Nightfall – Athenian Echoes

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Style: death/gothiqueAnnee de sortie: 1995Label: Holy Records

Tout empire a son âge d’or et son déclin. Il en va de même pour les labels. Si je ne m’avancerais pas à dire que le label français Holy Records est déjà sur le déclin je peux affirmer haut et fort que celui-ci connut un âge d’or, une période bénite où quasiment tout ce qu’il touchait devenait or. Cet âge d’or se situe très précisément au milieu des années 90, on va dire de 93 à 97. Une période qui vit surgir les premiers albums d’Elend, Septic Flesh, Sup, Orphaned Land et bien sûr Misanthrope, tous signés sur le fameux label français. Si il devait un jour s’écrire l’histoire du métal, nul doute que cette période dorée mériterait à elle seule un chapitre. A ces groupes pré-cité qui eurent chacun le succès que l’on connaît par la suite, je me permet de rajouter Nightfall, compatriotes de Septic Flesh mais qui furent loin d’avoir la même carrière. Pourtant avec Athenian Echoes, leur troisième album, les grecs de Nightfall n’avaient pas à rougir des œuvres de leurs camarades de label. Loin de là.

Et pour situer ça dans mon histoire personnelle à moi, Athenian Echoes n’est ni plus ni moins que ma porte d’entrée dans le monde du métal extrême. Pour la première fois un album avec une voix death tournait en boucle dans mon radio-cassette, dans ma voiture, dans mon walkman… Je pense qu’on peut parler de révélation. Bien entendu pour que je flashe sur cet album il devait forcément y avoir un pont avec la musique que j’écoutais à l’époque. Ce pont, c’est le coté heavy et épique dont est teinté le death de Nightfall. Heavy, mais aussi ethnique, de par la présence d’intermèdes moyen-orientaux (mais beaucoup moins tout de même que chez Orphaned Land). Ainsi sur le fabuleux titre Ishtar qui démarre à cent à l’heure avec une rythmique des plus originales, le groupe installe au milieu une ambiance orientale quasi mystique qui va finalement déboucher sur un solo typiquement heavy. Nightfall ne se donne pas de limite et varie au maximum les ambiances et tempo afin de bannir totalement le mot linéarité de son vocabulaire. Sur The Vineyard les guitares se font lancinantes et voient le groupe s’aventurer sur les terres du doom. I’m a daemond qui débute avec un piano lugubre jouant à cache-cache avec une batterie décalée va partir d’un coup dans une furie black métal, mais toujours très mélodique. La mélodie ; c’est là le secret de cet album. Epiques ou intimistes, elles mènent la danse et même dans les moments les plus extrêmes, sont là pour nous envoûter. En y repensant, c’était vraiment l’album qu’il fallait que j’écoute à l’époque pour me familiariser avec de nouveaux son. Une chance que j’ai eu de tomber dessus.

Et aujourd’hui avec le recul, avec tout ce que j’ai pu entendre entre temps, cet album ne me semble pas moins intéressant et il serait donc réducteur d’en faire un simple album d’initiation aux musiques obscures. Evidement le son est typique de l’époque et si l’on n’a pas découvert cet album à sa sortie, possible que l’on ait du mal à s’y faire aujourd’hui, tout comme cette batterie programmée, très clinique mais qui en contrepartie se permet des effets trafiqués comme au début de My red red moon. Ce coté froid est toutefois contrebalancé par la terrible voix d’Efthimis Karadimas, définitivement un des arguments majeurs de cet album. Celui-ci explore pendant près de 50 minutes, différents registres de la musique extrême, de la voix gluturale au hurlements black, en passant par des intonations plus gothiques ou bien encore en la passant à la moulinette d’un vocoder. Une pluralité qui force le respect. Ajoutez à celà que le bonhomme écrit et compose quasiment tous les titres, fait les arrangements, les programmations de samples, joue de la basse et de la guitare… on est limite dans le one-man band. Même entourés de quelques musiciens, il est évident que Efthimis EST Nightfall.

Si par la suite, le groupe n’a jamais pu renouveler l’exploit artistique de cet album, Athenian Echoes mérite largement sa place au panthéon des grands albums du label, aux cotés du Ophidian Wheel de Septic Flesh, du El Norra Alila d’Orphaned Land, des Ténèbres du dehors d’Elend ou bien encore du _________ de _________ (<= inscrivez ici votre album préféré de chez Holy).

  1. aye azure
  2. armada
  3. ishtar (celebrate your beauty)
  4. the vineyard
  5. i’m a daemond
  6. iris (and the burning aureole)
  7. my red, red moon (emma o)
  8. monuments of its own magnificence
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2 Commentaires

  1. Silenius says:

    Chouette chro qui me plonge dans une certaine nostalgie.Album acheté grâce aux encarts de pubs d’holy records dans les premiers Metallians.
    Album superbe et envoutant de la pochette à la musique.Un album guerrier mais aussi empreint de poésie.C’est un album que je couve du regard avec une tendresse infinie ;) Anthologique.

  2. RBD says:

    Je l’avais essayé à l’époque. Je le trouvais bon mais son côté Black assez prononcé avait fini par me gaver rapidement. Je préférais le tout premier, plus typé Doom. Mais après des années j’ai encore une paire de riffs qui me reviennent en tête.

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