Mnemic – Passenger

mnemic passenger

Une fois l’introduction enclenchée, vers 40 secondes, on croirait entendre le fameux « Velvet kevorkian » qui fait monter l’adrénaline au début du City de Strapping Young Lad. Un peu plus loin dans l’album, dans « Stuck here », quand un ralentissement intervient et que les guitares se distordent, on se croirait sur Nothing de Meshuggah. Ces deux influences ont toujours figuré dans le CV de Mnemic et ce n’est donc pas surprenant de les retrouver là. Par contre, ce qui est un peu gênant c’est de les reconnaître aussi évidemment sur le troisième album d’un groupe qui devrait avoir trouvé une identité un peu plus forte depuis le temps. Mnemic serait il un autre clone dans le clan cyber metal et rien de plus ?

Pourtant toute l’attention de la scène metal française fut tourné vers ce groupe danois quand un des chanteurs de Scarve, Guillaume Bideau, les rejoignit l’année dernière. Alors bien sûr, quand un enfant du pays part à l’étranger on attend beaucoup de lui. Surtout quand il quitte un groupe très influencé par Strapping Young Lad et Meshuggah pour en rejoindre un autre dans le pays d’à coté. De la délocalisation pure et dûre. Mnemic n’est donc plus un groupe de plus dans l’écurie Nuclear Blast pour le public français mais un groupe identifié comme possédant un chanteur français. Alors forcement, on en attend plus que si c’était un simple danois qui avait trouvé sa place derrière le micro.

Lors d’une interview donnée après son départ de Scarve, Mr Bideau avait affirmé que sa nouvelle place dans Mnemic lui permettrait d’utiliser sa voix de plus de façons que dans Scarve. Et effectivement, en réécoutant Irradiant je me suis demandé où pouvait bien être le Guillaume Bideau que j’entends aujourd’hui sur Passenger? Ce changement de chanteur pour Mnemic n’a pas eu que pour effet d’apporter un peu de variété dans les passeports du groupe mais leur procure aussi les refrains efficaces qui faisaient en partie défaut à leurs albums précédents. Bien que je sois amateur des deux premiers albums, je me rend maintenant compte à quel point leur premier chanteur avait une voix peu propice aux mélodies. Guillaume Bideau procure au groupe une dose de mélodie salvatrice qui permet, malgré les influences évidentes, de faire flotter au dessus de ce disque une aura de succès commercial potentiel. Si ce nouvel album ne révolutionne rien et ne s’oriente pas vers des territoires plus progressifs ou plus techniques c’est pour mieux asseoir la position de Mnemic comme une machine à morceaux solides et efficaces. Les claviers et les riffs saccadés appuient la mécanique du groupe et justifient l’étiquette cyber tandis que les lignes mélodies et les hurlements rageurs jouent avec l’adrénaline de l’auditeur ou s’insèrent dans sa mémoire à court terme pour mieux l’infecter sur le long terme par la suite. La voix n’est toutefois pas le seul atout du groupe et les riffs metal sont bien sentis. L’écriture se fait aussi plus directe et les structures moins complexes donnent à chaque chanson une efficacité digne d’un groupe jouant dans un stade.

Le défaut principal de ce disque réside en fait dans son atout commercial majeur : c’est un disque qui plaira sûrement beaucoup aux jeunes fans de metal découvrant In Flames ou Soilwork mais pas au vieux briscards amoureux des premiers Fear Factory et de Strapping Young Lad. Sans être un album de death mélodique ou de neo metal, Passenger joue avec l’adrénaline en proposant une formule efficace mais qui ne révolutionne tellement rien qu’il faut être un fan fidèle dans mon genre pour ne pas jeter ce disque aux orties. Avec Passenger, Mnemic prend une route qui les rendra sûrement plus populaire. Et pourtant, j’aime beaucoup cet album. Les doutes me reviennent à l’esprit en l’écoutant mais une fois les accroches atteintes (comme sur la très pop « Meaningless » ou « In control ») je les oublie. Peut être parce que sans être un disque très différent de la production actuelle, Passenger est un album de metal moderne qui enfonce les bons boutons et se distingue par ses refrains efficace et sa production hyper calibrée, léchée, de par les multiples effets électroniques, mais rugueuse grâce à un accordage très grave. Je m’interroge d’ailleurs un peu sur la survie du groupe une fois sur les planches car les effets sont nombreux et les overdubs de voix ne font pas défaut sur chaque chanson. Malgré ce bon album, Mnemic aura encore beaucoup à prouver pour ne pas se faire étiqueter comme un suiveur, et cela après deux albums du même registre. L’arrivée de Guillaume Bideau au chant, même en étant pas un événement pour la scène française, sonne un nouveau départ pour ces danois en ouvrant de nouvelles portes pour leurs futurs albums. Puisse leur route être fructueuse.

  1. humanaut
  2. in the nothingness black
  3. meaningless
  4. psykorgasm
  5. pigfuck
  6. in control
  7. electric i’d hypocrisy
  8. stuck here
  9. what’s left
  10. shape of the formless
  11. the eye on your back
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A PROPOS DE hororo

hororo Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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5 commentaires

  1. Je sais qu’on s’en fout, mais la pochette est immonde…et difficilement lisible, après j’ai entendu les extraits…Mnemic reste Mnemic, juste comme c’est dit dans la chro…je dois être trop scotché sur meshug pour apprécier…

  2. Tout à fait ok ac la chro, un bon CD Cyber, rien de neuf, mais c’est bien fait…sinon perso jl’aime bien cte pochette :)

  3. Je suis assez d’accord avec Hororo. Le changement de chanteur rend les voix plus fluides. Mais l’influence Pop dilue pas mal l’inspiration SYL-Meshuggah, le résultat est moins déjanté. C’est certes moins extrême que FF, mais plus spontané et futuriste que Soilwork.

  4. Je dois avouer que je me suis assez ennuyé à l’écoute de cet album. Je l’ai donc mis de côté pour le moment, mais j’y reviendrai certainement …

  5. /mode politiquement correct on/
    J’ai pas écouté jusqu’au bout tellement c’est pas ma came…
    /off/

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  • Moonspell - Extinctangrom | 20 avril 2015
    Moonspell – Extinct
    Plutôt agréablement surpris par ce disque d'un groupe que j'avais comme toi un peu lâché depuis la fin des années 90. Pas une grosse claque, mais un bon disque bien foutu. par les temps qui courent, c'est déjà pas si mal
  • djentHycare | 20 avril 2015
    Djent, késaco?
    Merci d'avoir mis des mots sur ce que je ressentais en écoutant Meshuggah et de m'avoir fait découvrir ces quelques groupes....! ;)
  • coverThibaut | 18 avril 2015
    Dead – Transmissions / Verse
    Je viens juste (ce matin) de recevoir mes deux EP de DEAD, donc l'album est aussi superbe. J'aimerais la K7, mais je ne trouve pas le bon de commande!!! J'adore DEAD, groupe exitant. A rejoindre les légendes françaises; JC Satan, Docteur Mix and the Remix et bien sûr Métal Urbain. T
  • Moonspell - Extinctsoldout | 13 avril 2015
    Moonspell – Extinct
    Pochette hideuse, ras le bol des pochettes copier/coller de Seth. Sinon excellent album ça doit bien faire une dizaine d'année que j'avais pas autant écouté un album de Moonspell, mention spéciale aux leads vraiment excellents (Domina en tête). Effectivement on réinvente pas la roue mais c'est, selon moi, largement au des...
  • Man is not a birdmetacello | 12 avril 2015
    Man Is Not a Bird – Survived the Great Flood
    Plutôt original et frais. Merci pour la découverte ! (surtout que cela n'a pas semblé facile)
  • Man is not a birdMarbaf | 09 avril 2015
    Man Is Not a Bird – Survived the Great Flood
    Merci pour la découverte !
  • Prodigy - TDIMEsoldout | 07 avril 2015
    Prodigy – The Day is My Enemy
    C'est marrant c'est justement Rok-Weiler qui m'a le plus branché sur l'album (je m'imagine qu'en live ça doit envoyer du lourd) tandis que le reste s'écoute sans réel déplaisir mais ne présente rien d'innovant ni de mémorable.
  • klone - here comes the sunJhar | 31 mars 2015
    Klone – Here Comes the Sun
    A l'inverse des avis précédents, j'aime la tournure qu'a pris le groupe. La maturité et l'évolution dans la création me séduisent totalement. C'est bourré d'émotions à tous les niveaux, il y a ici de vraies perles, j'adore...