Electric Wizard – Witchcult Today

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Enfin l’album de la réconciliation ! Entre eux et moi en tout cas. C’est bien simple le précédent opus We Live a tellement pris la poussière qu’il en a disparu de mes étagères. Mais c’est de l’histoire ancienne. Electric Wizard revient avec son sixième album en cette année de grâce 2007, chargé comme jamais, violent et infecte, à en filer la gerbe à cette enflure qui roule dans le caniveau, la gueule en sang, implorant une pitié dont on se fout pas mal. Crèves !

Né du terreau de la frustration et de la colère Electric Wizard emprunte ce chemin halluciné qui te plonge au cœur d’un univers parallèle et décadent où les odes à l’outrage sont légions, où la fange dévoile des charmes inavoués jusque là et finalement si sensuelles. Serres encore un peu les dents l’ami ! Le voyage ne fait que commencer et les effluves ne t’ont pas encore enlacé. Le malaise est bien là. Il te ronge les entrailles et cette crasse qui s’est incrustée dans tes mains ne saurait être lavé ou balayer d’un revers de manche. Mais bientôt tu pourras laisser libre cours à ta rage, te réfugier au cœur des ténèbres. Pousse le son. Tu la sens cette chaleur ? Elle t’envahit peu à peu, s’immisce et s’insinue dans tes entrailles, dans tes synapses et plus rien ne pourra y faire. Le billet de retour sera pour plus tard. Pour l’instant c’est l’oubli, la liberté, la déchéance. Le sourire au coin des lèvres. Pousse un peu plus le volume. Ta seule raison d’être pour le moment c’est cette chaleur. Elle t’insuffle cet air vicié dont tu n’imaginais la puissance. Sombres dans ton sofa rouge. Tu es si faible et si fort. Laisses faire cette chaleur. Laisses là jouer de sa force. Le son emplie la pièce, les murs tremblent mais déjà tu les as oublié. Tes remparts ont sombré. Les limites sont abolies. Il n’y a plus rien autour de toi que ce son et cette chaleur salvatrice. Le son vintage du Toe Rag Studio chauffe à blanc tes amplis. Tu dodelines lascivement. La colère t’abandonne peu à peu. Seules restent tes pulsions et ce son.

Sur fond de doom 70’s Witchcult today anime devant toi les spectres de H.P. Lovecraft et d’Aleister Crowley. Caligula s’envoie Barbara Steele pendant que Gainsbourg s’en jette un dernier avec BB à ses pieds. Nue. Tu es sous l’emprise de cette magie noire, perverti, au milieu des candélabres, en plein delirium. Mais c’est bon. Les amplis crachent cette musique du Démon, les riffs tombent les uns après les autres, authentiques et lapidaires, donne vie à cette ambiance de messe noire, perverse et sexy où Justin Oborn- guitare & chant, Liz Buckingham-guitare (ex-13, ex-Sourvein), Rob Al-Issa- basse, Shaun Rutter- batterie en sont les prêtres d’un soir. La voix est lointaine, nourrie d’échos mais refuse de mourir comme auparavant. Elle se s’éteint plus. Elle est fière et arrogante. Elle retrouve cette énergie maligne. Et tu l’écoutes clamer ces histoires horrifiques, coincées entre les mythes d’un autre âge, le kitch et le fantastique, le cinéma des Jean Rollin, Dario Argento et autre Jess Franco. Plonges au coeur de ce psychédélisme maladif. Marches le long de ce sentier funeste avec eux. Là où Coven dans les 60’s avait ouvert la voie avec son rock psyché satanique, Electric Wizard rend hommage. Mais il s’impose aussi. Il se réapproprie ces univers de psychotiques. Au bout des doigts de ces mecs, le doom se transcende, il redevient la seule raison d’être, la seule loi. Et finalement Electric Wizard excelle dans cet art musical underground – mineur et abjecte pour certains, essentiel pour d’autres – en développant ses thèmes de façon rituelle et obsessionnelle. Ce metal est lent, massif, occulte et incantatoire. La batterie comme la voix se noient sous ces riffs chargés d’électricité et de saturation accordé trois tons en dessous du raisonnable. Mais sous l’emprise de cette chaleur tu restes enclin à l’addiction. « Your time has come » chante Oborn dans Dunwich. Oui ton temps est venu. Et le leur aussi.

  1. witchcult today
  2. dunwich
  3. satanic rites of drugula
  4. raptus
  5. the chosen few
  6. torquemada ’71
  7. black magic rituals & perversions
  8. saturnine

6 commentaires

  1. j’ai adoré we live comme tous les autres albums du groupe, et ce nouvel album est à la hauteur de toutes les espérances.

  2. super album mais chronique vraiment indigeste

  3. Album de le réconciliation pour moi aussi. Après un We Live bon mais un peu trop « commun » et une prestation live totalement décevante lors de la tournée qui avait suivi, cet album c’est un peu le comeback de l’année pour moi. Un des meilleurs EW et dans mon top 5 2007!

  4. Ouaip il est fichtrement bon ce disque… sans l’avoir totalement assimilé, je lui trouve un petit côté à la fois macabre et grand-guignolesque pas si éloigné d’un délire à la White/Rob Zombie (dans l’esprit, pas dans la musique hein)… Dans un morceau comme Dunwich, ça m’a semblé évident. A vos flingues!

  5. eh bé voilà, je suis pas le seul à trouver un côté horror rock à la Manson/Zombie à ce morceau, dans mes bras, non Jef t’es pas tout seul

  6. @ juj:Oublions la douleur et mangeons bio!
    C’est pas du Machen, c’est du Lovecraft!

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  • plebeiangrandstand-lowgazersichimatsu | 17 avril 2014
    Plebeian Grandstand – Lowgazers
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  • plebeiangrandstand-lowgazersRémi | 15 avril 2014
    Plebeian Grandstand – Lowgazers
    Ok. Moi je m'en étais arrêté à la moitié de chronique, tout pareil j'ai été super enthousiaste à l'écoute de Thrvst puis déçu à l'écoute de l'album: quand ça blast pas, la batterie fait des plans bateau. Et les riffs de grattes sont minimalistes au possible. Voilà, je me suis arrêté là. Et je vois ce qu'il me r...
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    C'est bon ça, merci pour la n+1ième découverte :-)
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    Oui, j'approuve, cet album de Kampfar est réellement excellent. Je le rapprocherais plus des premiers Enslaved, avec évidemment un meilleur et plus gros son, mais c'est un détail sans importance. Epique, puissant, froid, mélodique juste ce qu'il faut, avec des titres atmosphériques à souhait, d'autres plus rentre dedans, u...
  • kampfarangrom | 12 mars 2014
    Kampfar – Djevelmakt
    Ca donne bien envie d'essayer, ta chronique