Jesu + Fear Falls Burning + Year of no Light – 03 décembre 2007 – Locomotive – Paris

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J’ai loupé Year Of No Light. Mince. Apparemment, d’après les échos, c’était bien bon. Un peu trop propre à ce qu’on m’a dit.

J’arrive donc pour Fear Falls Burning. J’étais curieux de voir ça en live après sa collaboration avec Nadja notamment. Le mec est tout seul. Assis sur une chaise avec sa LES PAUL et deux gros pedalbords bien fournis. En fond sont projetées des images de radiographie (il me semble) qui défilent lentement, très lentement. Accesoire clé du dispositif de l’homme, sa pédale de volume qu’il triture constamment pour créer des effets de violoning incessants. Il a joué deux titres. C’est contemplatif. Mou. Pas inintéressant mais loin d’être passionant. Le travail sur le son est assez remarquable. Les seuls passages qui m’ont fait de l’effet ont été ceux où il y avait ce ronronnement de basses qui vous titillait un peu les tripes. Un set correct mais pas bien palpitant qui s’est arrêté au bon moment, c’est-à-dire avant que cela ne devienne chiant.

On tire le rideau pour que Jesu s’installe tranquillement. Le groupe commence vers 22h. Les premières notes timides me font penser que l’on va débuter avec un « ancien » titre mais il n’en est rien, on commence avec une chanson de Conqueror. Bizarrement, moi qui ait détesté cet album sur CD, j’ai apprécié les live des chansons extraites de cet album. Pas mal. Un bon retournement de situation. Malheureusement, le son est assez brouillon. La guitare comme la basse ne sont pas bien servies. C’est fort dommage. La batterie, elle, est trop en avant (en tout cas de mon perchoir).

« Stan Low » et « Old Year », c’est bien sympa mais à quand une chanson des disques précédents? Quand résonnent les premières notes de « Silver », le public exprime sa satisfaction. Je le comprends. Malheureusement, sur ce titre, comme pendant tout le concert, le chant de Broadrick est plus qu’approximatif. Certes, ce n’est pas une surprise, on sait qu’il ne sait pas chanter… mais là c’est trop. Aucune technique de chant, aucune justesse. C’est presque énervant. Quand le groupe commence « Tired of Me  » de l’éponyme, le public applaudit. Mais le titre est gâché. Le batteur peine et « paine » (comprendre « il fait des pains »), c’est laborieux. On a l’impression qu’il est perdu. La batterie martiale de la fin de titre n’est pas rendue comme elle le devrait. Scandaleux! Il se rattrape sur « Transfigure », heureusement, mais il est trop tard, le mal est fait. De plus, c’est surement sur ce titre que la basse a été la plus brouillone alors qu’elle y a un gimmick central. La dernière chanson de la soirée, « Friends are evil », est la plus acclamée mais ça ne prend pas, ou presque pas.

Bilan de la prestation de Jesu: très moyenne. Le minimum syndical, à peine (sans parler d’un set d’une heure). Un chant qui a vraiment besoin d’être travaillé. Un son moyen et un batteur hors de propos. Jesu joue une musique contemplative. La batterie assure une rythmique minimale. Elle se doit d’être au service de la musique car chaque frappe a un sens. Il n’y a pas de place pour la non-intention. Or c’est justement ce qui a manqué à ce batteur: l’intention voire même l’attention. Je retournerai voir Jesu en concert mais avec un son travaillé, un chant moins approximatif et surtout Parsons aux baguettes. Des trois (ou plutôt deux et demi) prestations parisiennes de Jesu, celle-là a été la moins bonne, et de loin.

Entre les dernières sorties décevantes et ce concert médiocre, on est inquiet quant à l’avenir de Jesu.

Merci à Laurent de BSPix pour les photos www.bspix.fr

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2 Commentaires

  1. Hallu says:

    J’ai vu Jesu en live à Bordeaux, mais juste après la sortie du self titled. Là c’était excellent, avec le batteur de Knut. En revanche, tout ce qu’il sort depuis est mièvre, guimauve et pitoyable. Silver, Conqueror, le truc jaune avec jarboe, et un autre split tout aussi mou. Il faut qu’il se reprenne… étrangement ça coincide avec la perte de la gratte qu’il avait depuis des années et qu’il a pétée à Paris juste après le concert à Bordeaux.
    Pour Fear Falls Burning, tout dépend du riff (un par morceau en général). S’il est réussi, à savoir hypnotique et supportant la répétition, ça passe. Certains sont excellents, d’autres assez pitoyables. De plus s’il n’y a que sa gratte, c’est gâché, il y a beaucoup d’ambient en soutien sur ses albums, nappes atmosphériques et autres.

  2. SpiriT says:

    Concert en demi teinte pour ma part.
    ça démarrait pourtant sur les chapeaux de roue avec Year of no Light, révélation de la soirée pour ma part.
    Même si le son n’a pas toujours été au top pendant leur prestation, j’ai vraiment ressenti, presque dès le premier titre, une sorte d’alchimie s’installer. Je me suis senti propulsé quelques mois auparavant dans cette même loco pour le fabuleux concert de Cult of Luna … Une sorte de digestif commémoratif ;)
    Ensuite venait Fear Fall Burning, ovni contemplatif, dans une atmosphère de recueillement bleuté. Pas spécialement ma tasse de thé, mais au final j’ai passé un assez bon momment.
    Reste donc la déception de la soirée : Jesu …
    Son brouillon, compos qui ne parviennent à convaincre dans leur restitution, voix complètement à l’ouest, et batterie hors sujet (frappe bien trop sèche, limite jazzy, à l’opposé de la lourdeur qu’on serait en droit d’attendre de ce genre), voici les ingrédients de la prestation de ce soir.
    Comme le dit Fewz, entre un conqueror pénible et un concert raté, ca sent le sapin …

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