Brutal Truth + Sublime Cadaveric Decomposition + Blockheads – 12 février 2008 – Locomotive – Paris

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Blockheads, Sublime Cadaveric Decomposition et Brutal Truth. Rien qu’en voyant l’affiche, on sait déjà que l’on va vivre un grand moment de grindcore. Les trois groupes jouissent d’une réputation à toute épreuve et d’un passé émaillé de disques considérés comme cultes, sans compter les disques de la discographie Brutal Truth sans qui une grande partie des groupes du genre n’existerait même pas. Le flyer montre un dinosaure géant en dessous des noms des trois groupes et si l’on considère l’âge de la tête d’affiche, sa place dans l’histoire du grind et la performance de ce soir la métaphore n’est pas volée. Les dinosaures ont survécu, ils ont de grandes dents et ils démontent tout ce qui passe. Ne vous fiez pas à l’âge, les trois musiciens (le guitariste étant hors course puisque plus jeune, venant des maître du grind chaotique Sulaco) ont encore ce grain de folie et l’expose au grand jour dès leur arrivée sur scène.

Mais, ne nous avançons pas trop vite et revenons sur la performance de Blockhead. La machine à grinder française possède une réputation de musiciens fous, explosifs et blastant à tout va. Ce soir marquait ma première rencontre avec le groupe et ce ne sera, je l’espère, pas la dernière fois que je pourrais les voir interpréter leur musique. Très old school dans le tempo, plus punk que metal, l’énergie est de mise et la clarté du son passe à la trappe. Difficile donc de retenir une chanson en particulier (hormis la reprise de Napalm Death, « From enslavement to obliteration ») bien que l’intro doom et le nouveau titre me soit resté dans les yeux (plus que dans les oreilles) comme étant des moments marquants. L’introduction doom tout d’abord car, alors que je m’attendais à voir les musiciens exploser sur scène, les voir ralentir de suite le tempo me rassura tout de suite sur la nature de la performance. Le groupe n’est pas là que pour le public mais aussi pour se faire plaisir. Les musiciens qui crachent au nom des conventions sont ceux qui méritent le plus que l’on s’attarde sur leur cas et une fois la première note lancée Blockheads avait déjà gagné toute mon attention. Ensuite, je retiendrais de ce concert ce nouveau titre car, il se démarqua du reste des chansons, qui furent pourtant fort bien exécutées et excellentes et me montra une nouvelle fois que Blockheads avait beaucoup encore à montrer. A revoir prochainement, je l’espère et à découvrir sur cd.

Passage ensuite à Sublime Cadaveric Decomposition. J’avais déjà rencontré le groupe il y a plusieurs années par leur premier album, alors que je me mettais lentement au grindcore et que je découvrais la musique extrême. La production goregrind m’avait laissé de marbre et rien durant l’écoute ne m’avait marqué. Je crois même avoir eu un peu mal au crâne à la fin. Ce soir j’ai pu revoir en partie mon opinion car, il n’y a franchement rien d’ennuyeux dans un concert de Sublime Cadaveric Decomposition. Bien que très jeune en apparence, le groupe est manifestement habitué à la scène et le DVD, filmé ce soir, ne manquera sûrement pas de faire sautiller les fans devant leur télévision. Exécution propre et très metal, le son est puissant et permet au groupe de faire ressortir ces meilleurs atout, c’est-à-dire des riffs très death, des blasts à gogo et un chanteur capable d’une performance vocale bien dans le ton, et cela sans l’aide d’effet. Cependant, un set de quarante-cinq minute c’est un peu long et j’ai bien moins été conquis par le set que par celui de Blockheads. Ceci dit, du côté des fans l’enthousiasme était à son comble et la conclusion du concert avec un titre du premier album (celui là même qui m’avait assommé à l’époque) laissa le public heureux. Tant mieux pour eux, dommage pour moi.

Conclusion avec Brutal Truth, les maîtres de la soirée qui n’auront pas de mal à dominer devant la concurrence malgré la qualité des performances des deux groupes précédents. Il faut dire aussi que tout le monde n’a pas la chance d’avoir des chansons aussi géniales que « Godplayer » et que tout le monde n’a pas non plus le charisme de ces types. Entendons nous bien, le chanteur de Blockheads, super enthousiaste et ultra dynamique est un maître dans l’art de faire se bouger le public. Mais quand on voit arriver un type barbu avec un chapeau de chasseur de crocodile australien (vous vous souvenez de Crocodile Dundee ?) qui finira par se frapper le front avec son propre micro jusqu’à tirer des gouttes de sang de son crâne, excusez moi, mais on entre dans une toute nouvelle dimension. Le son par contre n’est pas à la hauteur de la performance et les riffs ressortiront malheureusement très mal durant cette heure et quart de grindcore intense et barré. Toutefois, la joie de revoir ou de voir ces types après tant d’années d’absence l’emportera sur le son et fera de ce concert une occasion de se remuer et de faire la fête en compagnie de quatre musiciens visiblement heureux d’être là. Le final sera d’ailleurs incroyable quand, après avoir slammé, le chanteur redescendra dans la fosse pour faire des câlins à tous ceux qui le veulent bien. Sourire maculé de sang mais, accueil chaleureux du public, heureux de pouvoir remercier personnellement un des héros de la soirée. Les nouvelles chansons sont enthousiasmantes, la présence de Erick Burke à la guitare se fait déjà sentir dans les nouveaux riffs et laisse présager du meilleur pour la suite. Assurément, cette reformation est placée sous les meilleurs signes et la suite ne fera pas mentir la réputation de Brutal Truth en tant que grand groupe de grind, autant sur scène que sur disque. Résumé de la soirée en un seul mot : enthousiasmant.


Merci à BSpix pour les photos.

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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Commentaire

  1. guim says:

    Bon report.Bien aimé le passage avec le front sanguinolant ;)

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