Behemoth – The Apostasy

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Style: death metalAnnee de sortie: 2007Label: Regain

Les extrémistes polonais de Behemoth sont de retour avec The Apostasy. Ce nouvel album ne déroutera certainement pas les fans du précédent, Demigod, tant il s’inscrit clairement dans la continuité de son grand frère. Dommage donc pour ceux qui continuent à regretter les débuts plus black du groupe, tant mieux pour les autres, amateurs de raffinement bourrin death metal, puisque Behemoth s’évertue plus que jamais à mener à bien son entreprise de destruction massive des conduits auditifs humains.

Toujours aussi impressionnant, le groupe œuvre une nouvelle fois dans ce brutal death qui rappelle parfois Nile, en (un peu) moins technique et un peu plus direct. Behemoth est parfois injustement taxé de sous-Nile, alors que (d’autant plus à en juger par la dernière fournée somme toute en demi-teinte de Nile) le premier a à la fois une vraie énergie à revendre, ainsi qu’un univers bien à part. Certes Nile a œuvré le premier dans les sonorités orientales (égyptiennes en fait), mais Behemoth les élève à un rang épique supplémentaire et ajoute des chœurs féminins, emphatiques certes, mais aussi et surtout empreints d’une impressionnante puissance (cf la fin de « Slaying The Prophets Of Isa » ou le début du suivant, « Prometherion »), ainsi que (comme sur Demigod) des cuivres majestueux, (comme a pu le faire Satyricon sur son dernier opus) sur « Arcana Hereticae » ou le final « Christgrinding Avenue ».
Contrairement aux américains amateurs d’Egypte, Behemoth a le bon goût de ne pas alourdir à outrance son propos de solos écœurants de longueur qui rendent certains morceaux de Nile pénibles, en proposant un format assez court et direct dans ses compositions (peu de titres dépassent les 4 minutes). Quand solos il y a, car il y en a, ils ont le bon goût de rester courts et de ne pas couper les morceaux dans leur élan. Les amateurs de branlette technique y verront peut-être un point négatif, je ne peux m’empêcher de trouver cela plus agréable à l’écoute.

Changement important par rapport à l’opus précédent, non pas dans la production qui reste exemplaire et d’une puissance phénoménale (même assurée qu’elle est ici par le chanteur du groupe), mais dans le chant de Nergal moins gorgé d’effets, (à peine) un tout petit peu plus humain. « Un tout petit peu » seulement car sa voix reste incroyable de puissance et de férocité : le bougre distille toujours sa rage avec une telle conviction, qu’on a tout de même encore bien du mal à croire que cette voix émane d’un être humain.

Je parlais de l’univers de Behemoth, il est illustré à merveille par le magnifique artwork (intérieur et extérieur) de la pochette de l’album qui (déjà comme l’artwork de Demigod) colle à merveille à la musique du combo et lui confère une aura quasi-mystique. Cette musique épique, et d’une incroyable violence semble en effet être jouée, que dis-je, perpétrée, par des êtres supérieurs venus d’une autre planète. Elle transporte littéralement l’auditeur dans une sorte de monde futuriste et antique à la fois (un peu à la Stargate), dirigé par un demi-dieu tout puissant incarné par Nergal dont les épanchements de gorge suffiraient à terrasser de peur le plus vaillant des héros de n’importe quelle mythologie. Vraiment un disque assez fascinant et dépaysant à ce titre, comme quoi l’effort de représentation et d’incarnation de la musique s’avère parfois payant et contribue à faire apprécier le contenu sonore.

Le disque, qui déroule à une vitesse incroyable (à l’image des sur-brutaux « Arcana Hereticae » ou « Kriegsphilosophie ») ne connaît qu’un bien relatif répit incarné par ce « Inner Sanctum », au moins pendant les moments sur lesquels Warrel Dane, chanteur de Nevermore, vient poser sa remarquable voix (heureux, pour l’anecdote, qu’on lui propose de participer à autre chose qu’à « une énième merde de power-metal »), et dans une certaine mesure par le plus mélodique (mais moyennement réussi) « Libertheme » imposant un cessez-le-feu salutaire. La salve reprend de plus belle sur le terriblement majestueux et bourrin « Pazuzu » et n’espérez surtout pas avoir droit à une outro en douceur, vous perdriez une oreille à l’écoute du concasseur « Christgrinding Avenue ».

Une fois de plus un excellent album, à la sauvagerie défoulante, auquel on ne pourra reprocher que son aspect un brin monolithique : il ne faudra en effet pas trop tenter de dégager un ou plusieurs hits en puissance sur The Apostasy qui est plus à prendre (ou à laisser) comme un tout. Voilà un album qui ne révolutionnera donc pas le monde du métal extrême, mais qui a le mérite d’affiner encore davantage le style des polonais désormais assez reconnaissable entre tous.

  1. rome 64 c.e.
  2. slaying the prophets ov isa
  3. prometherion
  4. at the left hand ov god
  5. kriegsphilosophie
  6. be without fear
  7. arcana hereticae
  8. libertheme
  9. inner sanctum
  10. pazuzu
  11. christgrinding avenue
krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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7 Commentaires

  1. Manumal says:

    Je trouve les premiers morceaux de cet album pas spécialement convaincant pour tout dire,après ça s’améliore.Un bon album mais pas la tuerie que j’espérais, pour la pochette je la trouve quand même assez laide

  2. jonben jonben says:

    « une énième merde de power-metal »? tu ne parles pas de Nevermore j’espère!

  3. Inhuman says:

    Vraiment un bon album !
    Je le trouve meilleur que Demigod,plus inspiré,moins surprodui,plus naturel.
    Pas la tuerie death metal de l’année 2007 mais un très bon album dans le genre.

  4. Inhuman says:

    J’ajoute aussi que dans un registre proche il surpasse allègrement le dernier Nile.

  5. oyc says:

    Ben zut j’étais en train de la faire cette chro…

  6. krakoukass Krakoukass says:

    @Jonben : JE ne parle de rien, je cite ce que disait lui-même Warrel Dane…
    @OYC : bah finis, ça fera un autre avis.

  7. wakos says:

    Album tout simplement énorme … Le dernier Nile fait en effet pâle figure à côté de celui-ci car les morceaux de Behemoth sont concis et vont droit au but sans partir dans 46’000 directions qui tendent à perdre l’auditeur … pour moi un bon 16/20 !

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