The Pax Cecilia – Blessed Are the Bonds

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Style: post-rock/metalAnnee de sortie: 2007Label: Autoproduction

jonben : The Pax Cecilia est un jeune groupe américain qui fait parler de lui sur le net car il s’engage à envoyer gratuitement son album à quiconque leur envoie son adresse postale. Je ne sais pas si ils l’envoient à l’étranger, je n’ai pas encore reçu d’exemplaire mais les mp3 des 8 morceaux qui composent Blessed Are The Bonds sont également disponibles. Outre ce qui n’est qu’un détail pour assurer leur promo, The Pax Cecilia proposent un album travaillé dans son ensemble comme un concept autour d’une musique qui est manifestement pensée pour être originale et sophistiquée.

Ayant débuté comme une formation metal/hardcore à tendance screamo assez classique, The Pax Cecilia a un profil qui tranche avec ce qu’on a l’habitude de voir dans cette scène, 6 musiciens, dont un piano et un violon, auxquels s’ajoutent sur l’album de nombreux guests vocaux, un trio de cordes, un trombone, une trompette. Le groupe s’est donc lancé dans un projet ambitieux avec pour objectif la création d’une oeuvrethéâtrale faisant se confronter différentes phases musicales entre ambiances orchestrales et riffs metal/hardcore.
Sur chacune de ces phases interviennent différents musiciens. La base de leur musique est formée par un trio piano/basse/batterie auxquels s’ajoutent, selon les ambiances, orchestrations de cordes ou grosses guitares saturées, mais les guitares prennent également le dessus lors d’assauts de riffs saccadés au son bien puissant.

The Pax Cecilia propose donc une musique qu’on pourrait qualifier de post-rock pour le côté « après le rock » car il mélange rythmiques folk à guitares sèches, piano classique façon Chopin, grosses rythmiques crescendo et quelques parties au gros son metal, le tout avec de bons chanteurs qui s’adaptent à chaque ambiance. Majoritairement instrumentale, la musique du groupe comporte néanmoins de nombreux types de chants différents, chants mélodiques purs, chuchotements, cris scandés, choeurs, growls bien gutturaux.

Le propos du groupe n’est pas démonstratif techniquement mais on pourra leur reprocher de tomber un peu trop facilement dans le pompeux, ou carrément l’ennuyeux avec pas mal de passages s’étirant inutilement en longueur, reprenant un peu les travers d’un Godspeed You! Black Emperor. Les progressions façon post-rock sont en effet assez évidentes même s’ils tirent parti des arrangements, le parallèle avec Maudlin the Well/Kayo Dot devenant alors palpable. On pourra aussi penser à l’éphémère mais génial groupe Mare pour l’esprit.

Léger coup de gueule pour « The Wasteland », plage ambiante de 5 minutes de vagues nappes à peine audibles style vent dans le désert, sur lesquelles se posent un accord de piano toutes les 10 secondes environs. Je ne comprend pas vraiment cette espèce de mode qui voit certains groupes insérer de tels moment d’ambiant en plein milieu d’un album, je trouve que ça fait dangereusement retomber le soufflé (ou l’ambiance justement) et m’incite à appuyer sur le bouton « morceau suivant ». Morceau suivant qui, encore plus chiant, ne commence qu’au bout de 4 minutes d’une nappe évoluant progressivement.

kollapse : En voilà un drôle de disque… Je dirais qu’il y a vraiment de quoi se réjouir de l’ensemble, mais que d’un autre coté certains aspects de cet album me laissent assez dubitatif. Je m’explique : Après un début en trombe (le premier titre est une pépite), le groupe semble vouloir explorer d’autres contrées…Et s’y perd plus qu’il n’y gagne. Comme le dit Jonben, il s’agit d’un titre vaguement post-rock ambient aussi anecdotique que peu en rapport avec ce qui le précédait. L’album perd donc en intensité et en homogénéité à cause de cette 5ème plage tout à fait inutile et les premières minutes du titre d’après suivent le même chemin. Cela a pour conséquence de casser le fil de l’album qui était pourtant parti sur des chapeaux de roue, et donc de déboussoler quelque peu. Où veulent-ils en venir est la question qui me vient à chaque écoute, et la répétition de celles-ci ne m’a pas vraiment apporté de réponses. Mais retenons le positif, car il y en a ! Le début de cet album, disais-je, a de quoi réjouir : ces violons aux sonorités tragiques, ces voix – aussi rares que précieuses – apportent un vent de mélancolie qui rappelle Jeff Buckley. Une intensité globale est bien présente, quelque chose de vivant, de fort se dégage de ce magma de sons semblant non-compatibles sur le papier mais pourtant en osmose ici. Bref, il y a du talent à revendre là-dedans. Mais le talent ne fait pas tout… on pourra, en plus des longueurs évoquées plus haut, reprocher au groupe un certain manque de cohésion et une propension un peu trop grande à mon goût à vouloir donner une dimension grandiloquente, un peu pompeuse, à ses compositions.

Ma conclusion est que ce premier essai est muni de pas mal de qualités d’un jeune groupe (non signé faut-il le rappeler…) résolument prometteur mais qui doit à l’avenir mieux concentrer ses propos s’il veux nous donner de grandes choses, et ce du début à la fin du disque.

  1. the tragedy
  2. the tomb song
  3. the progress
  4. the machine
  5. the wasteland
  6. the water song
  7. the tree
  8. the hymn
jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 497 articles sur Eklektik.

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2 Commentaires

  1. SagresMetal says:

    pas mal du tout

  2. K-Morgan says:

    Commandé le CD il y a 2mois et enfin reçu…Très très bel objet (ils ont quand même déboursé pas loin de 5euros pour envoyer le CD,mais comment font ils sans être signé?!), peu écouté le CD pour le moment,mais je trouve ce principe plus que sympathique

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