Hella – Theres No 666 in Outer Space

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Style: math rock noisyAnnee de sortie: 2007Label: Ipecac

Le duo basse/batterie ou guitare/batterie apporte une liberté qui sied à beaucoup de musiciens souhaitant s’affranchir des contraintes du chant et des riffs de guitare basiques, on constate depuis une dizaine d’années une recrudescance de formations de ce type, que ce soit aux Etats-Unis (Lightning Bolt), au Japon (Ruins) ou en France (Cheval de Frise). L’expérimentation débridée que se permet ce genre de formations, généralement composées de musiciens virtuoses et imprévisibles, serait en effet difficile à suivre par d’autres musiciens, et d’autant plus un chanteur.

Pourtant les 2 musiciens de Hella (guitare/batterie) ont décidé, après plusieurs albums en duo, de s’adjoindre les services de 3 musiciens supplémentaires pour atteindre la formation classique rock. Mais sans pour autant se mettre à la ritaline, on a affaire à la même hyperactivité que sous forme de duo. On peut donc s’attendre à un beau bordel quand on connait le jeu frénétique du batteur Zach Hill -qui ferait presque passer celui de The Locust pour un petit joueur- et les improvisations bruitistes du guitariste Spencer Seim. Mais finalement Hella ont réussi à calmer leurs ardeurs, du moins en apparence, pour composer des morceaux plus cohérents, d’un rock débridé pouvant faire penser à un At the Drive-In sous speed ou sûrement plutôt The Mars Volta, mais avec un esprit beaucoup plus rock et encore plus agité du bocal. Cette similitude est particulièrement flagrante sur « The Ungrateful Dead », que ce soit au niveau musical ou vocal, mais Hella reste un groupe plus excité que The Mars Volta, c’est dire.

Hella présente tout de même l’album le plus digeste de sa carrière grace à un chant pas vraiment excentrique, une voix qui fait très seventies, une sorte de Mick Jagger sous acides, et qui transcende certains morceaux dont un « The Things That People Do When They Think No One’s Looking » très réussi.
Le groupe arrive tout de même à ses limites sur une fin d’album un peu laborieuse, leur musique devenant un peu usante, des morceaux comme « 2012 and Countless » ou « There’s No 666 In Outer Space » étant carrément délirants. La torture auditive n’est pas loin quand le groupe se prend à partir dans des dissonances sur fond de chant éraillé braillard. Même si leur musique est moins désordonnée que par le passé, le côté speedé est tout de même toujours là, le jeu de batterie épileptique, les guitares entremêlées en sonorités contradictoires finissent par s’emboiter difficilement sur des morceaux allant jusqu’à 7 minutes pour une durée d’album d’1h.

On saluera tout de même certains morceaux très réussis et la recherche indéniable de l’ensemble, There’s No 666 In Outer Space ne manquera pas de plaire aux amateurs de groupes de rock qui mettent la connaissance de leur instrument au bénéfice d’une musique exigente et ne rechignent pas par exemple devant Daughters, The Locust ou The Fall of Troy. Venant de Sacaramento, potes de Chino Moreno (Zach Hill joue d’ailleurs sur scène avec Team Sleep), déjà fort d’une discographie composée d’une dizaine d’albums et EPs depuis 2002, Hella a tout juste signé sur Ipecac et mériteraient enfin de sortir de la sphère du confidentiel.

  1. world serie
  2. let your heavies out
  3. the ungrateful dead
  4. friends don’t let friends win
  5. the things that people do when they think no ones looking
  6. hand that rocks the cradle
  7. 2012 and countless
  8. anarchists just wanna have fun
  9. dull fangs
  10. sound track to insecurity
  11. there’s no 666 in outer space
jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 497 articles sur Eklektik.

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3 Commentaires

  1. Gul says:

    Très bon disque effectivement…bouillonnant et hyperactif. Yabon!

  2. guim says:

    Magnifique bordel,on savait Hella très troublé par le rythme,sur ce nouvel album ils ne sacrifient rien au rituel,preuve une fois de plus que le roseau plie mais ne se rompt pas,un album qui met du temps à dévoiler sa nature mais une fois dedans il ne vous lache plus,la pieuvre est de retour.

  3. 2nd° Decapitation says:

    Tres bon disque completement dejanté!!!!

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