Sabo – 8 Saisons a L Ombre

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Style: pop lo-fiAnnee de sortie: 2007Label: Ruminance

Bon ok je ne vais pas vous la faire. On m’annonce depuis des mois un nouveau projet d’ex-membres de Sloy et Drive Blind – soit une part non négligeable de la fine fleur française de la scène noisy rock 90’s qui fit les beaux jours de mes années post-boutonneuses – et vous voudriez que je m’attende à quoi ?! A une noise qui te claque en pleine gueule pardi ! Sauf que j’omets un élément de taille : ils ont eu tout comme moi la mauvaise idée de prendre quelques années de plus, et par conséquent de prendre le temps d’un certain recul, le temps d’avoir de nouvelles envies et voilà vous connaissez la suite… Ô surprise ! Point de noise à l’horizon ! Et j’ai envie de crier Alléluia! C’est bon ! Enfin une putain de belle et bonne surprise en cette année discographique un rien morose ! Bien que ceci n’engage que moi…

Donc oui, Armand Gonzalez, Virginie Peitavi, et Remi Saboul m’ont tendu un majeur ironique bien droit et je les en remercie ! J’adhère et j’en redemande ! Guitare sèche, guitare électrique, basse, quelques claviers, une voix. Sabo se fait simple et sincère, déploie des ambiances paisibles au travers de ces douze compositions possédant le charme et la chaleur de ces rayons de soleil printanier vous réchauffant la carcasse. Comme ces plaisirs grisants, un rien doux-amers non dénués de toute culpabilité, mais tellement délicieux qu’il nous est quasi impossible de résister. Ici tout est emprunt de cette simplicité enjouée, de ces corps alanguis, de cette chaleur du Sud, mais aussi de sa force et de ses passions. Il suffit d’écouter la voix d’Armand, fière et rugueuse, nous conter ces histoires de tous les instants, faites de hasards et de rencontres, de joies et de coups de gueule pour comprendre cette musique. Comprendre qu’elle n’est en aucun cas un vain divertissement mais bel et bien le bras armé d’un caractère bien trempé. Trempé mais observateur et visionnaire. Un regard sur la vie en somme. Un regard chaloupé comme ces mélodies entêtantes, devant autant à la pop lo-fi qu’à la bossa nova, à la folk qu’au mambo, naviguant sur ces rythmes nonchalants, fruits de la rencontre entre cette guitare acoustique et cette basse débonnaire. Et Sabo profite de ces rythmes pour peser ses mots, jouer sur l’alternance de chansons à texte et d’instrumentaux, suivant certainement ce bon vieil adage : « Quand tu n’as rien de mieux à dire ferme ta gueule plutôt que de raconter des conneries ! »

Tout ça pour dire que cette musique possède une force, la dramaturgie. Son apparente simplicité se dévoile pour révéler une puissance dramaturgique nous remémorant les œuvres musicales d’un Ennio Morricone. Tout du moins certaines tonalités et harmonies nous ramènent à ces ambiances. Et de ces ambiances naissent cette force évocatrice, cinématographique, de celles qui animent les productions d’un Quentin Tarantino aujourd’hui d’un Jacques Tati, voire d’un Fellini hier. En écoutant Sabo vous retrouverez entre autre ces ambiances dignes des vieux polars des 60’s ou des 70’s comme ce « Rétrospective d’une vie » et sa phrase quasi susurrée « Je marche, je marche, et je collecte vos merdes » perdue quelque part entre ces sifflements énigmatiques et ces guitares genre « Le Clan des Siciliens » d’Henri Verneuil. Peut-être les influences de Remi, son attrait du style pour des musiciens tels que Marc Ribot (Tzadik) ou Duane Denison (Jesus Lizard) ?

En tout état de cause, cette musique simple et minutieuse, chaude et crépusculaire procure ces émotions qui vous tiennent au corps, vous baladent et vous accompagnent dans votre vie. Elles sont belles et réalistes. La douleur n’est jamais loin. Mais lorsque vous voyagez avec Sabo il fait toujours chaud. Et c’est bien là la réussite de cet œuvre où leur rock s’offre un nouveau visage, loin des contingences de la bienséance. Comme un plaisir non coupable. Ou un grand doigt d’honneur. Au choix.

  1. fatigue à paris
  2. 260 jours de vent
  3. souvenir de février
  4. amie amie
  5. la ultima volta
  6. 7h20 route de valras plage
  7. le train du dimanche soir
  8. requiem pour un gangster imaginaire
  9. mer plate
  10. j’ai vendu ma peau
  11. retour vers le sud
  12. rétrospective d’une vie
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Commentaire

  1. guim says:

    Je ne connaissais absolument pas le groupe,j’ai écouté les 3 titres sur le site et j’ai bien lu la chronique,je me suis même dit il exagère avec Morricone,mais c’est vrai qu’il y a des sopnorités sur un des titres que j’ai écouté.Ca devrait se laisser creuser ;)

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