de Daath, c’est sûrement plus du death light. Les morceaux sont en effet très mélodiques, et aussi très courts, relativement formatés… A bien y regarder la musique du combo américain n’est d’ailleurs pas si agressive qu’elle n’y paraît d’abord. Si « Subterfuge », « From The Blind » ou « War Born » peuvent laisser planer le doute un moment, le très mélodique « Cosmic Forge » (qui évoque un peu Scar Symmetry) remet les choses en place. Occasionnellement, la brutalité et la présence de gimmicks familiers (comme ces vocaux éructés qui rappellent fugacement Illdisposed sur « Who Will Take The Blame ? ») ramènent le death au premier plan, mais un death direct, pas trop méchant, light quoi.

Car bizarrement, et sans pourtant jamais tomber dans la facilité des voix claires, le groupe donne vraiment un côté très accessible à sa musique, qu’on pourra dès lors pourquoi pas envisager comme un bon tremplin vers du death couillu et velu pour le coup. C’est qu’on est chez Roadrunner ma bonne dame. La production est donc très léchée (elle est d’ailleurs signée James Murphy –Testament, Death– et le mix Colin Richardson, excusez du peu), rien ne dépasse, ce que les puristes et allergiques au gros son ne manqueront pas de mettre au passif de Daath, car cela contribue certainement grandement à faire que ce death-là soit appréciable assez facilement.

Pourtant soyons honnête, cet album (qui fait suite à Futility, un premier album datant de 2004) s’écoute sans déplaisir, et même plutôt avec plaisir pour tout dire, et ce même s’il n’y a pas de quoi crier au génie non plus. Le groupe a la bonne idée de mélanger les idées, et de piocher dans différentes choses faisant facilement appel à des claviers façon death mélo (« Under a Somber Sign ») ou à des éléments électroniques ou synthétiques qui ne déméritent pas et rappellent parfois Static-X (les excellents « Above Lucium » ou le presque dansant « Dead On The Dance Floor »).
On pourra aussi faire un rapprochement, ô surprise, avec un autre groupe Roadrunner, surtout dû à la voix de Sean Farber qui ne manque pas d’évoquer celle de Dez Fafara de Devildriver (frappant sur « Ovum » par exemple).
Qu’importe que le génie n’y soit pas, le melting pot est réussi et la sauce prend. Evidemment la prod, le format court et direct des morceaux feront peser quelques doutes quant à la longévité de l’œuvre… Mais le très moyen « The Hinderers », morceau qui conclut cet album et s’aventure sur des terrains hasardeux (longueur de morceau, côté moins direct) montre bien que le groupe est plus à l’aise dans son registre direct et franc du collier. Les expérimentations et morceaux qui s’étirent en longueur, ce ne sera pas pour Daath, et grand bien leur fera de garder ça à l’esprit pour l’avenir.
Au final Daath livre un album sympathique, qui à défaut de marquer les esprits, permettra de se détendre gentiment les esgourdes, ce qui est déjà une bonne nouvelle en soi.

  1. subterfuge
  2. from the blind
  3. cosmic forge
  4. sightless
  5. under a somber sign
  6. ovum
  7. festival mass soulform
  8. above lucium
  9. who will take the blame ?
  10. war born (tri-adverserenade)
  11. dead on the dance floor
  12. blessed through misery
  13. the hinderers
krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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3 Commentaires

  1. Lébo says:

    Que fait Kevin Talley dans cette galere?????

  2. Kaoslynn says:

    Franchement cet album il ne m’a pas emballé moi… je m’attendais à un truc plus original…

  3. Ed says:

    Je trouve cet album terrible pas un passage de relou.

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