Antigama – Resonance

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Style: grindcore reconstruitAnnee de sortie: 2007Label: Relapse

A ma dernière visite, le petit monde d’Antigama fleurissait de gros riffs et de rythmiques décalées tout en jouant avec des effets noise du meilleur effet. J’avais même affirmé qu’Antigama était sûrement un des meilleurs groupes de grindcore du moment. A peine un an après ma chronique et deux ans après Zeroland, le groupe polonais signe sur Relapse et nous offre Resonance, un pas de plus dans leur évolution musicale et une meilleur occasion de plus se montrer aux yeux du public metal extrême. La présentation visuelle a été travaillée pour convenir à l’univers sonore crée ici de manière à faire de Resonance une expérience complète. C’est assez rare pour le faire remarquer malheureusement, et c’est avec cette attention à la présentation visuelle que l’on reconnaît déjà, rien qu’aux pochettes, les groupes qui soignent leur art afin de se distinguer de la foule des autres sorties. Ce nouvel album est sans aucun doute un moment décisif pour le groupe car ils arrivent maintenant un peu plus loin dans la hiérarchie commerciale des groupes de grindcore. Hiérarchie au sommet de laquelle ils s’étaient déjà hissés sans problèmes avec des albums comme Discomfort et Zeroland. Resonance est aujourd’hui leur quatrième album et sans aucun doute le meilleur à ce jour.

Le seul reproche que je pouvais faire au précédent, Zeroland, était sa trop courte durée. Neuf titres quand on joue une musique apparentée au grindcore, c’est bien trop court. Mais avec dix sept titres inscrits au dos de la pochette, ce n’est plus un problème. La plupart des chansons dépassent d’ailleurs la minute et aucune ne s’aventure au delà des quatre minutes. Une durée assez courte dans une époque musicale propice aux chansons de longues durées. Mais de cette longue liste de chansons courtes se dégage toujours des riffs et des changements fugaces mais tellement surprenant que l’on est jamais porté par le tourbillon crée par les riffs et le rythme et que l’on cherche toujours à s’extraire pour revenir mentalement sur un passage. Mais non, on est encore emporté plus loin par une autre surprise et cela ne s’arrête que quand on arrête de faire tourner le disque pour se reposer et reprendre connaissance. Oui, allez un peu d’hyperbole dans la description ! Je tiens vraiment à ce que le maximum de personnes découvrent ce groupe et se mettent au diapason de leur expression avant-gardiste de tout les codes du grind pour que ce groupe continue d’avancer et ne s’estompe pas faute de reconnaissance.

D’ailleurs, parler de grindcore dans le sens stricte du genre n’est pas vraiment correct. Certes, les codes du genre sont là. Mais les riffs discordants (comme sur « By and by ») , les solos de batteries, les effets vocaux, les ralentissements hallucinant (comme sur le monstrueux « Psychonaut ») s’enchaînent à une vitesse tellement impressionnante et avec toujours autant d’inventivité que l’on serait tenté de créer une nouvelle étiquette toute propre rien que pour eux. S’inscrivant dans la même « tendance » que Crowpath, mais avec des chansons aux structures beaucoup plus compartimentées. Antigama est en quelque sorte l’équivalent de ce que sont les Montys Pythons pour le monde de la comédie. Une profusion d’idées désarçonnantes mais qui font continuellement mouche. Cette construction les rend d’ailleurs peut-être plus facilement écoutables pour des étrangers aux structures grindcore puisque les blasts de batterie ne viennent pas emprisonner les riffs derrière un mur impénétrable d’explosion de cymbales. Au contraire, le jeu du batteur est un des éléments les plus impressionnant de ce disque tellement son jeu polyrythmique sur chacun des titres fait sauter les riffs dans tout les sens sans qu’ils ne s’éparpillent et restent cohérent. La collection de chansons ainsi formées fait de Resonance un album important dans la discographie d’Antigama mais aussi un disque qu’il serait très dommage d’oublier.

  1. pursuit
  2. seismic report
  3. ecstasy
  4. neutral balance
  5. order
  6. pending
  7. remembering nothing
  8. barbapapex
  9. psychonaut
  10. no
  11. after
  12. by and by
  13. shymrok
  14. types of waste
  15. asylum
  16. unreachable
  17. stars

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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5 Commentaires

  1. Bernard says:

    Excellente chronique pour un non moins excellent album. Et vraiment bien trouvée l’allusion à Crowpath. Album à découvrir!

  2. jonben jonben says:

    Moi qui ne suis pas amateur de grind d’habitude (enfin cet album est quand même beaucoup plus varié que la simple étiquette grind, il y a même du chant clair!), je suis bien bluffé par cet album.

  3. guim says:

    Bon bah on va décemment le mettre sur la liste

  4. frog says:

    Ces 32minutes et 28 secondes manque « a mon gouts » cruellement d’air et de feeeeeling. En gros c’est trop chirurgical, meme si j’adors Hepatic Tissue Fermentation de carcass… dommage car sinon y’a effectivement quelque chose de nouveau dans leurs son…Niveau chant cela me fait pensé un peu a Sadist album « crust ». Bref vous en avez rien a ciré ciao !!!

  5. Devin says:

    Des extraits du dernier à part sur leur site (ça semble pas très représentatif..) ?

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