Millencolin – Machine 15

Millencolin - Machine 15

C’est avec l’album Life on a plate (1995) que j’ai découvert Millencolin il y a une bonne paire d’années. A l’époque, le groupe proposait un mélange de punk-rock à la fois énervé et mélodique teinté d’un soupçon de ska, qui est vite devenu la marque de fabrique du quartet Örebro. La recette n’était certes pas des plus originales, mais le résultat se traduisait par une succession de titres entraînants et qui avaient la particularité de vous refiler la patate pour une bonne partie de la journée.
Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts et le groupe s’est petit à petit éloigné des sonorités punk-rock pures et dures, tentant au fil des albums de varier ses compositions et de les orienter vers quelque chose de plus rock.
Après quelques essais tâtonnants et loin d’être des plus convaincants (Pennybridge pionners (2000), Home from Home (2002)), le groupe semblait avoir trouvé le parfait dosage entre ses rythmiques endiablées d’antan et son désir de proposer des titres aux ambiances plus posées avec Kingwood, son dernier album en date parut en 2005.
Il va donc sans dire que le quartet était attendu au tournant par une armée de fans qui pensaient que la formation avait enfin trouvé sa vitesse de croisière et allait continuer à peaufiner son style.
Malheureusement, c’est loin d’être le cas, car avec Machine 15 nos quatre gaillards semblent vouloir titiller un registre nettement plus pop, sans franchement réussir à capter notre attention.
A l’écoute des quinze titres présents sur la galette, on a vraiment l’impression d’entendre une pâle copie de Simple Plan, et c’est là où le bât blesse, surtout pour un groupe actif depuis près de seize années.
Même après un certain nombre d’écoutes, la pilule ne passe pas. C’est mou du genou et hormis une capacité évidente à proposer des titres aux mélodies imparables, on se demande bien quelle mouche à bien pu piquer nos quatre gaillards, tant les compositions sont lisses, monotones, et prévisibles.
Pas un seul morceau ne sort du lot et les quarante cinq minutes qui composent ce nouvel opus prennent alors des allures de véritable calvaire pour l’auditeur qui s’attendait à quelque chose un brin plus stimulant et fouillé.
Le disque en lui-même n’est pas foncièrement mauvais, mais en ce qui me concerne, j’ai vraiment eu l’impression de m’envoyer un seul et unique morceau de trois quarts d’heure, qui reproduit toutes les gimmicks de ce style musical, que les américains ont très justement baptisé « mallcore » (en gros, musique pour ados qui arpentent les centre commerciaux à longueur de journée).
C’est gentil tout plein, ça dégouline de mélodie de partout, c’est bien exécuté, mais nom d’une pipe, qu’est-ce qu’on s’ennuie !

Si le quartet n’a jamais vraiment brillé par son originalité, il avait – jusqu’à présent – au moins le mérite de s’être échafaudé un répertoire reconnaissable dès les premières notes, et qui ne se contentait pas de simplement singer des formations telles que Lagwagon, No Use For A Name, NOFX, ou encore Bad Religion, pour n’en citer que quelques unes.
Avec ce virage à 180 degrés, le combo prend le chemin de la facilité et risque certainement de décevoir les fans de la première heure, qui risquent de ne plus reconnaître grand-chose.
Au final, on se retrouve avec un album qui peut sans problème servir de fond sonore pour siffloter alors que l’on s’affaire à diverses tâches ménagères, mais qui devient vite barbant lorsque l’on y prête une oreille attentive.
A vous de voir maintenant si l’expérience vous tente, mais pour ma part, je préfère passer mon chemin…

  1. machine 15
  2. done is done
  3. detox
  4. vicious circle
  5. broken world
  6. come on
  7. centerpiece
  8. who’s laughing now
  9. brand new game
  10. ducks & drakes
  11. turnkey paradise
  12. route one
  13. danger for stranger
  14. saved by hell
  15. end piece

2 commentaires

  1. A quoi ça sert de chroniquer le nouveau disque d’un groupe (voir d’un style) qui fait le toujours le meme album continuellement ?

  2. Simplement parce qu’il en faut pour tous les goûts…

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  • 633- deadly scenes-coverangrom | 26 février 2015
    6:33 – Deadly Scenes
    @Kane : tu peux taper dans le EP avec Strobl il est fort bon aussi . Moi aussi j'ai du mal avec les fourre tout en général mais là ca marche , et foutrement bien. Je vais aller voir ça à Nantes en avril !
  • 633- deadly scenes-coverKane | 26 février 2015
    6:33 – Deadly Scenes
    Coup de coeur de ce début d'année pour moi. Premier album de 6:33 que j'écoute et du coup je vais me pencher sur ce qui a été fait avant. D'habitude j'ai du mal avec le metal "baroque" qui part dans tous les sens, mais là on a de vraies chansons, de vraies constructions, et ça arrive à être varié mais cohérent.
  • 633- deadly scenes-coverangrom | 26 février 2015
    6:33 – Deadly Scenes
    Je partage ton avis. Je pense que ça risque d'être mon premier achat de l'année
  • cowards-risetoinfamyMarco | 19 février 2015
    Cowards – Rise To Infamy
    très bon album, un PAN DANS TA GUEULE qui fait du bien! (et chro qui résume bien l'album également)
  • angrom | 11 février 2015
    Bilan 2014 – Darkantisthene
    C'est souvent le souci avec les groupes qui ont des discographies de classiques longues comme le bras. passé l'excitation de la découverte on a toujours plus envie de se mettre entre les feuilles un "classic album" que le petite dernier. Ceci dit je trouve que pour un groupe qui a la longévité d'ACDC , Rock Or Bust tient pl...
  • joss | 10 février 2015
    Bilan 2014 – Darkantisthene
    Je ne sais que penser du AC/DC maintenant. J'ai été très agréablement surpris à sa sortie, mais aujourd'hui je n'éprouve plus le besoin de l'écouter... On verra ce que ça donne après l'avoir laissé de côté quelques mois...
  • darkantisthene | 06 février 2015
    Bilan 2014 – Darkantisthene
    j'avais la flemme de ne créer rien que pour eux la catégorie "fait plutôt bien le job", c'est pour ça !
  • angrom | 05 février 2015
    Bilan 2014 – Darkantisthene
    Belle sélection. Je vais en profiter pour rattraper certains trucs que je n'ai pas écouté... AC/DC , déception ? Soyons sérieux par contre.