Mathcore VS Deathcore

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Annee de sortie: 2010

Le suffixe core se pose aujourd’hui partout. Postcore, breakcore, deathcore, ces genres ne datent pas d’hier et rassemblent sous leurs etiquettes communes un très large panel de musique qui n’ont pas grand chose au commun, voir rien du tout. Pensez que Isis, Killswitch Engage et Daughters partagent un suffixe en commun sans avoir grand chose de proche musicalement et vous comprendrez bien vite que mettre un core à la fin d’un genre signifie aussi le rendre aussi peu précis que possible. Parce que, qu’est ce que le core sinon une manière simpliste de dire d’un groupe qu’il a « quelque chose de hardcore » mais au final ressemble assez rarement au punk/hardcore des années 80/90…

C’est tout de même un petit plus qui fait la différence et nous amène aujourd’hui à parler de deux de ces avatars les plus populaires dans le millieu metal extrême : le mathcore et le deathcore.Globalement influencés pour la plupart par l’approche atypique des notions de rythmes polymétriques agencés par Meshuggah (entre autres) et par l’approche stylistique des riffs des groupes précurseurs du death metal technique (Death, Gorguts, Morbid Angel), les musiciens associés à ces deux genres exhibent une maitrise technique tournant parfois à la folie furieuse, folie appuyée par les accelerations chromatiques sauvages du grindcore et à l’esprit de dépassement des frontières musicales et de liberté dissonante du free jazz. En témoigne la musique de groupes tels que PsyOpus, Sikth ou Car Bomb, bien que tous n’en font pas leur fer de lance.
Même s’il nous est possible de retraçer les origines de ces genre dans des directions aussi variées, elles se raccrochent à des références comme the Dillinger Escape Plan, Converge, Coalesce ou Today is the Day, des groupes dont l’attitude n’a jamais été de faire de la technique pour épater la galerie mais pour avoir un plus large panel de possibilités musicales afin d’exprimer leurs idées le mieux possible et en variant d’autant plus les plaisirs.D’autant plus que si on parle de deux genres, même avec des influences communes, c’est qu’il y a deux approches bien différentes.

Le mathcore est à l’origine un terme appliqué à des groupes de la scène hardcore mais qui dans une évolution parallèle au mathrock pour le rock indé, y ajoutèrent une large dose de complexité, additionnée de dissonance et de chaos rythmique pour en arriver à mêler une variété de parties et de rythmes grâce à un grain de folie tout particulier. Botch et the Dillinger Escape Plan en sont les précurseurs.

Le deathcore par contre est beaucoup plus lié au metal et conserve l’idéal de brutalité et de dépassement physique du death metal de groupes comme Suffocation, Cannibal Corpse, Dying Fetus ou Cryptopsy mais en y injectant des moshs parts efficaces et une partie du chaos débridé du mathcore. The Red Chord ou The Black Dahlia Murder en sont des exemples.

Quoiqu’il en soit difficile de classer les groupes même si les clones sont légions, on notera cependant qu’ils forment un mouvement musical extrême caractéristique de ces denrières années, qui malgré une scène réduite, est assez populaire et n’a pas l’air de s’essoufler pour autant grâce à la jeunesse des musiciens (les membres de Despised Icon, Beneath the Massacre ou Architects ont en moyenne la vingtaine et pas plus). Deux genres, deux attitudes et une attitude commune pour des résultats différents qui s’entrecroisent parfois. L’occasion d’un dossier mettant en avant les derniers albums de groupes qu’on peut associer à ces styles.

Chroniques :

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ion dissonance - minus the herd ion dissonance – minus the herd
Abacus Records
the red chord - prey for eyes the red chord – prey for eyes
Metal Blade
car bomb - centralia car bomb – centralia
Relapse Records
despised icon - the ills of modern man despised icon – the ills of modern man
Century Media
beneath the massacre - mechanics of dysfunction beneath the massacre – mechanics of dysfunction
Prosthetic records
fuck the facts - stigmata high five fuck the facts – stigmata high five
Relapse Records
psyopus - our puzzling encounters considered psyopus – our puzzling encounters considered
Metal Blade Records
architects - ruin architects – ruin
United By Fate Records
harlots - betrayer harlots – betrayer
Lifeforce Records
lye by mistake - arrangements for fulminating vective lye by mistake – arrangements for fulminating vective
Lambgoat Records

Interviews :

Fuck the Facts interview Fuck the Facts
The Red Chord interview The Red Chord

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

hororo a écrit 395 articles sur Eklektik.

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