Genghis Tron – Board Up the House

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Style: metal pop électroniqueAnnee de sortie: 2008Label: Relapse

Un accident de voiture plus tard, le trio Genghis Tron est aujourd’hui moins ombrageux et rageur que sur leur premier album, Dead mountain mouth. Après avoir quitté le territoire de la musique copiée / collée rigolote et s’être engouffré dans les méandres du breakcore aux accents grind, Genghis Tron présente maintenant une facette beaucoup plus mélodique, plus metal, plus complexe tout en leur ressemblant toujours autant sans être identique à leur production précédente. Les rythmes de batterie effrénés, le son de clavier et la voix criarde, noyé dans les effets, sont des éléments distinctifs de l’identité du groupe qui permet aux fans de s’y retrouver tout de suite une fois un pied mis dans la maison. Seulement, la peinture a été refaite et l’on ne retrouve même plus les meubles à l’endroit où on les avait laissés. Il y a toujours des chansons courtes mais, il y a aussi des chansons beaucoup plus longues (une première de cinq minutes et une dernière de dix), une voix mélodique plus présente et une alliance toujours plus prononcée entre les riffs de guitares et les mélodies électroniques. Cette dernière influence est d’ailleurs tellement intégrée que la rythmique de conclusion parait même dansante ce qui, pour un groupe que l’on a qualifié de « cyber grind », est une nouveauté surprenante.

Transformation, modulation, exploration et retour sur Terre pour présenter à la population ce que l’on a ramené de ce voyage cosmique. Genghis Tron est un groupe toujours plus à part et ne rentre dans aucune case. Post … quelque chose ? Ou Avant … ? Ou seraient ils juste extrêmement contemporain et capable de synthétiser avec trois paires de mains ce que Meshuggah, Autechre et des dizaines d’autres artistes accomplissent de leur côté pour en faire une collection de dix chansons? Toujours prêt a expérimenter mais pas à faire dans l’expérimental imbuvable et intellectuel, Genghis Tron écrit des chansons avec un début et une fin et des dizaines de rebondissements. De plages en plage on traverse les pièces d’une maison moderne qui a tout de la précision mécanique d’une usine fabriquant des rêves à la pelle mais, où les ouvriers sont des peintres d’une autre dimension qui projettent leur couleurs aux quatre coins pour ne jamais prendre le risque de se répéter. Et la véritable magie de tout cela c’est qu’ils y arrivent et vous invitent au voyage. « I won’t come back alive » pourrait être la musique d’accompagnement d’un voyage entre les étoiles d’une lointaine galaxie. Un space opera réunissant un groupe d’aventurier dont la route serait jonchée de pluies d’astéroïdes impromptues dans le calme spatial. Puis, soudain, l’attaque d’une race extra terrestre précipite les héros dans le doute jusqu’à ce qu’ils triomphent victorieux à l’issue de la chanson, fatigués, leur victoire n’étant annoncée par le riff d’introduction, glorieux et explosif, qu’à la chanson suivante. Ca n’a peut-être pas beaucoup de sens sans la musique derrière mais, ça en a beaucoup dans mon esprit alors que j’écris ces lignes et que les mouvements de la chanson accompagnent mes mains sur le clavier.

Les musiques les plus efficaces et les oeuvres les plus aboutis sont celle qui inspirent l’auditeur et le poussent à créer à son tour. C’est pour cela que je ne peux qu’aimer et être fasciné par Genghis Tron. Disque après disque et écoute après écoute, il y a toujours du neuf chez eux et de raisons de suivre leur progression. Toujours plus d’idées mais toujours plus de cohérence envers et contre toutes les influences et les confrontations les plus improbables. L’écoute de « City on a hill » me laisse ébahi par tant d’idées réunies sur une même chanson de trois minutes. Epileptique mais jamais chaotique ou insensée. Tout a sa place et tout a un sens. Les mélodies sont mis à leur avantage entre des explosions électroniques et rythmiques jusqu’à ce qu’un beat parte tressauter dans son coin et qu’une ligne mélodique fasse son chemin, jamais trop loin. Trois paires de mains mais, surtout trois cerveaux et trois paires d’oreilles attentives à tout. Le trio de musiciens pourrait être une hydre que ça ne m’étonnerait pas tant la symbiose entre les différents instruments est entière. Jamais de formule répétée de chanson en chanson. De Dead mountain mouth à Board up the house, Genghis Tron a franchi un fossé que l’on pensait encore infranchissable et continu à explorer de nouveaux territoire. Véritable cowboys de la musique métallique et électronique totalement décomplexée et jouissive à souhait.

Tracklist :

  1. board up the house
  2. endless teeth
  3. things don’t look good
  4. recursion
  5. i won’t come back alive
  6. city on a hill
  7. the whips blow back
  8. colony collapse
  9. the feast
  10. ergot
  11. relief

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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7 Commentaires

  1. booboo29 says:

    Très bon album vraiment même si à la base la musique électro c’est pas du tout mon trip,,,le son électro est effectivement bien intégrée à l’ensemble.
    Un album qui se dévoile au fil des écoutes.

  2. 1ternot2baz says:

    Chronique et pochette allechantes !!!

  3. Faya says:

    Oh oui, album extremement abouti et bien composé (allier originalité/complexité/efficacité n’est pas donné à tout le monde). Désolé d’avoir douté de ta bonne foi pour le 19 :)

  4. guim says:

    Pour l’instantanné 2008 c’est parfait pas sûr qu’il vieillise aussi bien mais en tout cas l’évolution est là,c’est fluo et flashy,ça a un goût de bonbon et ça a assez de caractère pour savourer sa place au soleil,note totalement méritée de ce point de vue,après,il faut qund même le dire,faut vraiment,vraiment aimer ;)

  5. krakoukass krakoukass says:

    Un des albums de l’année pour moi aussi. Grosse tuerie.

  6. gemini_com says:

    Dans mon top 5 aussi….enfin un groupe qui à l’audace de mixer l’électro/indus au hardcore…en + c’ est réussi

  7. rhymn says:

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