Queens Of The Stone Age – Era Vulgaris

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Style: rockAnnee de sortie: 2007Label: Interscope

Il paraît qu’en écrivant cet album le père Homme n’avait rien à dire à part “Pfff!”. Très sincèrement je n’ai jamais pris le temps de lire sa prose – comme bien souvent d’ailleurs avec qui que ce soit en matière de musique. Mais j’avoue que ça m’impressionne. Les mecs se pointent en studio pour ne rien dire. Chapeau bas les mecs ! Surtout aux vues du résultat. Alors évidemment exception qui confirme la règle je me suis surpris à tendre l’oreille sur les paroles. Pour une fois. Merde ils ne racontent pas que des histoires de stups, de gros cubes rugissant sur l’asphalte ou de bimbos dans la fleur de l’âge ! Finalement, Homme serait simplement blasé au point de penser que ces mots ne valent plus rien. Qui pourrait le blâmer ? Pour autant un mec qui vous chante “My generation’s for sale. Beats a steady job. How much have you got ? My generation don’t trust no one – Its hard to blame. Not even ourselves. The thing that’s real for us is: Fortune and Fame. All the rest seems like work. Its just like Diamonds In shit” dans “I’m designer” ne peut pas ne rien avoir à dire. Tout le monde s’en branle de ce qu’il a à dire? Ok.

Les mots n’ont plus de sens, plus de force, plus d’intérêt. Peut-être. Pour vous. Alors passez votre chemin avec ce nouvel album des Queens of the Stone Age. Parce qu’au delà de la puissance du rock des QOSTA, de ces compositions semblables à des forteresses imprenables, les paroles courent, se jouent de la bienséance, ironisent et tendent de grands majeurs qui me rappellent enfin pourquoi j’aime le rock. Pas de démagogie, un regard, un instant, un cri. Voilà. QOSTA a choisi de déconner au lieu de crier. Pourquoi pas. Surtout quand on a la chance d’avoir un chanteur comme Josh Homme ou accessoirement Mark Lanegan dans les rangs. Des voix justes, chaudes et ironiques qui viennent danser sur les riffs. Quoi de mieux ?! Qu’ils soient acides ou groovy, pop ou boogy, basiques ou déglingués, le recette fonctionne à tous les coups. Et les rythmiques ne sont pas en restent. Rock’n’roll et puissantes avec le premier single « Sick, Sick, Sick » ou les « Battery Acid », «3’s & 7’s» et le finish « Run, Pig, Run », enjôleuses avec le sexy « Make It Wit Chu » – directement issu des deserts sessions – ou bien encore avec « Suture Up Your Future », groovy avec « Into the Hollow », etc… Et l’album de tourner en heavy rotation à en faire tomber dingue cette vieille salope de voisine ! Moi je me marre.

Le son de la production vous choque aux premières écoutes ? Mais on n’est pas à la soupe populaire du rock là! Le mastering se veut volontairement brut de décoffrage. L’album ne porte pas les stigmates de son époque. Alléluia! A l’image d’un groupe en rupture de ban après feu Kyuss, nombre ne donnait pas chère de la peau de ce projet. Pas assez stoner. Trop pop. Il en aura fallu du temps et attendre le succès de Song for the deaf et son « No one Knows » pour enfin savoir que ce groupe n’était pas un feu de paille, un de ces groupes hypes tout juste bon à nourrir le business des lèches cuir, des vautours de la culture. Les Queens of the Stone Age prouvent une fois de plus qu’au delà de leurs influences rock 70’s, ils ont un talent de composition nourri par un grain de folie, de la colère, du désespoir peut-être, mais surtout de l’humour et quelques rails de coke. Leur rock possède cette force, cette modernité qui fait de Era Vulgaris une pièce de choix et certainement pas un des ces grossiers brouillons que l’on nous jette en pâture quotidiennement.

Et même si les featurings semblent fantomatiques (particulièrement Julian Casablancas de The Strokes sur « Sick, Sick, Sick »), si j’aurais aimé avoir un album comportant tous les titres de cette session d’enregistrement à l’image des copies japonaises comportant « Running Joke » et « Era Vulgaris » enregistré avec Trent Reznor – deux titres excellents au demeurant – je me consolerai de la version française qui comporte au moins « The Fun Machine took a shit and died », son délire rock de Foire du Trône et ses riffs de mariachis. Bref mangez de ce pain quotidien !

  1. turnin’ on the screw
  2. sick, sick, sick (avec julian casablancas)
  3. i’m designer
  4. into the hollow
  5. misfit love
  6. battery acid
  7. make it wit chu
  8. 3’s & 7’s
  9. suture up your future
  10. river in the road (avec mark lanegan)
  11. run, pig, run
  12. running joke
  13. era vulgaris
  14. the fun machine took a shit and died
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9 Commentaires

  1. Zurb says:

    disque avec de bonnes idées, mais à chaque morceau j’ai envie de zapper au bout de 2min tellement ça tourne en rond… j’ai vais encore me forcer quelque fois…

  2. wakos says:

    Album déroutant lors des premières écoutes, mais que se révèle très très bon sur la longueur. QOTSA enfonce le clou une fois de plus avec cet excellent album.

  3. Textures says:

    Album très agréable, la production convient parfaitement et ajoute un certain renouveau au compos. Passé Make It Wit Chu je trouve que l’inventivité se perd parfois, mais très bon skeud quand même et certainement mon préféré (je n’fait pas parti de ceux qui regrettent leur période 2000-2003, leur évolution me plait même si j’ai trouvé leur précédent effort moins mémorable). Du très bon!!

  4. Gab says:

    entièrement d’accord avec Zurb…we miss you Nick…

  5. Textures says:

    Pour moi se sera un  »We miss you Dave… » ;)
    Les parties de batteries collent bien au sujet mais sont bien pauvres par rapport à l’inventivité de Grohl sur Song For The Deaf.

  6. Ars Moriendi says:

    Comme sous entendu dans les précédentes lignes, les morceaux sont vraiment très linéaires ! En fait j’ai toujours pensé que les Queens of’s étaient un groupe plûtot intéressant mais qui manquait malgrès tout de folie. Pour moi il manque vraiment un je ne sais quoi à leur musique pour en faire un incontournable. Dommage la personnalité est là !

  7. kollapse says:

    Perso je me suis arrêté à « songs for the deaf », la suite – dont cet album- ne m’ayant que très peu convaincu de par ce virage plus pop et « ouvert ». « Rated R » reste et restera certainement ce que le groupe aura fait de mieux.

  8. KillaHill says:

    Cet album avait l’air bien alléchant au départ avec ces ‘Sick Sick Sick’ ou ‘3’s & 7’s’ avec leurs ryhtmes endiablés. Mais en fait je rejoins la horde de gens qui en ressorte déçu… trop linéaire… trop facile… Je retiens néenmoin un titre, que j’ai pu voir en live a l’emission Henry Rollins Show, ‘Misfit Love’ qui dépote bien avec son sinthé démoniaque.
    Le fait qu’ils ajoutent ‘Make It Wit Chu’ a la setlist de l’album est idiot et se revele purement commercial a mes yeux…

  9. doc says:

    « mangez de ce pain quotidien ! »
    t’as tout dis là mec !
    foncez amis métalheu

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