Alcest – Souvenirs d’Un Autre Monde

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Style: rock / shoegazeAnnee de sortie: 2007Label: Prophecy

Le moins que l’on puisse dire c’est que Neige est quelqu’un qui ne chôme pas. Après des albums de Peste Noire sortis à la chaîne, un premier EP/ démo de Amesoeurs, voici que déboule le premier album de son autre projet Alcest. Tandis que les deux premiers se promènent dans des sphères très black métal, ce dernier dévoile un nouveau visage de son géniteur, un rock mélancolique très shoe gaze dans l’esprit. Pour les non familiers du terme de shoe gaze disons simplement qu’il s’agit de cette attitude, sur scène qui consiste à regarder ses pieds. On ne s’attardera pas plus là dessus, je vous invite à consulter Wikipedia par exemple pour en apprendre plus sur le sujet.

Difficile de mettre des mots sur ce qu’on entends sur ce disque. Si on devait dégager des références auxquelles raccrocher Alcest on pourrait citer Sigur Ros, mais surtout un Agalloch auquel on aurait coupé le sifflet black. C’est stupide comme tout mais c’est une des choses que je reprochais à Agalloch et qui ne m’a jamais permis de m’y mettre à fond, autant dire qu’ici le plaisir est donc total. Avec son aura profondément romantique le groupe parvient à accrocher les sentiments, provoquer des pensées intimes, provoquer une contemplation intense du beau, du doux. Tous ces sentiments finalement assez peu représentés dans les styles dans lesquels j’évolue et qui provoquent une véritable révolution dans mes oreilles.

Pour autant non, Alcest n’est pas que de la musique reposante, certains aspects rapproche irrémédiablement le groupe aux autres troupes de Neige. Ainsi la saturation et les grésillements typiquement métal sont de la partie, des accélérations (toute proportions gardées entendons nous bien) à la double voir même des embryons de blast nous rappellent que nous sommes toujours dans le métal. Mais très vite cette voix douce, vibrante nous ramène dans nos songes. La voix parlons en justement. Douce et légère donc mais aussi, chantant en français et parfois à la limite du juste. Et paradoxalement plutôt que d’en devenir désagréable cette voix parfois limite dégage tellement de fragilité qu’elle finit par se marier à la perfection avec le propos musical qu’elle accompagne.

Avec des morceaux dépassant tous les 6 minutes, ce voyage émotionnel prend le temps de s’installer bien douillettement dans notre cerveau et s’étale pour notre plus grand bonheur. Dommage malgré tout que l’album paraissent si court. Du haut de sa quarantaine de minutes somme toute correcte, l’auditeur est rapidement surpris par la fin de l’album. Problème récurent des albums de qualités que l’on a du mal à lâcher cela n’en demeure pas moins frustrant. Deux petits morceaux de plus n’auraient pas été de trop je pense.

On terminera ce voyage avec le plus clair, plus folk « Tir Nan Og ». Morceau atypique de l’album mais d’une beauté musicale à faire peur. Percussions, piano, guitare discrète, le morceau s’impose comme un des piliers de l’album. Cela n’en rendra d’ailleurs que plus douloureuse la fin de l’album.

Il est assez rare que des albums « mous » comme celui-ci me fasse autant d’effet que celui-ci. Comme une caresse douce et discrète, comme un souffle dans le cou, Alcest provoque des frissons. Frissons à consommer sans aucune modération.

  1. printemps Émeraude
  2. souvenirs d’un autre monde
  3. les iris
  4. ciel errant
  5. sur l’autre rive je t’attendrai
  6. tir nan og
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6 Commentaires

  1. Inhuman says:

    J’ai écouté et je dois avouer que c’est pas du tout mo style.
    Après ça doit surement être excellent je dis pas le contraire.

  2. Rémi says:

    « La voix est parfois à la limite du juste » en effet, mais pas qu’à la limite. Ça chante comme un enfant qui n’a pas encore appris à placer ces mots (rythmiquement parlant pour la vois c’est la cata) et cet voix est justement peut-être le gros point faible de ce disque, ça tombe dans une telle mièvrerie que ça en devient agaçant. Pour être mon genre de prédilection, je suis désolé mais ça sonne vraiment amateur. Dah-neir, évite donc les albums mous…

  3. XXuK says:

    Ben moi je l’aime bien cet album. Ca ne me transporte pas au point d’un Mono ou d’un Gregor SAMSA mais ca me transporte quand même. C’est un album frais. Comme ces moments passés à contempler une nature merveilleuse juste avant l’orage. On regarde, on admire en sachant qu’il faudra vite rentrer et quitter cet instant de grâce avant de se faire tremper la gueule. J’aime bien cet album moi!!!
    Par contre Dah-neir, pourquoi n’as-tu pas évoquer la pochette? La photo utilisée est de toute beauté…

  4. dah-neir says:

    @XXuk:Je préfère parler musique je dois dire, la pochette étant visible par tous ce qui n’est pas le cas de la musique (meme si…..). Ceci dit, je confirme magnifique pochette

  5. guim says:

    Voilà un projet qui,s’il continue d’exister,prendra sûrement de l’ampleur.Ici point question d’aternoiement philosophique,politique ou cynique,l’imaginaire pur recompose une échappée sur les terres fantasmée de l’autre rive,la musique de Neige prend un autre sens,a une autre portée,le disque trouve ses moments et nous laisse augurer du meilleur pour la suite,sur beaucoup de points je trouve qu’Alcest s’est amélioré.

  6. Alec says:

     » Ça chante comme un enfant », c’est le thème de l’album et du groupe en même temps :p
    Sérieusement, bel album, très lumineux et rêveur.

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