Down – III- Over the Under

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Style: heavy metal from NOLAAnnee de sortie: 2007Label: Roadrunner Records

Il faut bien l’être un jour. Et c’est aujourd’hui que j’ai décidé de l’être. Etre a minima objectif histoire de se faciliter la tâche d’écriture me disais-je. Alors si l’on part du postula de départ que ce nouvel album de Down est excellent, oui en principe ça devait me faciliter la rédaction de cette chronique. Quelques phrases à emphases, voir ampoulées histoire d’emmerder le monde, des adjectifs sensés décrire ce qui fait de ce III – over the under un album bien au delà de la lie de la production actuelle et l’affaire devait être dans le sac. Sauf que non. Je me suis retrouvé face à un plaisir boudé dont la heavy rotation dans ma platine ne parvenait pas à éluder les sombres présages. Alors s’il est un fait que l’on demande toujours plus aux meilleurs, je devais néanmoins me résoudret. Là où une écurie telle que Down (des membres de Corrosion of Conformity, Crowbar, Phil Anselmo au chant pour rappel aux amnésiques et autres autistes péremptoires !) me mettait à genoux avec les deux premiers opus, les écoutes oscillaient – et oscillent toujours – entre le plaisir non feint de les retrouver et donc de sentir mes cervicales headbanguer sans qu’elles y soient inviter et d’autres instants plus sujets à la distraction, non pas à l’ennui et pas forcément non plus à l’envie de zapper mais en tout état de cause dans l’attente d’une sensation, d’une vibe qui vous possède de la tête au pieds sans rémission possible. Alors oui cet album est bon, voir excellent (merde je suis objectif aujourd’hui !) mais je ne suis pas conquis.

Tout est là : riffs puissants, ciselés à l’envie, oscillant entre le blues du bayou et le metal sabbathien des 70’s, rythmiques et basse dotées de cette force et de ce groove imparable. Rien n’est oublié. La scène NOLA a encore de beaux jours devant elle avec ce genre de disque, c’est sûr. Oui mais voilà, il y a d’une part cette production moderne et d’autre part le chant d’Anselmo. Alors la production moderne tout d’abord. Elle gomme le côté roots, ce qui faisait des disques précédents des chantres de cette fameuse scène NOLA où le metal se drapait de la chaleur moite et de ses bois sombres et marécageux pour vous ensorceler telle une prophétie vaudou et ses rites occultes. La voix d’Anselmo ensuite. Pour qui ne pouvait la saquer, il n’y trouvera peut-être ici rien à redire. Anselmo dompte sa voix, gère variations, harmoniques, puissance et mélodie. Mais où est son grain de junkie ?! Merde il s’est racheté une conduite ou quoi ?! Moi c’est cette voix éraillée, rauque à souhait, forgée dans la fumée et l’alcool, une expression de fêlures qui me transportait bien au delà du raisonnable. Il en reste plus que des résurgences c’est vrai (je suis objectif aujourd’hui rappelez-vous !) mais la désintoxe à laisser des traces alors… A tel point que ces deux éléments combinés – production et chant – me font parfois penser à l’écoute de vieilles productions de la scène grunge et en particulier à celles de Soundgarden – dont j’ai toujours été fan c’est bien ça le pire ! Oui mais Down possédait sur les albums précédents une aura quasi mystique, une rage sans borne et un son si personnel qu’ils en faisaient de ce groupe, un groupe unique. Rappelez-vous tout de même le statut quasi culte du premier album paru en 1995 longtemps laisser sans suite et sa horde de fans titubant dans l’incertitude !

Alors oui cet album est excellent, beaucoup y verront une simple évolution dans la continuité (et quelque part c’est tout à fait ça) mais rien n’y fera pour ma part. Une fois l’effet « nouveauté » passé, il prendra peut-être bien plus souvent la poussière qu’à son tour lorsque viendra le moment de voyager au sein du bayou de la NOLA et des albums de DOWN. Mais je reste objectif: cet album est excellent. Là est tout le paradoxe de la subjectivité.

  1. three suns and one star
  2. the path
  3. n.o.d
  4. i scream
  5. on march the saints
  6. never try
  7. mourn
  8. beneath the tides
  9. his majesty the desert
  10. pillamyd
  11. in the thrall of it all
  12. nothing in return (walk away)
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11 Commentaires

  1. down_in_a_hole says:

    Chro intéressante!

  2. guim says:

    Commentaire pertinent diah,repasse quand tu veux ;).Alors on voudrait certainement qu’Anselmo reprenne la bouteille et s’assure avec plus de trous dans les bras un destin plus noir encore que celui qu’il dessine sur cet album pour Down,effectivement on perd le gras et le suintant des premiers disques,on a l’impression que ça fume moins le bambou dans le bayou,les crocos sont sortis du marécage?Après plusieurs écoutes on oublie,on se rapproche plus encore de Sabbath et de son usine à tubes et on laisse faire.un disque voué à devenir culte.Ce qui est inquiétant c’est surtout que ce groupe doit rester un projet parallèle des zikos qui le composent et pas leur bébé à plein temps,histoire que la rencontre soit à chaque fois meilleure,on préfère attendre en titubant la prochaine sortie,plutôt que de la savoir programmée sur le catalogue de certaines majors.Bonne kro neuro

  3. Ayesta! says:

    F*ck, j’en suis à la 4ème écoute… et la sauce ne prend toujours pas!
    On ne peut plus d’accord avec la chro, même si je suis encore un peu plus négatif.
    J’ai beau adorer ce groupe, là j’ai pas pu m’empêcher de penser « Tout ça pour ça…? »
    Un bon album mais qui n’avance pas, ne me procure pas de picotements dans l’échine, ne me dévisse pas la tête…
    Monde de m*rde!…

  4. Tatann says:

    assez d’accord avec la chronique, j’ai eu du mal à la 1e écoute (légère déception) mais depuis je suis accroc et je l’écoute en boucle

  5. Tim No-Wear says:

    D’accord pour la prod’ trop propre. Sinon, cet album reste difficile à dompter mais, une fois que c’est fait, il passe super bien. Y a quand même des putains de riffs sur cet album (I Scream, On March the Saints, Nothing in Return…). D’ailleurs, Nothing in Return a des relents de Layne Staley par moments au niveau du chant. Bref, cet album ne dépasse pas NOLA mais surpasse facilement le Down II selon moi.

  6. juju says:

    je veux les parole de la chantion tocsique syte

  7. jackda says:

    Fallait pas arrêter le Jack, Phil…. Bon album tout de même.

  8. Dun23 says:

    Ouais, moi aussi, le philou me fait meuchamment penser à Cronell par moments sur ce disque, le plus flagrant étant sur On March the Saints. Sinon, j’ai pas encore beaucoup d’écoutes mais c’est du bon.

  9. Dun23 says:

    « Cornell »

  10. RBD says:

    Je comprends les petites réserves de la chronique. Ce nouvel album ne bénéficie plus de l’effet de surprise qui a entouré « NOLA » ni de l’exceptionnelle attente précédant la sortie de « II ». Je prends grand plaisir à me laisser prendre par le groove qui s’en dégage, mais on retrouve un peu vite ses marques.

  11. Jus de cadavre says:

    Enorme une fois de plus ! le groupe ultime par excellence… je trouve qu’il sont revenu à ce qu’il ont fait avec NOLA, même si bien entendu ce disque, même excellentissime, n’atteind pas l’ongle d’orteil de NOLA… Je suis assez d’accord avec la chro en ce qui concerne le chant.
    Phil is God.

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