Winds Of Torment – Delighting in Relentless Ignorance

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Style: thrash death technique et progressifAnnee de sortie: 2007Label: Mascot Records

C’est après avoir remporté un tremplin organisé par Rock Hard et Mascot Records que Winds Of Torment, groupe stéphanois de son état, a décroché un premier contrat avec le label hollandais (Mascot). Le groupe est parti en septembre 2006 enregistrer son premier album au Kohlekeller Studio, où sont déjà passés des Benighted ou autres Crematory. C’est dans ce contexte que paraît Delighting In Relentless Ignorance après une première démo autoproduite intitulée The Cells Of The Erased. Que dire de l’évolution entre les deux réalisations du groupe, sinon qu’elle est impressionnante en tous points…
Sur une base toujours thrash/death, le groupe a élargi son vocabulaire et intégré de nouveaux éléments qui complexifient sa musique, la rendent beaucoup plus riche, et si justice il y a, devraient contribuer à le distinguer de la masse dans laquelle on aurait pu le cataloguer sur la seule foi de sa première réalisation (honnête du reste).

Le chant death tout d’abord n’est plus seul, puisqu’intervient désormais (et même majoritairement finalement) un chant rocailleux qui rappelle celui de Chuck Schuldiner. La variété vocale rappelle maintenant le travail de Benighted (les gruik en moins) et ajoute une dimension supplémentaire, d’autant que musicalement aussi, le groupe a beaucoup progressé et propose désormais quelque chose de beaucoup plus abouti, et je le disais, plus complexe également. Les morceaux, loin d’être de basiques compositions thrash directes, sont longs (quasiment 6 minutes chacun) et s’avèrent (contrairement au matériel de la démo) enrichis d’une dimension technique évoquant parfois Death et d’une vocation progressive qui rapproche aussi et surtout le groupe d’un Opeth. La comparaison avec le groupe suédois ne manquera d’ailleurs pas de poindre à de multiples reprises durant l’écoute de Delighting… tant certains passages semblent avoir été écrits par Akerfeldt et sa bande (« Within The Last Rays » ou l’introduction de « Of Solemn Emptiness »). N’allez pas pour autant croire que cette comparaison puisse s’avérer encombrante pour Winds Of Torment et vire au plagiat. On ne trouve pas de voix claire chez WOT, ni passages à la prog 70s, tout est ici malgré tout plus brutal et plus thrash. Mais on ne peut nier par exemple que le jeu de batterie sonne à de nombreuses reprises très opethien (voir « The Unspoken Pact » par exemple).

Qu’importe, une influence ne vaut rien si elle n’est pas digérée, et si elle n’est pas servie par des compositions à la hauteur. Et c’est peu dire que l’on est ici servi en la matière avec ces 9 titres tous plus réussis les uns que les autres, variés, techniques, prenants et qui démontrent outre une maîtrise technique et un talent de composition impressionnants, une ambition qui fait souvent défaut chez pléthore de groupes de métal aujourd’hui.
Un titre comme « The Unspoken Pact » démontre de façon éclatante le talent du groupe, en débutant sur un tempo lent et lourd, avant de s’emballer de façon diabolique, pour déboucher vers 4:00 sur un pont opethien génial.
Tous les titres possèdent ainsi cette richesse et cette qualité de composition qui les rendent toujours aussi agréables, même après de nombreuses écoutes au compteur d’autant que la production, loin d’être monstrueuse de puissance, s’avère simplement bonne et claire parfaitement adaptée pour servir les exigences des compositions et de la technique impressionnante du groupe.

Seul le très énervé et direct « Rules Overload » tranche un peu sur son premier tiers en tout cas, en proposant fugacement un thrash brutal et franc du collier, avant que le morceau ne prenne la forme d’un brutal death technique digne d’un Nile en pleine forme.

Je suis dithyrambique c’est vrai, mais désolé ce n’est pas moi qui trouverai à redire à l’écoute de ce Delighting…, coup d’essai, mais véritable coup de maître qui tourne sur ma platine depuis déjà de nombreuses semaines, sans qu’aucune lassitude ne pointe le bout de son nez. Winds Of Torment est pour moi la révélation métal française de l’année pas moins. Les seuls reproches que je pourrais formuler viseraient la pochette pas folichonne, le site web immonde, et le patronyme du groupe que je trouve particulièrement peu heureux et qui a une malheureuse tendance à augurer (dans mon esprit en tout cas) d’un groupe à la Within Temptation, ce que WOT n’est vraiment pas.
Dommage certes, mais il n’y a rien qui remette en cause la qualité intrinsèque de ce Delighting In Relentless Ignorance et donc rien qui pourrait l’empêcher de figurer dans mon top 5 à la fin de l’année.
Un groupe à surveiller je vous le dis, tant je ne vois pas d’autre groupe français capable de faire jeu égal dans ce style…

  1. of solemn emptiness
  2. devoid of essence
  3. my daydream’s specters
  4. the unspoken pact
  5. the other
  6. relentless ignorance
  7. swallowing the ashes of guilt
  8. rules overload
  9. within the last rays
krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 873 articles sur Eklektik.

Groupes cités dans la chronique

2 Commentaires

  1. Bert - WOT says:

    Hé bé!! Ca c’est de la chronique qui fait plaisir!!
    Merci beaucoup!

  2. Monster says:

    A écouté le morceau sur myspace, mais je n’y ai rien trouvé de transcendant en fait, sympathique mais anecdotique…

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