Treponem Pal – Weird Machine

“Happiness in slavery” n’a jamais été du goût de Adrian Sherwood. Et on le comprend. Pas le même délire. Pas la même culture. Entre Nine Inch Nails et les productions reggae/dub du sieur il y avait un monde. Ou un pas. Et Treponem Pal l’a franchi à l’époque. D’abord avec l’album Higher rencontre entre leur metal indus et le groove du dub. Puis avec l’expérience solo de Marco Neves au sein de son projet dub electro Elephant System. Soit. Sur scène comme en after ça avait de la gueule : une rencontre entre puissance et groove, la quête de l’ailleurs aux travers des nimbes fumeuses. Pourquoi pas. Mais je suis de ces fans pour qui le son Treponem Pal s’est incarné avec Excess and Overdrive, et plus particulièrement avec des titres comme Pushing You To Far, où raisonnait cet indus froid et tribal, naviguant aux confins de l’hypnotique et de la folie dévastatrice. Plus primal, plus violent, plus sombre, ce Treponem Pal là n’avait rien à envier aux gloires de la scène indus d’alors, Ministry en tête.

Alors que dire aujourd’hui du cas Weird Machine ? Qu’il m’est douloureux. La bio parle d’une musique métallique, électronique, ethnique, psychédélique, hypnotique, sidérurgique, éclectique… Et c’est vrai. D’un certain point de vue… Le groupe revendique un feeling punk, veut incarner « le son de la colère qui n’a pas de mélodie » – dixit Johnny Rotten. Pourquoi pas. Mais primo, la culture dub a un autre visage et elle a insufflé à Treponem Pal d’autres horizons. Elle l’a humanisé pour ainsi dire. Secundo, ce n’est pas le tout de faire des effets d’annonce. Il faut l’assumer ce son de la colère…

Malgré les riffs metal, malgré la voix massive de Marco, malgré la présence des guests Ted Parsons (Swans, Prong, Godflesh, Jesu) et Paul Raven (Killing Joke, Prong, Murder Inc, Godflesh, Ministry), la rage a mutée. Cette musique ne percute plus aussi violemment nos entrailles. Le groove amortit les coups. La normalité s’immisce. Et c’est bien là tout le problème… On finit par écouter Treponem Pal comme une énième égérie. Un comble.

Pourtant les compos sont bonnes. Ou tout du moins elle sont calibrées pour être efficaces, assurément taillées pour la scène. Mais où sont ces percussions entêtantes, froides et cinglantes comme un coup de fouet ? Où est cette transe magnifique et dangereuse ? Ou est le son de cette colère ? J’en fais le deuil, ok. Et je me console lorsque Treponem Pal se fait plus lancinant, plus calme – Sonic Life ou Freak machine – développant de nouveau aux travers de mélodies cette veine sombre et insidieuse d’autrefois. Mais la rage n’y est plus.

Et le formatage est à l’horizon.

  1. 1- dirty dance
  2. 2- planet crash
  3. 3- unclean
  4. 4- hardcore massive soldier
  5. 5- the mad box
  6. 6- sonic life
  7. 7- freak machine
  8. 8- human attack
  9. 9- evil angel
  10. 10- one more time
  11. 11- never give up
  12. 12- revolutionist (bonus)
  13. 13- religion (bonus)
  14. 14- manimal (bonus)
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