*shels – Sea of the Dying Dhow

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Style: rock/postcoreAnnee de sortie: 2007

*Shels, avec un seul L et une étoile devant (les groupes sont près à aller loin désormais pour se trouver un nom disponible) est un projet musical anglais à dimension variable, composé d’une dizaine de musiciens dont entre autres 3 guitaristes, un clavier, un trompettiste. Cette configuration sous forme de collectif rappelle celle de leurs compatriotes Twin Zero, et la musique qu’ils proposent n’en est pas si éloignée. A partir d’idées de riffs entre rock et metal/hardcore, ils sont partis sur le même principe de base, ne pas utiliser de formats classiques pour leurs morceaux, ainsi supprimer de leur vocabulaire les mots couplet ou refrain, et à la place aligner les riffs, les idées, sans y revenir, où sous d’autres formes.

Parmi les musiciens impliqués, l’ancien chanteur de Mahumodo, groupe phare de la scène metal/hardcore alternative anglaise du début de la décennie (certains des autres membres du groupe ayant formé depuis Devil Sold His Soul) et les guitaristes d’Eden Maine, groupe hardcore chaotique à l’unique mais brillant LP. Malgré le passif énervé des musiciens, ce Sea of the dying dhow présente, en proportion, beaucoup plus de rock acoustique ambiant que de riffs saturés incisifs, on peut donc parler d’un album de rock atmosphérique dans lequel s’insèrent quelques parties metal lourdes, même si de ce fait le rendu live du groupe doit être puissant, en particulier grace à une rythmique solide.

Le premier titre, « The Conference of the Birds », est clairement le morceau phare de l’album avec sa longue progression pendant plus de 9 minutes voyant accords acoustiques et choeurs aiguës rattrapés par des nappes de saturation débouchant sur une fin épique appuyée de trompettes. Le reste de l’album poursuit cette trame sans toutefois la surpasser, il comprend plusieurs morceaux proposant des variations sur le même thème, des riffs réutilisés de différentes manières, accompagnés d’instrumentation de degrés d’intensité divers. Ce fait donne une impression de concept, de cohésion de l’ensemble.
Sans pour autant y voir un réel parallèle musical, *Shels peut faire l’effet d’un Mare dans sa propension à déborder d’un registre metal/hardcore en abordant des domaines musicaux plus appaisés. On pense parfois aussi aux longues mélopées d’Agalloch avec leur propension à superposer des couches de guitares acoustiques, violoncelles, rythmiques acoustiques, sans pour autant posséder l’esprit dark folk de ces derniers, qui est ici remplacé par une touche metal/hardcore anglais avec une basse bien grave et présente dans le mix qui rajoute une dimension aux successions d’accords assez simples des guitares.

On est donc en présence d’un album solide mais il faut avouer que le concept est quand même assez vain et le principe pompé sur le Monolith de Twin Zero, que je préfère en particulier au niveau des voix qui ici ont tout de même tendance à sonner un peu niaises, ce qui n’épargne pas le par ailleurs très bon « Indian ».
Cependant, contrairement aux albums des anciens groupes des membres de *Shels, ou même de Devil Sold His Soul, cet album dégage une félicité et un sentiment de quiété unique. La dimension épique du premier titre, au nom bien choisi, emmène le disque vers les stratosphères. Il ne reste plus qu’aux chansons restantes de maintenir le cap au-dessus des nuages et le voyage ainsi accompli vous transporte et vous guérit de toutes vos inquiétudes. Peu d’albums sont capables de cela et c’est ce sentiment fort de compositions bien menées sur tout le disque qui amène à revenir sur Sea of the dying dhow. L’expérience accumulée par ces musiciens est mise à profit et ce premier jet de *Shels est un accomplissement maîtrisé et intelligent.

  1. the conference of the birds
  2. indian – part 1
  3. the white umbrella – part 1
  4. the white umbrella – part 2
  5. water – part 1
  6. sea of the dying dhow
  7. atoll
  8. the killing tent
  9. indian – part 2
  10. return to gulu
  11. in dead palm fields
jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 497 articles sur Eklektik.

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7 Commentaires

  1. Faya says:

    Album un peu inégal pour ma part, mais très prometteur pour ce groupe qui peut aller très loin si il se « lâche » plus. Et rien que pour le premier titre, ce putain de premier titre, il faut écouter cet album. C’est une des meilleures chansons de l’année pour ma pomme.

  2. kollapse says:

    Ouais bien chouette et prometteur ce premier effort, et je rejoins Faya : Le premier titre est énorme, vraiment énorme. Beaucoup d’instrumentisation dans laquelle le groupe ne s’y noie pas, il sait doser comme il faut pour ne pas tomber dans une surenchère qui aurait été génante. A écouter.

  3. Pidji says:

    heu, MAHUMODO, ce serait plutôt début des années 2000… « waves » est sorti en 2003 et fut leur unique album (EP 7 titres même), excellent d’ailleurs.

  4. MNML says:

    Y’a du chant du clair de merde dedans quand même, nan?

  5. Faya says:

    Ouais, mais c’est cohérent avec le propos du groupe qui est loin d’un hardcore aux couilles velues

  6. MNML says:

    Ouais, fin je vois pas le rapport j’ai pas de problème avec le chant clair quand il est bien foutu, j’écoute plein de trucs qui en ont.. mais je sais pas pourquoi, que ce soit les machins metalcore ou autre trucs typé emo & co et bien quand yen a c’est souvent le défaut principal de la chose, en l’espèce d’après l’écoute que j’ai faite ça me semble être le cas sur certains morceaux,comme le dit faya c’est un peu inégal, et c’est bien dommage

  7. chimeres says:

    un album avec des idées foisonantes des reverb consequentes on est presque plus devant un objet qui se raproche de l esprit folk que du post core mais personelement il me transporte dans un univers a part…

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