Marillion – 11 mai 2007 – Splendid – Lille

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C’est empreint d’une ambiance raffinée (lampes sur pieds aux abats-jour que n’aurait pas banni un salon littéraire du XIXè siècle auxquelles se marie parfaitement le fond drapé du décor de Marillion) que les 5 membres du jeune groupe hollandais Monstertux investissent la scène. La claviériste entonne immédiatement une fort jolie mélodie dépouillée, accompagnée d’une batterie synthétique un peu trip hop tandis que le chanteur semble prendre conscience que ses camarades et lui se produisent en première partie de leur groupe préféré devant un parterre de fans tout acquis à la cause des anglais (date sold out). Le moment clé qu’on attend avant de pouvoir déterminer si le set de la première partie nous paraîtra long ou pas est sur le point d’arriver. Le géant blond s’avance avec simplicité et détermination. Le chant est là : superbe. Je pensais avoir affaire à l’intro d’un long premier titre. Que nenni : le groupe est suffisamment confiant (ou foufou) pour débuter un set – devant un public qui n’a sans doute que très peu entendu parler de lui – par un titre intimiste qui laisse place à toutes les émotions que peut susciter la voix. Ça passe ou ça casse. Pour ce qui me concerne, ça passe – et de fort belle manière. Durant la trentaine de minutes qui leur est attribuée, le groupe fait la part belle à une pop/rock mélodique et énergique (limite noisy sur certains passages) qui n’est pas sans rappeler Muse ou The electric soft parade. Quelques mots en français, 2, 3 speeches par-ci par-là nous donnent l’image d’un groupe sympathique qui prend un réel plaisir à en donner. À suivre.
40 longues minutes après, les rythmes tribaux de Splintering Heart envahissent la salle tandis qu’arrive, un par un, les membres du groupe. Lights magnifiques, voix imposant instantanément le respect, c’est parti pour plus de 2 heures de bonheur. Le baptême de feu des titres du dernier album en date Somewhere else ne se fait pas attendre puisque le morceau d’ouverture de ce dernier (The other half) suit immédiatement. Ce la n’étonnera personne si j’affirme qu’il s’intègre parfaitement au reste de la set-list. Ce sera bien évidemment le cas des autres composantes du nouvel album avec mention spéciale à A voice from the past qui confirme tout le bien que j’en pensais sur sa version studio ; la première chose qui me venait à l’esprit à la fin de chacun de ces 4 nouveaux « bébés » étant que les prouesses vocales n’avaient rien à envier aux passages plus démonstratifs d’un Fantastic place ou d’un Neverland. Même si Hogarth affirme n’être pas trop d’humeur à beaucoup parler ce soir, le personnage est toujours aussi attachant et à l’aise avec le public qu’il moque et séduit. À l’écoute également, tellement que, au moment d’entamer l’avant-dernier morceau prévu sur la set-list, il prend à la volée le souhait émis par un individu dans le public (« Ocean cloud! »), se dirige vers son clavier et, sans même faire signe à ses camarades de jeu, commence ce qui aurait été pour moi un souvenir immense n’ayant jamais pu entendre ce chef-d’oeuvre sur scène. Je dis « aurait » car, malheureusement, l’improvisation tournera court juste avant le premier solo, Rothery semblant ne pas vouloir mener à terme ce marathon de 19 minutes.
On termine dans la joie avec The release et je suis bien content d’avoir ma place pour le show du lendemain à Liège histoire de laisser le plaisir en suspend sans avoir à en faire le deuil.

Le forum de Liège :
Toute autre ambiance dans la cité belge puisque que c’est un théâtre qui accueille les anglais (et uniquement les anglais car la première partie a été annulée). Places assises numérotées : ça va moins bouger, ça sera plus cul pincé : bref, je m’attends à un set plus « professionnel ». Tu parles ! Le groupe déconne à plein tube (les duettistes Hogarth et Trewavas en tête – « god bless la Belgique » au lieu de « la belle France » sur Last century for man). J’ai même vu Rothery se bidonner après avoir atteint la tête de son chanteur comparse en shootant dans l’un des ballons qui virevoltaient à travers toute la salle. Je trouve les titres interprétés avec encore plus d’intensité que la veille (notamment le superbe Somewhere else qui m’a donné littéralement les frissons), Hogarth transcendant comme à son habitude les morceaux de bravoure que sont Fantastic place et Neverland.
On a affaire à une bande de potes qui s’éclate sur scène, assure techniquement comme c’est pas permis laissant croire, si l’on n’y prend garde, que finalement tout est simple. Ils ont trouvé une recette (qualité de composition, talent dans l’interprétation, sympathie communicative) qui garantit, sans l’ombre d’un hypothétique dysfonctionnement, des instants de quiétude et de régénération. Merci.

Set-list Lille
Splintering Heart
the other half
you’re gone
faith
thank you whoever you are
afraid of sunlight
a voice from the past
fantastic place
somewhere else
beautiful
man of 1000 faces
between you and me
king
rappel :
neverland
ocean cloud
the release

set-list Liège
Splintering Heart
the other half
you’re gone
thank you whoever you are
afraid of sunlight
last century for man
fantastic place
somewhere else
the wound
man of 1000 faces
between you and me
king
1er rappel :
estonia
neverland
2è rappel :
easter

Photos de Dark Hyp

Chroniqueur

Darkantisthène

Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

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