Misanthrope – Irremediable

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Style: metal extrêmeAnnee de sortie: 2008Label: Holy Records

Publié en juin 1857, les Fleurs du Mal, le mythique recueil de poèmes de Charles Baudelaire, aura marqué la littérature française par son insolence et surtout son raffinement, influençant notamment des artistes tel que Rimbaud, Mallarmé ou S.A.S. de l’Argilière (ben quoi…). 150 ans après, Misanthrope ose évoquer la vie et l’oeuvre de Baudelaire sur tout un album. Le sujet de ce premier concept-album de Misanthrope n’est pas vraiment une surprise sachant qu’il y a de nombreuses références à l’œuvre du grand Charles (mais non pas de Gaulle) dans les albums du groupe. Cependant, ne vous attendez pas à une simple biographie, Misanthrope s’approprie la vie et l’œuvre de Baudelaire à sa façon et S.A.S. s’est surpassé au niveau des textes. Et musicalement, qu’en est-il ?

Et bien IrremeDIABLE, sans marquer un changement radical dans la musique de Misanthrope, est tout simplement un résumé de 18 années consacrées au metal et magnifié de fort belle façon. IrremeDIABLE est dans la lignée de Metal Hurlant mais les morceaux sont tout simplement plus fort et l’ensemble plus varié. Durant ces 70 minutes on aura droit, entre autre, à l’ouragan extrême « L’infinie violence des abîmes » qui donne à l’auditeur l’impression d’être au cœur d’une tempête en pleine mer ; le superbe intermède au piano « Prodigalité » (mélodie divine et mémorable) ; le psychédélique et enfumé «Fantasia artificielle » ; la ballade érotique « Plaisirs saphiques » détrônant – dans le même genre – « Reine Martyre » ; un solo jazzy à la basse puis à la guitare sur « 1857 » ; du doom mortuaire pour le lugubre « L’oracle de la déchéance » ; un texte de Baudelaire dicté sous forme dark ambient comme final, composition de l’ex-guitariste Jean-Baptiste Boitel qui n’a rien à envier à du Raison d’Etre. Certains titres se détachent par leur efficacité comme « Le passager du hasard », « Le dandy de bohème » ou « Névrose » dans la plus pure tradition misanthropienne.

L’œuvre a été enregistrée au Studio Davout par Fernando Pereira Lopes dans un cadre analogique. Ce qui fait que, comparé aux prods actuelles en matière de death mélo, tous formatées sur le même moule avec un gros son permettant de cacher la pauvreté des compos, Misanthrope choisit de la jouer en finesse. La batterie ne sent pas le trig à plein nez, les guitares sont plus tranchantes que jamais (remarquable prestation d’Anthony Scemama qui a bien développé son style), le toucher virtuose de la basse étoile filante de Jean-Jacques Moréac est mis en valeur par un son rond et généreux. Ce dernier protagoniste est encore une fois très présent sur ce nouvel album et livre sans doute sa plus belle prestation pour Misanthrope. Quand à S.A.S., il reste fidèle à lui-même et à ce qu’il faisait sur Metal Hurlant mais ses vocaux sont plus intelligibles, ayant moins tendance à « vomir » la dernière lettre d’un mot. Il use de registres variés – growls, parlé, chanté/susurré, plaintif – toujours très expressifs et théâtraux qui font la joie des fans et la consternation des détracteurs. Les claviers n’ont pas disparu non plus (comme le démontre le très efficace et emphatique « Névrose »), mais ils sont utilisés de façon plus légère, pas de couches écoeurantes sur ce disque, c’est la sainte trilogie guitare-basse-batterie qui mène la danse. Ils restent un des éléments essentiels de la musique de Misanthrope mais sont dosés avec plus de justesse.

Un concept fort et bien écrit pour un disque varié dont rien n’est à jeter ça nous donne l’album le plus réussi de Misanthrope. On se demande même ce que le groupe pourra faire après cet album de la maturité.
A noter qu’il existe une version digipack avec un DVD bonus (plus de 2 heures de video dessus dont ça vaut le coup) comprenant le clip de « Névrose » (premier clip de Misanthrope), un live complet et un tour report où on peut voir Misanthrope jouer en Europe de l’Est.

  1. les retourneurs de pierres
  2. phénakistiscope
  3. les limbes
  4. le passager du hasard
  5. l’infinie violence des abîmes
  6. prodigalité
  7. le dandy de bohème
  8. fantasia artificielle
  9. le maudit et son spleen
  10. plaisirs saphiques
  11. névrose
  12. 1857
  13. ixion
  14. l’oracle de la déchéance
  15. lxxxiv l’irrémédiable
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Commentaire

  1. misantropique says:

    L’album est trop bon.

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