Time To Burn – Is.Land

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Style: post-hardcoreAnnee de sortie: 2007

Le dernier Time To Burn, c’est la mauvaise ambiance. Autant le dire tout de suite, si vous comptiez vous dandiner aussi vulgairement que sur du Mika à l’écoute de ce disque, la croix en haut à droite de votre écran, c’est pour vous.
J’avais découvert TTB en mars 2006 à Rennes en première partie de Knut et Impure Wilhelmina et avais pensé au premier abord à un bon groupe de la mouvance Cult of Luna / Isis. La nervosité des titres de l’album Starting Point démentait en partie cette première impression. Ni véritablement post hardcore, ni totalement chaotique, on sentait une personnalité propre se dégager du court premier effort du groupe.

La très belle pochette m’a fait douter un moment. Un paysage en noir et blanc que l’on imagine sous un vent glacial, je ne sais pas pourquoi, j’ai pensé très fort à Cult Of Luna et j’ai eu peur. Perdu. Ca commence façon rouleau compresseur, le son est puissant, plein d’aspérités, « Is » s’occupe de l’introduction histoire de mettre un peu dans l’ambiance. Les choses commencent sérieusement avec « Nayeli », on commence lentement, du riff pesant (un peu comme ceux du Knut de Terraformer), puis tout de suite après viennent les premiers soubresauts chaotiques, très bien amenés sans créer de hiatus avec la partie précédente, la batterie s’emballe brusquement, plus en retrait, comme perdu au milieu de la masse du son, le chanteur s’arrache les cordes vocales minutieusement.
Time to burn joue sur les alternances entre passages nerveux, lourds puis calmes, donnant à chaque titre sa propre cohérence et à l’album une véritable profondeur qui fait qu’on s’ennuie moins qu’en écoutant un Buried Inside par exemple. On peut avoir l’impression d’avoir déjà entendu certains riffs, quelques parties ou certains enchaînements çà et là, mais la conviction, la sincérité et la tenue des compositions atténuent rapidement ces impressions. C’est parfois mélodique, mais ce n’est pas du post rock. C’est lourd, mais ce n’est pas vraiment du post hardcore et je n’ai même pas envie de parler de hardcore chaotique.

Si je ne pense pas à tout cela (si tant est que je pense), à toutes les références, codes attendus et passages obligés nécessaires pour parler d’un style, c’est que la musique de Time to Burn absorbe et ne laisse pas le temps de divaguer et de se perdre en interrogations stériles afin d’avoir quelque chose à dire. Il y a au-delà des respects des canons formels une émotion particulière, une intensité cathartique, même dans les accalmies, qui alimentent une tension et une menace permanentes. C’est calme, mais le chant posé (la grande réussite de l’album) met mal à l’aise, on n’est pas là pour faire pleurer ta copine à frange mal maquillée, non, mais on sent que quelque chose va mal se passer. Ca attaque, ça crie, ça cogne, on croit que ça se calme mais ça revient plus fort, on approche de la rupture jusqu’à ce que « Land » (« Is » au début, « . » au milieu, « Land » à la fin, vous aurez compris) laisse une légère touche de spleen lent et mélancolique avant de refermer l’album sur le fracas inexorable d’un mur de guitares.

  1. is
  2. nayeli
  3. emma peel
  4. tormenta
  5. .
  6. isle of men
  7. tserin lhamo
  8. sang
  9. gream
  10. land

Chroniqueur

marc

Je donne mon avis pas très éclairé sur des disques que j'aime bien ou je dis du mal de disques que j'aime un peu moins. Cet avis n'engage que moi-même, ma conscience et mon chat, vous êtes libres de ne pas être d'accord (quoique...) et de venir en discuter dans les commentaires afin que je vous convainque que vous vous trompez.

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4 Commentaires

  1. Marbaf says:

    J’étais aussi au mondo bizarro ce soir là ! Super concert dans ce petit pub qui paye pas d’mine (Knut et Impure Wilhelmina quand même).
    Je reste marqué par la musique de Time to burn, la mélodie, la folie et la lourdeur… Hâte d’en remettre une louche.

  2. pearly says:

    terrible album !
    extrêmement bien construit autour de trois moments charnières : le duo de deux premiers titres, le central « . » et son suiveur, et le dernier titre, magistraux. entre ces instants des titres plus « classiques », qui prennent une autre ampleur grâce à ceux qui les entourent.
    Post-core très dense, sombre, orageux quand c’est calme, explosif à d’autres instants…
    et ces deux premiers titres, encore… ils me mettent le même type de claque que l’ouverture du premier album de Cult Of MLuna, effet rouleau-compresseur dantesque.
    Chapeau bas.

  3. kollapse says:

    Très bon disque. « Is.land » est excellemment construit, contient bon nombre de passages dantesques, où la prod sied à merveille le groupe qui voit la lourdeur et l’impact des compositions décupler. Le dernier titre est énorme, superbe. Pour leur premier effort, ils ont fait fort :-)

  4. wakos says:

    Excellent découverte pour ma part ! Je pensais ne plus trop accrocher ce genre de groupes, mais là y’a vraiment quelque chose qui rend cet album fascinant. Intense, sombre, et touchant à la fois. Génial !

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