Aborted – Slaughter & Apparatus : a Methodical Overture

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Style: brutal deathAnnee de sortie: 2007Label: Century Media

Aborted, fier combattant du death grind, continue envers et contre tout de fournir des albums satisfaisant et viollement jouisif au fil des ans. Sven, meneur de jeu de la troupe qui ne cesse de ce renouveller, garde la barque dans la même direction sans pour autant se répéter. La voix caverneuse du grogneur belge est toujours un des éléments les plus reconnaissable de Aborted mais, ce n’est pas le seul. Bien qu’augmentés de deux nouveaux guitaristes, Slaughter & Apparatus conserve ce feeling particulier que les couvertures d’albums illustrent bien. Les zombies et les films d’horreurs, c’est bien, mais les véritables carnage que l’humanité sème à travers son histoire sont beaucoup plus terrifiants. Preuve en est ce nouveau concept central qui s’inspire très fortement de l’holocauste et des mesures répressives que chaque dictature sait si bien instaurer pour faire taire toute possibilité d’éclosion d’un mouvement de résistance. Future proche, année indéterminé, une industrie d’extermination massive des renégats est instaurés afin de résoudre le problème grandissant d’une population bien trop importante. Le cauchemard Maltusien résolut a coup de camp d’extermination massifs.

Le thème n’est pas des plus originals mais, il est beaucoup plus sérieux que le personnage de docteur fou, torturant ses patients, que les deux albums précédant arboraient. Et avec ce changement de ton viens aussi une orientation plus metal et une atmosphère beaucoup plus violente et malsaine. Mon seul reproche vis-à-vis de the Archaic abattoir était qu’il sonnait comme un album trop sympathique, trop distrayant, pour un groupe de death metal. Il n’y avait rien de menaçant dedans. Juste des chansons extrêmement efficace dans l’art de faire remuer les fosses et de faire se secouer les cheveux d’une horde de metalleux. Aborted a acquis une excellente réputation scénique grâce a celà et tant mieux mais, il est temps de passer à un autre niveau et c’est là que Slaughter & Apparatus intervient. En écoutant la mélodie d’introduction de « The foul nucleous of resurrection » ou le riff qui conclut « the Spawing sceance » je ne peux m’empêcher de ressentir à chaque fois le même malaise que quand j’avais regardé « Zombie » il y a pas mal d’années. La déshumanisation de l’être humain. Les sentiments remplacés par le désir mécanique de tuer et de se nourrir. Aborted n’a cette fois pas produit qu’un album de death metal qui peut porter ce titre musicalement parlant mais, aussi du point de vue du ressentis des riffs. Des riffs qui ne parlent plus que de détruire. Des riffs avec du vocabulaire en plus en quelque sorte. Sales, repoussants et vicieux mais, agréables à l’oreille.

Le mélange de la violence, des mélodies et des accroches vocales est encore plus abouti que sur The archaic abattoir. Les solos de guitares sont aussi particulièrement bien joués. Non seulement d’un point de vue technique mais surtout, car ils apportent vraiment une touche plus mature et plus réfléchis a ces chansons qui pourraient n’être qu’un empilement de chansons violentes. Rigolotes mais oubliable très vite, comme un album de death metal classique. Mais, bien sur, Aborted n’est pas de ceux là et élimine facilement la concurrence, surtout quand on les compare à la moyenne des groupes de deathcore americains. Point de mosh part ici mais, des rythmiques à base de blast et de double grosse caisse tellurique. Le batteur des australiens de Psycroptic joue très bien son rôle et fait preuve de virulence mais, aussi d’un peu de retenu et de finesse, quand il le faut. Ces moments sont rares, mais il suffit de prêter l’oreille derrière le claquement omniprésent de la double pour se rendre compte que le batteur ne joue pas la facilité mécanique d’une bête boite a rythme et apporte une touche personnelle a ce mur de violence. La production est froide et propre, Tue Madsen oblige, mais quand on fait dans la brutalité et que l’on veut donner vie par le son à un holocauste froid et méthodique ce n’est pas un mauvais choix. Du statut de groupe de death grind agréable, Aborted atteint le stade du groupe de death metal aux touches grindcore qui peut se vanter d’être plus qu’une simple machine a faire de la violence. Avec ce disque, le quintet de musicien a produit un maître étalon mémorable qui a de quoi faire palir la compétition.

  1. the chondrin enigma
  2. a methodical overture
  3. avenious
  4. the spaying séance
  5. and carnage basked in its ebullience
  6. the foul nucleus of resurrection
  7. archetype
  8. ingenuity in genocide
  9. odious emanation
  10. prolific murder contrivance
  11. underneath rorulent soil

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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3 Commentaires

  1. epoch of barbarity says:

    Ce groupe devient de plus en plus mauvais à chaque album, dommage le premier était sympa

  2. guim says:

    Si le groupe n’avait sorti que cet album,je l’aurais trouvé très dans l’ère du temps,avec des propositions intéressantes,de la technique,du pointu,des effets qui claquent bref un bon album qui envoie le melon,mais quand je le replace dans la disco du groupe, « Purity of perversion » et « Goremageddon » remportent ma préférence;niveau production un gros travail a été opéré,les parties batteries sont assez jouissives c’est vrai,l’album est ambitieux et on peut espérer un gros travail pour le prochain,live le groupe prend sa véritable dimension,j’aimerais tout de même entendre les titres du disque sur scène.

  3. jackda says:

    Franchement pas très intéressant comme album et assez répétitif.
    Dommage, encore une fois…

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