Porcupine Tree – Fear of a Blank Planet

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Style: pop metal progressiveAnnee de sortie: 2007Label: Roadrunner Records

Il est des personnages dont la productivité fait peur. A multiplier projets, créations et collaborations ne risquent-t-ils pas de voir la qualité de sa production diminuer ? Steven Wilson, à l’instar d’un Devin Townsend, est un hyperactif artistiquement parlant. Aussi, on est en droit de s’interroger sur les conséquences que cela peut avoir sur son groupe principal, son bébé, sa chose : Porcupine Tree. De loin et actuellement le plus reconnu de ses différents projets. Tellement reconnu que Fear of a blank planet fut simplement, en ce début 2007 un des albums les plus attendus des amateurs de rock progressif avec le Somewhere else de Marillion. On pourra même dire que depuis que Steven Wilson a durci le ton avec In absentia (et aussi produit Opeth), son public s’est significativement élargi à la frange métallique.

Le disque est sorti depuis deux mois maintenant, un temps non négligeable pour ne pas juger à froid un album dont l’attente frôlait l’euphorie. Les fans qui avaient eu la chance de voir le groupe en live en septembre dernier avaient pu découvrir quelques titres de ce nouvel album, Steven et sa bande ayant décidés de tester leurs nouvelles compos en commençant leur set par des titres alors totalement inédits. Une décision que l’on peut largement saluer. Les fans présents ce soir-là sortirent en grande partie optimistes quant à la qualité de l’album à venir, notamment grâce à un titre de plus d’un quart d’heure qui marqua largement les esprits.

Ce titre en question c’est Anesthetize, et effectivement celui qui s’imprègne dans notre tête dès la première écoute. Pour ses 18 minutes au compteur ? Oui mais pas seulement. Digne successeur d’un Arriving somewhere, ce titre se veut l’apogée de Fear of a blank planet (concept album autour de l’adolescence et ses obssessions, pensé comme un titre unique, mais découpé en 6 pour des questions pratiques) et il y arrive. Ambiances éthérées au clavier, refrain imparable, rythmique métallique et saccadée et enfin longue finale atmosphérique. On tient bien là le point d’orgue de l’album. Mais faut-il acheter FoaBP uniquement pour Anesthetize ? Et bien non, même si l’excellence des autres titres est loin de se dévoiler de suite.

Le morceau titre, qui introduit l’album, ne dépaysera pas les familiers des deux derniers opus du groupe. Un titre bien dynamique, mais toujours cette nonchalance dans la voix de Wilson et les chœurs si caractéristiques sur le refrain. On retrouve le break immanquable au clavier avant que déboule une attaque de guitares plus enlevées. Une recette qui a déjà porté ses fruits et continuera sûrement d’être exploité par la suite. Mais faut-il s’en plaindre lorsque c’est fait avec autant de talent ? Certes on apprécie lorsqu’un groupe propose des choses nouvelles d’albums en albums mais à long terme seule la qualité des compos fait la différence. Aussi ce sentiment de groupe en roue libre s’estompe au fil des écoutes et des titres qui semblent assez anodins au départ finissent par réellement prendre possession de notre esprit. Le sublime Sentimental par exemple, avec ses arrangements divins, son clavier délicat et ses voix flottantes, s’avère être un petit bijou de sensibilité. Le reste de l’album n’est pas avare en séquences mémorables. On notera en particulier le final, majestueux, qui voit le groupe se frotter avec succès à des arrangements de cordes et conclure alors en beauté ce FoaBP en tout points réussis.

De façon plus anecdotique on notera la participation d’Alex Lifeson de Rush sur Anesthetize ou encore Robert Fripp de King Crimson sur Way out of here. J’emploie le terme « anecdotique » dans le sens où l’intérêt de leur apport à ces deux titres est somme toute relatif, ce qui n’enlève rien au côté prestigieux de ces collaborations.

Pour ceux qui ne le sauraient pas, un album de Porcupine Tree c’est aussi un fantastique travail sur le son. In absentia et Deadwing ayant eu chacun droit à leur mix 5.1, il en est de même pour ce nouvel album (et reste en même temps plus que bon dans sa version stéréo). Une édition très limitée (mais un peu cher) est donc disponible avec ce fameux mix 5.1 (et un livret plus étoffé que la version simple) mais il s’agit de son compressé et un vrai DVD audio devrait vraisemblablement voir le jour après l’été. On est en donc en droit de s’interroger sur la sortie rapide de cette édition limitée. A chacun de voir, selon son équipement audio, son budget ou sa patience…

  1. fear of a blank planet
  2. my ashes
  3. anesthetize
  4. sentimental
  5. way out of here
  6. sleep together

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5 Commentaires

  1. Angrom Angrom says:

    Anecdotique, le solo de Lifeson ? J’ai failli recracher mon benco lorsque j’ai lu ca …
    Sinon très bonne chro… Je suis ok avec toi

  2. Ars Moriendi says:

    Une vrai part de flan cet album ! j’suis dégoûté j’y croyais à fond après Deadwing.

  3. krakoukass Krakoukass says:

    Sans aller aussi loin que Ars Moriendi, j’avoue que je n’arrive pas à atténuer ce léger goût de déception… C’est trop pareil, pas assez renouvelé par rapport à l’excellent « Deadwing »… Et puis certaines gimmicks sonnent un peu forcé, comme le passage meshuggesque sur « Anesthetize » qui arrive un peu comme un cheveu sur la soupe et n’apporte pas grand chose… Ca reste bon au final, mais pas excellent comme les prédecesseurs… Un petit 14-15 pour moi…

  4. guim says:

    Je commence tout juste le décodage,ça m’a l’air bien parti cette affaire

  5. Faya says:

    J’ose dire qu’il comment à être celui que je préfère des 3 derniers : arrangements plus présent que jamais et c’est le point fort de ce groupe selon moi… Les deux dernieres tracks sont majestueuses ! Excellent, je le trouve bien plus sombre et mélancolique que les deux précédents.

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