Alchemist – Organasm

10 Commentaires      1 150
Style: métal psychédélique d'un autre mondeAnnee de sortie: 2000Label: Relapse

Vous en avez assez du metalcore ? Le death mélodique vous gave ? Vous trouvez que tous les groupes de post-hardcore proposent la même chose ? Vous demandez, que dis-je vous exigez même de la nouveauté, de l’originalité, bref un peu de fraîcheur dans un monde où la musique -vous semble-t-il- tourne de plus en plus en rond…
Et bien vous en voulez, en voilà tiens! Pas que l’album dont il va être question dans cette colonne soit nouveau, au contraire même (puisqu’il date de 2000)… Seulement voilà : la musique de Alchemist conserve, même en 2007, une touche bien distincte et une aura un peu surnaturelle qui en fait quelque chose de bien différent, et d’accessoirement vraiment passionnant.

L’Australie semble compter assez peu de très bons groupes (à notre modeste connaissance du moins), pour qu’on se permette de revenir un peu sur l’un d’entre eux, injustement ignoré et boudé jusqu’ici. Une réhabilitation s’impose que diable!
Ma modeste contribution à cette entreprise fondamentale mais néanmoins difficile, passera, je m’y engage ici, par la chronique des 3 dernières sorties de l’écurie Alchemist qui correspondent aussi aux 3 sorties chez Relapse : Organasm qui nous occupe aujourd’hui, Austral Alien -dernière nouvelle sortie du groupe à ce jour- , et enfin Embryonics, grosse compilation sur 2 disques, piochant allégrement (et pour notre grand bonheur) dans les premiers -et néanmoins déjà très aboutis- faits d’arme du groupe.

Alchemist est véritablement un alien de la scène métal, au même titre qu’un Voivod ou qu’un Waltari, dans un genre bien différent pourtant. Elans progressifs, envolées guitaristiques presque dignes d’un Satriani en grande forme et sons synthétiques psychédéliques (écoutez donc l’intégralité de « Evolution », titre en 3 parties), rythmiques puissantes et voix bien particulière, l’univers du groupe est fait de sons d’une autre planète, de mélodies superbes, et de coups de sang dantesques.
Il est très difficile de décrire précisément la musique du groupe, je ne me risquerai donc pas à de hasardeuses comparaisons.

Tout juste faut-il quand même s’attarder un moment sur la voix très particulière de Adam Agius, rocailleuse à la manière de celle d’un Jaz Coleman de Killing Joke, puissante, propice aux éclats colériques de haute volée, elle s’accorde parfaitement avec les accents metal et psyché du groupe et a tôt fait de convaincre l’auditeur.

Organasm est un album à la personnalité très marquée, une empreinte quasiment mystique le traverse de part en part : « Single-Sided » et ses accents tribaux, semble par exemple nous emmener sur un territoire proprement shamanique, en pleine séance d’invocation, avant de partir vers des territoires heavy et puissants (terrible riff un peu avant la dernière minute du titre) relayés avant la fin par des claviers psychédéliques très réminiscents des années 70s.
« Surreality » avec ses sons barrés (ces guitares viennent définitivement d’un autre monde) évoque pour sa part un peu le travail des hollandais de Kong (les connaisseurs apprécieront sans doute), sans jamais (comme les hollandais du reste) se départir de ce travail mélodique qui rend l’oeuvre tout à la fois consistante, riche, et pourtant accessible. Ce n’est pas là le moindre des succès de ce superbe album.

Même si la musique des australiens prend régulièrement une coloration 70s, le son moderne mais pas surproduit lui confère une dimension quasiment spatiale, renforçant encore l’impression persistente d’avoir affaire à une oeuvre sortie de nulle part mais faite pour durer, tant elle ne semble pas devoir être altérée par l’oeuvre du temps. En clair, Alchemist propose une musique apparemment indémodable car précisément jamais inscrite dans une quelconque mode que ce soit. Voilà qui est suffisamment rare pour être
bien souligné.

Organasm est donc un petit bijou qu’il est plus que jamais temps en 2007, de (re)découvrir!

  1. austral spectrum
  2. the bio approach
  3. rampant micro life
  4. warring tribes, eventual demise
  5. single sided
  6. surreality
  7. new beginning
  8. tide in, mind out
  9. eclectic
  10. escape from the black hole
krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 890 articles sur Eklektik.

Up Next

Du meme groupe

Groupes cités dans la chronique

10 Commentaires

  1. kollapse says:

    Album magistral pour un groupe au talent peu (ou pas assez) reconnu, « Organasm » est un chef-d’oeuvre (si, si) d’un métal hybride moderne et d’une grande richesse qui se doit effectivement d’être (re)découvert. Très bien vu krakoukass ;-)

  2. guim says:

    J’ai découvert le groupe il n’y pas si longtemps en ces lieux et de ce que j’ai pu entendre au niveau métallique progressif tout styles confondus ça met des claques.Je ne connais pas assez bien la disco du groupe,mais c’est le genre d’album chefdoeuvrifique dans la carrière d’un groupe.C’est fluide et bourré de digressions sonores,et surtout c’est palpé avec classe.

  3. RBD says:

    Excellente idée de mettre à l’honneur ce combo australien. La chronique est juste. Je regrette seulement que ce soit le seul de leurs albums à être décemment produit, car leur musique mérite amplement un effort là-dessus. Le prochain album est annoncé pour septembre, toujours chez Relapse.

  4. totoro says:

    Quant à moi, j’apprécie beaucoup Austral Alien !
    Difficile de trouver les autres disques d’Alchemist. Ce groupe me fait un peu penser à nos SUP hexagonaux, la mélancolie en moins, la touche ethnique en plus. Contrairement à RBD, je trouve la prod d’Austral Alien assez bonne, éloignée des clichés surproduits du moment, finalement assez naturelle, ce qui rajoute de la couleur à la musique des australiens. Un groupe à découvrir quoi qu’il en soit!

  5. krakoukass Krakoukass says:

    Tiens pas bête, j’aurais pu effectivement ajouter SUP à Voivod et Waltari, pour évoquer les groupes un peu « alien »… Je rejoins Totoro sur les prod des albums de Alchemist que je trouve toujours très juste, je ne sais pas ce que tu leur reproches RBD…

  6. Joss says:

    Tiens c’est malin de me parler de Sup maintenant que j’ai commandé l’album… si j’avais su… (p)

  7. krakoukass Krakoukass says:

    Rassure-toi, musicalement rien à voir !

  8. RBD says:

    Ben, c’est que je trouve que les productions d’Alchemist sont trop compressées à mon goût. C’est mieux qu’un concert dans un bar, certes, mais je crois que même il y a quelques années on arrivait à faire mieux. Il n’y a que celles d’Organasm qui me satisfait. Mais cela ne m’empêche pas d’apprécier, rassurez-vous. Ce n’est qu’une sensibilité personnelle sur un point où, en bon métalleux, je suis terriblement tatillon.

  9. inthese says:

    héhé, je ne regrette pas d’avoir glissé ‘Aural spectrum’ dans mon blind test ;-)
    je me souviens que mon first contact avec le groupe, via le clip du même nom, avait entrainé chez moi surtout de la moquerie. j’ai changé d’avis dès la découverte de cet album, qui, je trouve également, possède également une meilleure production qu’Austral Alien, plus étouffée comparée aux coups de bûcherons d’Organasm. celles de la compilation me posent moins de problèmes. j’attends de pieds ferme le prochain, en espérant qu’il retrouve ce coté aborigène qu’Austral Alien a quelque peu perdu.

  10. krakoukass Krakoukass says:

    Voici le lien vers la vidéo de « First Contact » tiens : http://fr.youtube.com/watch?v=k07mfIoDuv8

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *