Profanatica – Profanatitas De Domonatia

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Style: Black MetalAnnee de sortie: 2007Label: Hells Headbangers Records

« Ô flots abracabrantesques,prenez mon coeur,qu’il soit sauvé! » c’est par ces quelques vers du cœur supplicié de Rimbaud que je couvre mes arrières en prenant soin de lever mon séant à hauteur de visage pour vous offrir le fruit diarrhétique de mes entrailles,car quand un des patriarches se permet de venir fendre l’air après un appel au calme de plus de 17 ans,on ne peut que saluer le retour de la montagne dans le paysage underground dans lequel certains aiment à vagabonder.

Après 3 démos puant le soufre en 1990 le protocombo black,maladif à l’extrême,influencé par les empaleurs de l’époque parmi lesquels on peut citer Venom ou Bathory,continuera d’étaler sa légende par delà les frontières de son Connecticut natal et avec la classe malfaisante qu’on lui connait…

Profanatitas De Demonatia,ne tournons pas autour du pot,est un disque de black metal pur,dans son essence la plus outrageusement death (ce qui ne paraîtra pas paradoxal pour certains,je le précise),transpirant la nuisance à torrents de la féroce bête à cornes, intraitable,dressée pour le combat des justes dans le lit de toutes les innocences.

 

Délictueuse musique,insipide et vulgaire dans sa forme,seigneuriale et conquérante dans son fond,atomisée par la haine bestiale d’une meute de lycanthropes cannibales,la galette de Profanatica est ce monstre froid et terrible profanant le dogme des remontrants.
Véritable joyau brut le disque est entièrement dévoué corps et âme au Démon,pas un écart,pas un chemin de traverse pour s’éloigner du chemin douloureux entrepris,la verve blasphématoire des trois crapules reste un élément actif du décor qui avait déjà démontrer toute sa force dans le combo légendaire black/death qu’ils partageaient alors : Incantation ou à d’autres exquises occasions plus solitaires avec Havohej.
Voilà le proto black revenu d’entre les morts, macabre à souhait, primitif et puissant, nécrotique et tranchant, lourd et suintant la pourriture par tous les pores de sa substance,radical et si peu nuancé…

Évitons toute fâcheuse affaire,si vous êtes à la recherche de disques progressifs où les plans s’alternent pour un vague effet de fraicheur parfois salutaire,je le reconnais aisément,passez immédiatement votre chemin,si vous êtes à la recherche de mélopées folk ou d’errances paganiques en milieu sylvestre vous pouvez suivre le collègue,il ne servirait à rien d’épiloguer alors sur le contenu de cette rondelle,mais si au contraire une petite galette bien putrescente et ravinée vous mordille la conscience ces derniers temps,ruez vous sur ce Profanatitas qui exhale son parfum de death décadent à travers les molécules de son black metal acerbe et victorieux dans sa forme la plus primitive.

Pourtant il sera évident pour les amateurs de se rendre compte qu’un soin tout particulier a été apporté à la production apocalyptique du disque,on est plus proche du son d’un Drawing down the moon de Beherit couplé à un Necros Christos décharné,expliquant le vif regain de clarté,que des premières plaques du groupe,la petite gène occasionnée du début prend très vite le chemin des oubliettes pour laisser les 10 pistes du disque répandre l’odeur faisandée de leurs boyaux dans l’atmosphère sur un lit énorme de turbocompresseurs pneumatiques;agencé par l’usine à air comprimé américaine,prête à dézinguer tous azimuts,proférant un odieux climax sur la doublette occulte finale « Them that dwell in heaven »/ »Betrayal of the Lamb » un moment qui n’a décemment pas besoin d’être expliqué,
Au programme du riff compressé à toutes les sauces au dessert,du vokill bien granulé en entrée,et une ambiance à dessouder un saint tout du long,histoire de ne pas risquer l’indigestion.

Un retour d’une force pandémoniaque signé par un groupe légendaire,premier album tant attendu et finalement,il fallait s’y attendre,déjà culte.
Profanatitas De Domonatia se dévore d’une traite,39 minutes 24 au compteur,sa linéarité et son engagement en font un de ces albums béliers qui dégagent cette force essentielle à la survie d’un genre aussi séculier que celui que pratique Profanatica.
A noter au passage car je sais que sur Eklektik on a quelques amateurs de Comics,vous retrouverez un poster dessiné par Jeff Zornow dans le cd, histoire de nous rappeler que les bonhommes n’ont rien renié de leur origine death…

Groupes cités dans la chronique

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4 Commentaires

  1. Julien says:

    Le titre sur Myspace représente bien l’album ??? Je trouve pas ça si foufou si c’est le cas

  2. guim says:

    Comme je le disais l’album n’a rien de foufou et ne propose rien de moderne,c’est une recette venue d’un autre temps.Je pense que peu apprécieront mais comme j’ai choisi d’être subjectif cela explique mon engouement héhé.Je te conseille cependant de l’écouter entièrement et te laisser porter par cette charge thrashisée,de quoi repeindre tous les murs de chez toi.

  3. Sunn0)) says:

    excellente ambiance, mais le truc qui me gène c’est que parfois la batterie sonne comme un de ces ballons de plage qu’on fait rebondir ( ex a 1:46 du titre 4) vous verrez c’est assez risible

  4. Monster says:

    Oh mince j’avais pas vu cette chronique, parce que le titre du disque en latin de cuisine simili demoniaque est à pisser de rire.

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