Jesu – Sundown-Sunrise

Jesu - Sundown-Sunrise

Je suis de ceux qui n’ont pas été conquis par Conqueror (je sais elle était trop facile). Je suis de ceux qui n’y ont pas trouvé leur compte, qui s’attendaient à autre chose… de mieux. Ce deuxième album des britanniques est peut-être même ma déception de l’année… Mais heureusement que Justin et ses acolytes sont prolixes. En cette année 2007 est sorti, entre autres, cet EP du nom des deux long titres qui le composent: sundown/sunrise. Ces chansons sont ce que j’attendais de Jesu après Silver. On y retrouve toute la torpeur, le brouillard que sait si bien manier le groupe. Les guitares sont lourdes et éthérées, le rythme lent, la voix vaporeuse et mélodique, le digitalisme parcimonieux et bien senti. Le shoegaze injecté de Jesu est resté à un seuil convenable n’allant pas jusqu’à empiéter sur l’apesanteur inhérente au projet, celle-là même qui s’est faite trop discrète – à mon goût – sur Conqueror.

Sur « Sundown », les lignes vocales pop et sucrées de Broadrick mêlées à la rythmique mammouth produisent un effet « dévastateur », comme rarement cela a été le cas: les poils s’érissent, on dodeline de la tête comme une midinette tout en headbanguant en rythme, lentement. Tout est parfait, du début à la fin, malgré la longueur du titre. La deuxième moitié de « sundown » et l’intégralité du second, « Sunrise », n’est que torpeur et nuage cajolant fait de rythmes digitaux, textures électroniques, guitares en retrait avec voix mélodique et lassive.

Que l’on écoute l’une au l’autre des chansons, la brume flotte, l’air est frais, la lumière est faible. On ne sait si c’est l’aurore ou le crépuscule: le matin d’une nouvelle journée qui s’annonce ou le bilan d’une journée passée. Une journée qui sera ou a été comme toutes les autres, pleine d’envie, d’espoir, d’actes manqués, de frustration, de petits bonheurs et d’annonces malheureuses. Une journée où le sublime et le pathétique ont – ou vont – encore cohabiter, se rencontrer, se téléscoper. Une journée simplement banale où l’art de faire et où les ruses du quotidien transformeront encore les déjà-vus et les déjà-faits en moments uniques mais pas forcément inoubliables.

Sundown/Sunrise: ces moments où tout est calme, où tout est possible. Ces moments de pseudo-méditation et de retour sur soi aidés par la fatigue. L’introspection et la contemplation, voilà ce qui avait selon moi disparu de Conqueror et que je retrouve ici dans une rare splendeur. Superbe.

NB: cet EP, sorti en vinyl sur Aurora Borealis, est le bonus japonais de Conqueror. Les chanceux!

  1. sundown
  2. sunrise
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    Quoi ? rien sur Metronomy et The Do ???!!!
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    excellent ! merci pour le partage ! :)
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    En parfait accord avec la chronique. On sent dès la première écoute qu'il se passe quelque chose de spécial, même si il en faudra plusieurs pour bien s'imprégner de l'album. Pour moi le sommet du disque se situe avec l'enchainement "End of the affair" et le superbe "conrad" qui montre qu'on peut encore, en 2014, faire d'ex...
  • bbKane | 24 novembre 2014
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    Entièrement d'accord avec la chronique. Une bombasse d'album pour un groupe que je n'attendais pas à ce niveau. L'apport de Nick Holmes est indéniable dans la réussite de ce disque.
  • dark fortress_venereal dawnangrom | 21 novembre 2014
    Dark Fortress – Venereal dawn
    ah oui quand même !!!
  • dark fortress_venereal dawnangrom | 20 novembre 2014
    Dark Fortress – Venereal dawn
    Je m'en fais écouter ça de ce pas !