Limbonic Art – In Abhorrence Dementia

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Style: black metalAnnee de sortie: 1997Label: Nocturnal Art

Seulement un an après le grandiose Moon in the scorpio Limbonic art revient, en cette année 1997, bien décidé à en découdre à nouveau et à s’enfoncer encore plus profondément dans les abysses.

Si la palme de l’effet de surprise revient sans conteste à Moon in the scorpio avec cette conception nouvelle du black métal dont je reparlerai dans le paragraphe suivant, celle de l’album le plus réussi du duo maléfique revient sans le moindre doute à In abhorrence Dementia. Celui-ci méritait donc d’avoir sa place dans la rubrique anthologique du site, ne serait-ce que pour réparer l’énorme injustice dont à été l’objet ce groupe dans sa bien trop grande confidentialité. 2007 voit la résurrection officielle du groupe, occasion rêvé pour faire sortir de l’ombre ce joyau de l’art noir.

Moon in the scorpio, sorti donc en 1996, en plein boom du black métal se démarquait grandement de la concurrence par une utilisation quelque peu originale de ses instruments. Le son d’une incroyable linéarité n’offrait qu’une place très réduite aux guitares, tenant un riff tout au long des morceaux parfois interminables de l’album (« In Mourning Mystique » et ses 15 minutes) et placées loin derrière le clavier et la voix. C’est dans ces deux instruments que Limbonic Art se démarquait du nombre alors conséquent de groupes norvégiens sur le marché. Le chant incroyable de Daemon et le clavier grandiloquent et hypnotique de Morfeus écrasant toute l’œuvre de leur puissance. Si bien que Moon In the scorpio donnait l’impression d’une œuvre compacte, difficilement digérable, parfois trop linéaire et pas assez variée.

Avec In abhorrence Dementia le duo poursuit sur sa lancée tout en variant son propos. La production est moins compacte et plus aérée. Les guitares et la boite à rythme bien que toujours reléguées au second plan essaient de se faire une place au soleil transformant le mur de Moon en une masse gélatineuse vivante et fourbe s’insinuant dans tous les recoins du cerveau. La voix de Daemon est encore plus incroyable que par le passé : cris, hurlements, chœur, tout y passe avec une maîtrise stupéfiante. Morfeus s’amuse aussi à expérimenter et si son clavier reste sur une base symphonique claire, le piano prendra une place plus importante que par le passé. Ajoutons à cela des beats techno sur « When Mind And Flesh Departs » et des sonorités d’instruments à vents. Le tout restant parfaitement cohérent bien sûr.

Même si la question ne se posait pas forcément en 1997, en 2007 lorsque l’on parle de black symphonique on imagine plus facilement des groupes comme Cradle Of Filth ou Dimmu Borgir. La comparaison n’a ici pas lieu d’être, Limbonic Art évoluant dans une musique beaucoup plus malsaine, terriblement noire et agressive que les groupes précités. L’aspect symphonique n’est pas ici une dilution de l’agressivité comme c’est trop souvent le cas, il se pose en agresseur direct, il est l’essence même du malaise qui s’installe à l’écoute de l’album. Ecoutez ne serait-ce que le break à la huitième minute de « Deathtrip to a mirage asylum », malsain à souhait, pour mesurer le fossé évoqué ci-dessus.

Alors bien sûr tout n’est pas parfait. Le disque est trop long (1 heure 16) et passé l’interlude « Oceania » l’auditeur a du mal à se replonger dans les deux dernières pièces. Les morceaux étant tous très liés sur le début de la galette cet interlude à la fâcheuse tendance de casser le rythme. Limbonic Art étant très exigeant vis-à-vis de son auditoire, le faire décrocher l’espace d’un morceau n’était peut-être pas la chose à faire. Par ailleurs l’impressionnante longueur des morceaux (fleuretant tous avec les 7 minutes allant même jusqu’à 12 minutes pour l’un d’entre eux) pourrait avoir raison de ceux qui recherchent de l’efficacité immédiate. Limbonic Art prend son temps, installe son ambiance et a besoin de tout ce temps pour créer le climat si particulier de ses albums.

Un album incroyable qui n’aura malheureusement pas eu le succès qu’il méritait à l’époque, phagocyté par les monstres Mayhem, Emperor ou Cradle of filth qui sortaient leurs albums référence à cette époque également.

Il reste en tout cas comme un de mes albums de black favoris, toutes époques confondues et si cette chronique peut pousser quelques personnes à s’intéresser au cas du groupe, mon objectif aura été pleinement atteint.

  1. in abhorrence dementia
  2. a demonoid virtue
  3. a venomous kiss of profane grace
  4. when mind and flesh departs
  5. deathtrip to a mirage asylum
  6. under burdens of life’s holocaust
  7. oceania
  8. behind the mask obscure
  9. misanthropic spectrum

Groupes cités dans la chronique

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5 Commentaires

  1. Joss says:

    Et ba Dah-neir quel succès cette chronique Anthologik :-s

  2. epoch says:

    En tout cas, cette chro m’a fait découvrir cet excellent groupe, merci dah-neir

  3. Uter says:

    Pour moi leur meilleur album après le fantastique « Moon in the Scorpio », la suite est bien moins intéressante, et leur tout nouveau cd m’a assez déçu également enfin je ne m’attendais pas à guère mieux :-)

  4. mr.hutz says:

    @joss : peut-être que s’il avait choisi l’album précédent.. hehe :-)

  5. Nightwanderer says:

    Enorme chef d’oeuvre sans égal pour moi en black symphonique.
    Un album incroyable de noirceur, de démence et de majestuosité.

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