Ayreon – 01011001

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Style: metal progressifAnnee de sortie: 2008Label: InsideOut Music

Joss : Je sais pas pour vous mais moi je tiens déjà mon album de l’année. Oui autant briser le suspens tout de suite. J’en suis d’ailleurs le premier étonné dans la mesure où il s’agit d’un groupe que je découvre et donc que je n’attendais pas. Pourtant le projet Ayreon, et donc son géniteur Arjen Lucassen, est loin d’être un nouveau venu sur la scène et même si j’avais déjà lu ses interviews et vu ses albums en magasin, jamais il ne m’était venu l’envie d’aller plus loin. Bien mal m’en avait pris.
C’est donc tout à fait par hasard que je me retrouve à écouter cette nouvelle livraison (merci Angrom et son promo dans le rôle du hasard) et là c’est le choc. Avec ce nouvel album, Arjen Lucassen continue dans la voix qui a déjà fait son succès, la création de longs (très longs) albums concepts tournant autour de thème SF (excepté l’avant-dernier The Human Equation qui plongeait au cœur du cerveau d’un humain dans le coma). Si Arjen est l’unique compositeur d’Ayreon, il sait toutefois s’entourer de musiciens talentueux pour le seconder mais surtout, il s’est fait une spécialité dans l’utilisation de guest vocaux. Ainsi, le palmarès des invités ayant participé à ce jour à ses albums est tout simplement impressionnant. Anneke van Giersbergen, Bruce Dickinson, Mike Akerfled, Devin Townsend, Sharon den Adel, James Labrie, Johan Edlund, Fish… Et j’en passe un paquet.
Alors vous me direz, suffit-il d’inviter des stars pour faire un bon album ? Si l’on compare au cinéma, dans le meilleur des cas, ça donne Ocean’s Eleven de Soderberg et dans le pire, Asterix et Obelix contre César de Zidi. Il est donc évident que cela ne sert à rien d’en mettre plein la vue sur le menu si ça n’assure pas en cuisine. Et ici le chef mérite ses étoiles. A l’écoute de ce 01011001 (une vingtaine d’écoutes pour moi à ce jour) l’évidence s’impose : Arjen Lucassen est un compositeur de génie. Et en plus de ça, il sait s’y prendre pour choisir ses voix et leur faire donner le meilleur d’elles même. D’ailleurs qui sont les invités choisis pour cette nouvelle histoire ? Jugez plutôt : Anneke (pour la seconde fois), Jorn Lande, Daniel Gildenlöw (Pain of Salvation), Simone Simons (Epica), Jonas Renkse (Katatonia), Hansi Kürsh (Blind Guardian), Tom Englund (Evergrey)… j’en passe des moins connus mais des aussi bons. Il aurait pu être facile aussi d’attribuer un titre à chaque chanteur et basta, mais là encore, le talent de Lucassen est bluffant. Qu’ils soient 2, 3, 4, 5 ou plus par titres, les différentes voix se succèdent, se répondent, se superposent… qu’elles soient lyriques, théâtrales, inquiétantes, posées, les voix contrastent toutes les unes par rapport aux autre et il n’est pas un chanteur (pas un !) qui ne livre une prestation ne serait-ce que moyenne. Et malgré la durée de l’album (1h40, 50 min par CD, ouch !) il n’est pas non plus un titre qui pêche par rapports aux autres. Le thérionesque « Age of Shadows » (et son interlude planant), le très métal « Liquid Eternity », le sublime « Beneath The Waves » et son crescendo final, des titres pop courts, des titres longs et progressifs… cet album est d’une variété sans limites et tout en étant facile d’accès, n’en fini pas de livrer ses richesses. Bon je m’emporte et il se trouve que je suis incapable de comparer cet album à ses prédécesseurs, il est donc temps pour moi de laisser la main à Angrom qui connaît bien mieux que moi la disco d’Ayreon. Je reviendrai modérer si besoin il y a.

Angrom :
Ayant découvert Ayreon en 1998 avec Into The Electric Castle, ça fait bientôt dix ans que je suis de près ou de loin, au fil de projets la carrière du géant hollandais. Après le bien mais juste correct Universal Migrator ou Arjen Lucassen avait selon moi commis l’erreur de séparer sur deux cd les cotés progressifs et métal de sa musique, j’ai repris goût à la musique d’Arjen avec The Human Equation, il y a près de quatre ans. Et là, révélation, Arjen ne se contente pas de réunir un casting d’exception, il effectue également un gros travail sur la cohésion de l’ensemble ce qui fait qu’on a l’impression, même si ce n’est pas le cas, que tous les chanteurs sont dans la même pièce.

C’est encore le cas sur ce 01011001, encore une fois un gros pavé, mais un morceau de choix pour le fan d’opéra rock à sonorités métalliques, folk et progressives. Le choix des chanteurs est impressionnant, Joss vous en a déjà parlé, mais Arjen a également intégré au concept des instrumentistes talentueux, certains connus (Derek Sherinian, Michael Romeo, Tomas Bodin) d’autres moins, qui viennent agrémenter les compositions d’un petit solo bien senti par ci par là.

Alors, que peut-on trouver à redire à ce Ayreon, si l’on voulait faire le grincheux ? Pas grand-chose en fait. En cherchant bien, on pourrait reprocher au Hollandais planant de réutiliser encore une fois la même bonne vieille recette, mais comme on dit, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. Enfin soupe c’est vite dit, car Arjen réussit quand même à nous faire apprécier le chant de Simone Simons, en voilà une belle surprise. Au rayon des réussites, on notera la présence de Jorn Lande, excellent comme toujours, celle de Daniel Gildenlöw, et d’Anneke Van Giersbergen (qui domine de la tête et des épaules toutes les autres chanteuses présentes sur le disque).

Au final, entre envolées spatiales et mélodies folk, avec une grosse pincée de progressif, 01011001 est un excellent disque, riche et varié, que vous prendrez plaisir à décortiquer lors de vos longues soirées d’hiver.

Joss : Un petit mot sur le contenant. Comme pour The Human Equation, ce nouvel album est décliné en différentes version qui vont de l’album seul à l’édition de luxe avec DVD bonus et livret plus fourni, le tout dans un superbe format en hauteur. Du bien bel objet qui permet de suivre les paroles et de s’imprégner au mieux de l’ambiance de 01011001

  1. cd1
  2. age of shadows (incl. we are forever)
  3. comatose
  4. liquid eternity
  5. connect the dots
  6. beneath the waves
  7. newborn race
  8. ride the comet
  9. web of lies
  10. cd2
  11. the fifth extinction
  12. waking dreams
  13. the truth is in here
  14. unnatural selection
  15. river of time
  16. e=mc2
  17. the sixth extinction
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10 Commentaires

  1. townsend-is-god says:

    exelent un nouvelle album d’ayreon je cour l’acheter…..apres la clac human equation avec devin townsend ,james labire,Mike Akerfled, il était difficile de faire mieux….. j’esper que ce sera au moins aussi bien ;)

  2. Joss says:

    Non c’est pas aussi bien. C’est mieux !

  3. townsend-is-god says:

    lool comment tu peux dire que c’est mieux alors que ta dit que t’avais pas encore ecouté les autres ayreon lool ???
    mais je prend conseil ;=)

  4. jonben jonben says:

    Ca dégouline un peu niveau claviers kitch, mais il y a vraiment un gros boulot derrière et c’est vrai que les chanteurs assurent à commencer par Anneke, qui survole le tout à chaque apparition.

  5. Joss says:

    @ Townsend : en fait j’ai déjà commencé à rattraper mon retard avec « the human equation » et « Into the electric castle »… et pour l’instant je trouve une progression constante.

  6. AlCheMist says:

    Je suis passé par le même fournisseur que Joss (Merci Angrom donc). Comme lui, je ne connaissais le projet que de loin, un duo Anneke/Sharon par ci, un titre chanté par Bruuuce ou Devin par là… Bref, excellente surprise, j’ai peu d’écoutes au compteur, mais le travail sur les voix est énorme. Le son global est un pur plaisir pour les oreilles, tout y sonne élégant, brillant et hautement mélodique. Excellent boulot sur les machines également. Au rayon reproches : la longueur de l’album (mais apparemment c’est le concept) et quelques boucles vocales parfois un peu répétitives. Je continue à creuser, mais je peux déjà d’ores et déjà affirmer que ‘Comatose’ est un grand moment de bonheur avec une cohabitation sublime des voix de Jorn Lande et Anneke van Carlsbergen (ou un truc du genre)…

  7. Angrom Angrom says:

    Alchemist : Anneke von Grimbergen :)

  8. Monster says:

    A put jeter un ptit coup d’oreille sur ce nouveau cru et c’est du très bon. Comme d’hab avec le grand (dans tous les sens du terme) Arjen. J’écouterais plus attentivement l’objet durant le cours de l’année, sans aucun doutes… Avec les quelques écoutes que j’ai pu faire, pas de surprises, il est dans la lignée de « The Human Equation », chef-d’oeuvre qui mériterait qu’on érige une stêle à sa gloire !

  9. townsend-is-god says:

    apres de tres longues ecoutes je peux vous dire que ce’est un tres grand album meme si je trouve le cd2 largement au dessus du cd1 mais c enorme quand meme
    alé ++

  10. stanheavymetal says:

    énormmmme !!! tout y est : la musique dense, riche, variée, le son parfaitement equilibré, cette espèce d’enrobage électro qui futurise le tout; et puis toutes ces voix…. j’en ai la moelle épinière qui frétille…

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