Baroness

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Interview de Summer Welch, bassiste de Baroness.

Peux tu nous donner un bref historique du groupe, quand et où il s’est formé ?

Nous avons formé Baroness l’été de 2003. Avant Baroness, John (guitare/chants) et Allen (batterie) jouaient ensemble dans un groupe de punk dans la ville où nous avons grandi, Lexington en Virginie. Quand Allen et moi avons terminé nos études au lycée nous avons tous fait des choses différentes pendant une année. John a déménagé à Savannah, Allen est allé à l’université à Richmond VA et je suis parti en Europe de l’Est. En 2002 je suis revenu aux Etats Unis et je me suis installé à Savannah. John et moi avions en tête l’idée de recommencer un groupe, donc nous avons convaincu un vieil ami, Tim Loose (guitare 2003-2005), de nous rejoindre. Allen est descendu pour cet été de 2003 à Savannah et nous avons écrit l’intégralité de First et Second. Nous avons commencé à tourner cet automne là avant même d’avoir enregistré une démo. En 2005, Tim a quitté le groupe et Brian Blickle, le frère d’Allen, nous a rejoint comme deuxième guitariste.

La maturité de votre musique est déjà saisissante sur les 3 EPS et d’autant plus sur votre premier album The Red Album. Est-ce que vous êtes passé par différents groupes avant de créer Baroness ?

Comme je t’ai dit, John, Allen et moi avions un groupe au lycée. Nous avons pas mal joué à l’époque dans notre ville et quelques fois dans d’autres villes de la région. Brian était dans un groupe de metal de Virginie nommé Accursed Dawn avant de rejoindre Baroness.

Pourquoi avez-vous choisi d’enregistrer votre musique dans le format EP, pourquoi en faire 2 et les appeler First, Second et même Third (le split avec Unpersons). Est-ce que c’était planifié ou est-ce que c’est juste que vous ne leur trouviez pas de nom!?

Je ne sais pas vraiment pourquoi nous avons décidé d’enregistrer des EPs, c’est juste arrivé comme ça. Nous avons écrit la musique de First et Second en même temps et quand il a été temps d’enregistrer nous avions un temps limité et peu d’argent, et pas assez de musique pour faire un album entier, donc c’était logique d’enregistrer ça comme 2 EPs.
Quant à pourquoi nous les avons intitulés First et Second, on a juste tous estimé qu’il n’y avait aucun besoin réel de leur donner des titres voulant dire quelque chose de profond. Je trouverais ça débile de juger un album sur son titre, nous pensons que la musique est la plus importante et doit parler pour elle-même, donc nous avons opté pour des titres simples.

La musique de First et Second semble venir de la même période de création et ils ont ce même son brut et vivant, comment les avez-vous enregistrés ?

First et Second ont été enregistrés d’une façon semblable. Quand nous sommes entrés au studio pour la première fois, nous avons voulu essayer de capturer l’énergie de notre son live, donc nous avons enregistré toutes les pistes en direct sur bande. Second a été enregistré de la même manière, sauf que nous l’avons enregistré en une prise unique globale et sans over-dubs. C’était un défi, mais je pense qu’on l’a mené a bien. En concert, nous jouons de manière continue du début à la fin et nous avons voulu essayer de reproduire ça sur enregistrement.

Il y a certaines différences entre vos EPS et ce nouvel album, concernant la musique elle-même et le son. Quand et comment avez-vous composé ce nouvel album ? Sur la route ? À la maison ?

Nous avons écrit The Red Album sur une durée d’environ un an et demi. Certaines des chansons ont été écrites en tournée, d’autres chez nous. Notre processus d’écriture est assez lent. D’habitude, nous arrivons en répète avec une structure de base et ensuite jouons avec pendant des jours, des semaines, des mois, aussi longtemps qu’il faut pour que nous pensions que le morceau vaut le coup.

Qu’est-ce que vous avez essayé de réaliser avec ce premier album ? Aviez-vous une idée précise du son que vous vouliez lui donner avant d’aller au studio ? ?

Non, pas vraiment. Beaucoup de personnes pensent que cet album sonne vraiment différemment de nos enregistrements précédents, mais il y a deux à trois ans entre les enregistrements. Pour nous, c’est une progression naturelle et je pense que les gens qui nous suivent depuis nos débuts pensent la même chose.

Comment l’avez-vous enregistré, enregistrez vous principalement ensemble dans des conditions live ou séparément ? Avoir signé sur Relapse vous a-t-il aidé à avoir un meilleur studio et plus de temps pour enregistrer l’album ?

Nous avons enregistré au Jam Room à Colombia en Caroline du Sud, l’endroit où nous avons enregistré toutes nos sorties précédentes. Nous avons vraiment une bonne relation de travail avec les types là-bas et c’est relativement près de Savannah. Nous avons enregistré les chansons en direct en conditions live comme nous le faisons d’habitude, mais nous avions beaucoup plus de temps à consacrer à chaque morceau, du temps pour essayer différentes combinaisons d’effets, d’utiliser le matériel du studio de différentes façons.

Certaines personnes regrettent le son brut et lourd de vos EPS, pensant que le son de ce nouvel album est plus policés et doux. Comment expliquez vous cette décision d’adapter le son ?

Comme je l’ai déjà dit précédemment, la progression de First à The Red Album a été très naturelle pour nous. Second a été enregistré en décembre 2005. The Red Album en mai de cette année, ça fait pas mal de temps entre les 2. Nous écrivons et jouons ce qui nous vient naturellement et ce qui nous fait plaisir. Si les gens sont gênés parce que notre musique n’est pas aussi brutale qu’avant, tant pis pour eux mais ce n’était vraiment pas un effort conscient de changer notre son.

Comment gérez-vous les chants dans le groupe, est-ce qu’un seul d’entre vous chante sur l’album?

Sur l’album John fait tous les chants, mais en live Brian chante aussi. J’estime que les chants se sont améliorés sur The Red Album mais nous n’avons jamais vraiment été un groupe orienté très voix. Sur ce nouvel album les chants sont assez clairsemés.

Pourquoi l’avez-vous appelé The Red Album ?

Il y a une certaine raison personnelle qui fait que nous avons choisi ce titre. Il y a aussi quelques raisons évidentes, comme la couleur de l’artwork. Je pense que chacun devrait comprendre ce qu’il veut, donc je resterai muet sur les raisons du pourquoi. En tout cas, nous avons choisi délibérément le titre.


Traînez-vous avec des gens d’une scène particulière dans votre ville, Savannah ? Pensez-vous que votre son est lié avec la région où vous êtes installés et son contexte musical ?

Je pense que partout où vous vivez, la musique ou l’art que vous produisez est directement sous l’influence de votre environnement. Savannah est une belle ville, mais il y a une pesanteur sous-jacente, et pas seulement au niveau du climat, qui pénètre chaque personne qui vit là-bas.

Vous avez tourné avec Torche et Kylesa, êtes vous amis avec eux? Pensez-vous que votre musique correspond aux mêmes sentiments et à la même énergie ?

Tant Torche que Kylesa sont de bons amis. Kylesa est de Savannah aussi. Je trouve que Kylesa comme Torche créent une musique inspirante et je voudrais pouvoir dire la même chose pour Baroness donc sur cet aspect je dirais que notre musique correspond à la même énergie. C’est réel et ça vient du coeur.

De quels autres groupes vous sentez-vous proches personnellement et musicalement parlant?

Black Tusk (Savannah), Municipal Waste (Richmond VA), Cursed(Canada), Holy Mountain (Florida), Capricorns (London), Sweet Heart (Ohio), Coliseum (Kentucky), Unpersons (RIP), Minsk (Chicago).

Vous êtes venus à Paris l’année dernière avec Torche, pour jouer sur un bateau nommé le Batofar, avez-vous aimé le concert ? Que vous rappelez-vous de cette nuit ?

Ouais ce concert était vraiment cool et le lieu original. C’était marquant de jouer sur un bateau. Après le concert nous sommes allés en ville, avons mangé des crêpes et vu la Tour Eiffel. John a vécu à Paris donc nous avons marché autour de son quartier à l’époque, ça a été une soirée agréable.

Pensez vous venir en Europe bientôt ? Peut-être pour quelques festivals européens l’année prochaine ?

Nous avons en fait des plans pour venir au cours d’année prochaine, en janvier avec Kylesa pour environ un mois. Nous aimerions revenir également pour certains des festivals européens, on en a parlé,j’ai toujours voulu faire de grand fests en plein air, on espère que cela arrivera bientôt.

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Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 482 articles sur Eklektik.

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