Manowar – Gods of War

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Style: trve ringard heavy metalAnnee de sortie: 2007Label: Magic Circle Music

Il y a bien longtemps, un groupe de fiers warriors venu du pays de l’Oncle Sam se mit à se décrire comme les rois du metal. « Other bands play, Manowar kill » qu’ils disaient. Et le pire dans tout ça, c’est que personne ou presque n’osais les contredire. Tout simplement parce que ces gens-là s’étaient autoproclamés défenseurs du true metal. Et attention, quand je parle de vrai metal, il ne s’agit pas uniquement de heavy metal traditionnel, mais du metal dans ce qu’il est censé représenter au sens premier du terme, une musique qui n’a normalement rien à faire avec la guimauve, les bons sentiments ringards et gentillets, les plateaux télé, les heures de grande écoute sur les ondes fm, la star ac, les Victoires de la Musique. Le metal est le contraire du bon goût défendu par les braves gens et l’establishment. Le metal est le paria de la musique, un majeur levé fièrement. Le metal est l’extrémisme, le poussif, le grotesque, le vulgaire, le délirant. Le metal n’a rien à faire avec la demi-mesure, la modération, l’humilité et le soi-disant bon goût. Le metal est un peu le Conan le Barbare de la musique et, de ce fait, Manowar est la parfaite représentation de ce qu’est le metal. Il y a bien longtemps de ça, Joey DeMaio déclarais haut et fort « death to false metal » pour lutter contre ces fiels traîtres à la cause qui osent aseptiser le genre, le rendre acceptable aux yeux et aux oreilles des trendies à coup de hard fm, de glam, de ballades niaiseuses, de nu metal et autre bâtardise grand public.

Vingt ans après ses plus glorieux faits d’arme, Manowar est devenu la risée du metal. Le discours stéréotypé et lourdingue est pourtant resté le même (quoique sans doute plus poussif) mais voila que la flamme s’en est allé voir ailleurs. Cela ne date pas d’hier. Déjà en 1996, Manowar avait offert à son public de guerriers un mauvais Louder Than Hell, un disque de heavy metal tout à fait médiocre, digne d’un groupe de troisième zone. Il aura fallu attendre pas loin de 6 ans pour lui voir comme successeur un Warriors of the World tout juste potable. Cette fois, il aura fallu patienter 5 ans pour voir débarquer ce Gods of War décrit par le groupe lui-même comme leur album le plus épique.

Epique, un terme bien galvaudé ces derniers temps. Ce terme désigne à la base une littérature inspirée par l’esprit héroïque de la chevalerie, les hauts faits d’arme et le génie aventureux des croisades. Ça tombe bien, Manowar a un thème en béton armé pour son chef-d’œuvre (sic) épique : Odin et tous ses potes du panthéon nordique. En recherchant des informations sur ce qu’est la littérature épique, je suis notamment tombé sur cette caractéristique précise de ce style : utilisation abondante de résumés et de répétitions. Ce qui est tout à fait à-propos concernant ce disque, puisque de répétitions, Manowar en use et en abuse. Répétition d’intros symphoniques, de narrations et même de plans déjà usités comme « Glory, Majesty, Unity » qui pompe allègrement « The Warrior’s Prayer », mais en aucune façon d’hymne metal.

C’est bien là le problème de Gods of War, ce n’est pas un album de metal. Des morceaux de metal avec des guitares électriques, il n’y en a que huit (et encore en comptant un bonus track) sur un total de 16 (!!!!). Et encore, s’ils étaient bons… Il m’est arrivé de lire des chroniques où certains considèrent que des morceaux tel que « King of Kings » ou « Sleipnir » sont encore acceptables. C’est gens là sont bien gentils. Il n’y a absolument rien à sauver sur les titres metal que comporte ce disque : les riffs sont nazes (mention spéciale à « Die for Metal » qui pompe de façon éhontée le « Kashmir » de Led Zep) ; les solos sont inintéressants ; la batterie est semblable à une boite à rythme ; les refrains sont énervants ; la production plate et sans âme et l’ensemble des ces 8 morceaux metal semble avoir été torché à la dernière minute pour boucher les trous que les passages symphoniques n’ont pas réussi à combler. Seule satisfaction : Eric Adams chante très bien, comme d’habitude.

Si ces passages symphoniques avaient été réussis, on aurait eu quelque chose à sauver de ce naufrage. Mais là aussi le constat est accablant. Manowar n’a utilisé de gros moyens (orchestre symphonique, chœur majestueux) qu’à de très rares reprises apparemment, car la plupart du temps c’est le bontempi philharmonic orchestra qui s’occupe des orchestrations, ou alors les Kings of Narration ont innové en réussissant à faire sonner tout un orchestre comme un clavier midi. Sans doute que ce disque aurait été classieux en bande son d’un vieux jeu pour Commodore 64 ou Amstrad CPC. Odin a du en tomber de son Valhalla à l’écoute de cette chose lui rendant hommage. Même comme musique d’ambiance Gods of War est consternant.

Dans une interview récente, Eric Adams – venu faire la promo de cette collection d’intros, d’intermèdes et d’ébauches de morceaux de heavy metal compilée (j’ose pas dire composé, le terme me parait trop prétentieux dans le cas présent) par Joey DeMaio (qui n’a même pas honte) sous le nom de Manowar – déclarais au journaliste l’interrogeant sur le méfait : « il s’agit d’un nouveau style de metal et on comprendra sûrement la grande qualité de ce disque dans quelques années » (ça s’appelle la méthode Coué). Sachez-le mes frères, le nouveau metal sera fait de narrations et d’intermèdes vaguement orchestraux avec un clavier électronique bon marché. C’est fou ce que le futur nous réserve, ça risque d’être drôlement mouvementé en concert avec des pogos provoqués par un déchaînement de passages narratifs.

Other bands play, Manowar coulés.

  1. overture to the hymn of the immortal warriors
  2. the ascension
  3. king of kings
  4. army of the dead, part i
  5. sleipnir
  6. loki god of fire
  7. blood brothers
  8. overture to odin
  9. the blood of odin
  10. the sons of odin
  11. glory majesty unity
  12. gods of war
  13. army of the dead, part ii
  14. odin
  15. hymn of the immortal warriors
  16. die for metal (bonus track)
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9 Commentaires

  1. faya says:

    « le bontempi philharmonic orchestra »
    Excellent ^^

  2. dark hypp says:

    pas mal la dénomination true ringard heavy metal!!!

  3. AlCheMist says:

    Et en plus, ils font un M avec leurs épées sur la pochette !!! Trop forts !!! La chronique latte bien, c’est clair.  »venu faire la promo de cette collection d’intros, d’intermèdes et d’ébauches de morceaux de heavy metal compilée » Ca résume tout et ça fait mal… LOL Jamais aimé ce groupe, à part peut-être l’intro ‘The Warriors Prayer’ c’est dire…

  4. Inhuman says:

    Ridicule à en crever,une enorme bouse cet album.
    Je ne me fatiguerai pas à argumenter,ça n’en vaut même pas la peine.

  5. hallowed8 says:

    Album qui ne mérite même pas l’attention qu’on lui porte. Le groupe a su sortir des albums cultes que sont « kings of metal » et « hail to England » avec autant de riffs mémorables aprés je pense qu’il faut savoir prendre leur discour de trve iveul one au 666eme degré pour pouvoir apprécier l’ensemble et puis Adams est quand même un chanteur vraiment exceptionnel. Bon aprés Manowar est mort et entéré et est devenue une pompe à fric honteuse mais il faut savoir reconnaitre leur passé comme une pierre apportée au heavy en général.

  6. Ars Moriendi says:

    à écouter au 36000 ème degrés comme un bon vieux Spinal Tap pour bien se fendre la gueule avec les potes ! sinon à utiliser pour gratter les assiettes éventuellement ?!

  7. Hallucinant says:

    Ce qui me fait marrer ce sont les vieux types qui connaissent rien et qui critique « trve ringard heavy metal »…
    Sachez que les anciens albaums de Manowar que vous « considérez » comme classique genre Hail To England ou Kings Of Metal était critiquer de la sorte a leur sortie…

  8. Monster says:

    @ Hallucinant> Oui mais la différence c’est que dans 10 ans on réécoutera encore Hail to England ou Kings of Metal pour le plaisir et qu’on ressortira Gods of Metal juste pour faire rire les convives lors d’un repas arrosé…

  9. Reverba says:

    Quelle prod honteuse ! c’est cliché des années 80 avec reverbe sur grosse caisse et caisse claire, son ultra comrpessé xD
    ralala manowar? Womanowar xD

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