Rpwl – The Rpwl Experience

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Style: rock progressifAnnee de sortie: 2008Label: InsideOut Music

Première chronique de RPWL sur Eklektik, ce qui fait qu’une petite présentation s’impose. Ce groupe allemand de rock progressif en est aujourd’hui à son cinquième album (sans compter un live) et le 3e à sortir sur le désormais très fameux (et incontournable lorsque l’on cause rock progressif) label Inside Out. Derrière cet intrigant acronyme ne se cache pas une obscure signification destinée à faire causer les fans, mais simplement les premières lettres du nom des membres fondateurs (seul le « R“ Phil Paul Rissettio, ancien batteur, manque aujourd’hui à l’appel). Comme quoi il ne faut pas forcément aller chercher bien loin. Les présentation sont faites ? Très bien, mettez-vous à l’aise et prenez place.

Il ne faut pas attendre longtemps pour comprendre que votre nouvel invité vit sous influence. Dès les premières minutes (secondes ?) de “Silenced » l’ombre de Porcupine Tree se fait déjà sentir. On ne manquera donc pas de se sentir légèrement embarrassé par cette référence à peine déguisée. Mais rapidement on sent que le savoir faire est bien là et que le groupe possède tout de même sa patte. Pas si évident que ça non plus de débuter par un morceau de près de 10 min et maintenir d’emblée l’auditeur en haleine. D’ailleurs on les sent à peine passer ces 10 minutes, preuve que le groupe maîtrise les bonnes recettes du prog.

“Recette“, le mot est lâché. Les premières écoutes laissent cette impression d’un élève ayant bien appris ses leçons et n’ayant jamais pu se défaire de l’influence de ses anciens professeurs. Steven Wilson, évidement, le dernier en date, mais aussi le vieux Gilmour, le sévère M. Fripp ou encore ce bon vieux Hogarth et ses petites lunettes. RPWL a tout de l’élève assidu, sage et studieux et à l’écoute de « The RPWL experience“ on voit que l’on a affaire à du travail très soigné. Notre jeune invité se montre d’ailleurs très ouvert et comme certains de ses professeurs, ne rechigne pas à s’aventurer dans des sphères très pop. Tout comme il prouve que lui aussi peut faire de la musique expérimentale. Le titre “Talk to the river”, avec ses deux minutes de bruitages abstraits au milieu, montre par exemple que les T.P réalisés au cours de M. Fripp ne l’ont pas laissé totalement indifférent. Et même lorsque la musique de RPWL veut se montrer plus rentre-dedans, l’influence de l’arbre-porc-épic refait surface de manière très prononcée. Le début de “Choose what you want to look at” est édifiant. En gros on aurait presque à faire une belle synthèse des styles affectionnés par les quatre allemands.

Mais dites moi, ça ne manquerait pas un peu de folie tout ça ?

Effectivement, même avec ce coté « agréable », les premières écoutes laissent une désagréable impression de platitude. De mièvrerie même parfois notamment sur le refrain de “Breathe in, breathe out“ ou encore le début de « Turn back the clock“ et son coté « berceuse » qui suffirait à peine à endormir bébé. Pas vraiment de folie ni de révolution chez RPWL mais bel et bien une certaine intelligence qui lui permet tout de même de séduire l’auditeur. Des titres pas si anodins qu’ils ne le paraissent au départ et un savoir faire certain dans la manière de poser des ambiances planantes. Le titre “Master of War“ par exemple, s’avère très chargé en émotions et la très belle voix de Yogi Lang (bien qu’assez passe-partout encore une fois) se montre des plus envoûtantes. Tiens, on vient de me souffler dans l’oreillette qu’il s’agit d’une reprise de Bob Dylan Je ne connaissais pas l’originale mais il semble évident que le groupe se l’approprie de la plus belle manière. On notera aussi que le groupe sait faire preuve d’humour et d’auto-dérision en balançant un titre pop nommé « This is not a prog song » avec des paroles ironiques censées viser précisement cette chanson (ou une éventuelle anticipation de réactions de fans). Une mise en abîme plutôt bien vue.

Au final j’avoue avoir été moi-même bien emmerdé pour avoir un avis tranché sur ce disque. Il est clair que cette album ne fera pas date et ne figurera probablement pas dans les classements de l’année 2008. Pourtant il mérite toutefois une certaine attention et si vous avez un minimum d’affinité avec la scène prog actuelle, je ne peut que vous conseiller de lui accorder sa chance car il possède indéniablement des qualités. Après tout, il vaut largement un Somewhere else de qui-vous-savez.

ps : A noter que la version chroniquée ici est la version simple de l’album et qu’une édition spéciale agrémentée de deux titres supplémentaires sera aussi disponible. A voir quel sera le niveau de ces deux titres…

  1. silenced
  2. breathe in, breathe out
  3. where can i go?
  4. masters of war
  5. this is not a prog song
  6. i watch myself sleeping
  7. stranger
  8. talk to the river
  9. choose what you want to look at
  10. turn back the clock
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Groupes cités dans la chronique

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5 Commentaires

  1. SagresMetal says:

    J’ai découvert le groupe avec cet album et j’ai été bien surpris. Je suis d’accord avec la chro, l’album ne contient pas de folie, il est trop dans les règles mais pour moi qui ne suis pas vraiment un amateur de prog, justement je trouve que c’est un avantage il s’écoute très bien.
    à voir maintenant sur la longueur.

  2. dah-neir says:

    En tant que « newbie » dans le prog je dois dire que le côté porcupine tree ne me gene pas du tout, au contraire, j’avance en terrain connu. En ce qui me concerne c’est donc un bon album, assez loin d’un porcupine malgré tout. Aller pour la forme j’y aurais mis un petit « c’est du bon » histoire de chipotter

  3. Joss says:

    Ba tu vois, je me le réécoute encore en ce moment même. Je pense qu’une fois occulté les références trop voyantes cet album mérite sans doute un « c’est du bon »… A voir sur la durée comme le dit justement Sagres. J’aurais pu mettre un « pas mal et-demi » mais on a supprimé les notes justement pour éviter ça LOL

  4. darkantisthene says:

    préférez-lui le précédent : « world thrgouh my eyes », réellement talentueux

  5. Blackfield says:

    RPWL est un groupe que j’ai découvert avec leur premier album God Has Failed. C’est d’ailleurs le seul CD des allemands que j’ai gardé. Leur musique est agréable mais manque à mon goût de passion; en plus, ils sont vraiment trop proches du son « Pink Floyd » sans pouvoir prétendre égaler un jour leur modèle (c’est la même chose avec les italiens de The Watch qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à Genesis 70s).
    Des groupes comme High Wheel ou Sylvan me semblent être de meilleure qualité.

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