Envy + Comadre – 27 juin 2008 – Epicerie Moderne – Feyzin

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Hé mec, ça te dirait de sortir ton cul du sofa ? C’est la dernière soirée concert de l’Epicerie Moderne avant la trêve estivale. Au programme ce soir : Comadre et Envy. Une affiche atypique de prime abord mais qui va se révéler des plus jouissives. Comets On Fire, combo américain de rock psyché from Sub Pop Record devait être de la partie. Ils ont décliné l’invitation. Tant pis pour eux.

Ambiance à la cool comme toujours à l’Epicerie, soleil couchant estival, une volute de fumée entre mes doigts, c’est parti pour une soirée rock comme je les aime. Pourtant ce n’était pas gagné d’avance. Entre la tournée française d’Envy compromise sur plusieurs dates, et une autre soirée choc en ville avec le concert de Today is the Day au Sonic, le choix pouvait être cornélien pour certains. Pas tant que ça apparemment puisque le cœur de l’Epicerie cognera au son de 200 âmes ce soir. Pari gagné une fois encore alors que les pré-ventes affichaient tout juste 60 au compteur. La force d’un projet culturel certainement.

Bref  21h30 voit Comadre entrer dans l’arène. Concert punk par excellence pour ce groupe issu de San Carlo, Californie. Apparemment adeptes des tournées mondiales avec cette fois-ci   l’Allemagne, les Pays Bas, la Belgique, l’Autriche, l’Italie et ce soir la France, les cinq membres ce sont installés au cœur de la salle, invitant ainsi le public à les encercler, participer autant qu’assister au show. Si de prime abord, la mise en scène et le set sont de facture traditionnelle pour ce groupe punk, il faudra bien se rendre à l’évidence rapidement. Ce groupe dispense une telle énergie, refuse l’économie d’énergie, investit l’instant présent sans réfléchir à demain. One, Two, Three, Four, It’s right now ! Les premiers effets sont sans appels : sourire sur tous les visages, pogo-slam &co autour, avec, dans le groupe. Aucun doute la soirée est lancée. La formule demeure certes classique, avec ce punk au jeu syncopé, influencé par la scène screamo à la Orchid, mais la débauche d’énergie est telle qu’il est bien difficile d’y résister. On aurait souhaiter un soupçon d’émotion en plus, une créativité un brin plus débridée, mais la reprise finale du «Rather be dead » de Refused mettra tout le monde d’accord. Bon set à n’en pas douter.

A peine le temps de se jeter au bar que Envy investit la scène. Les mecs ont le sourire et l’envie d’en découdre. On a vu en début de soirée le chanteur se prêter avec le sourire au jeu des photos avec certain(e)s fans pour le moins transis. Ici, il n’est plus temps de jouer.  J’ai encore en tête leur set impérial de 2005 au Fury Fest. Les craintes de ne pas retrouver cette puissance, cette émotion, de voir un set uniquement tourné vers leur dernière période, tournent en boucle dans ma tête jusqu’à ce que le set soit réellement lancé. Deux premiers morceaux post-rock issus de leurs dernières productions puis un premier morceau bien screamo, bien accrocheur et c’est parti. Les craintes se dissipent pour finalement se transformer peu à peu en plébiscite. L’alternance entre les anciens et les nouveaux morceaux composera une set list apparemment différente de celle fournit sur les autres dates françaises. Le concert du Hell Fest une huitaine de jour auparavant était, semble-t-il, beaucoup plus axée sur leur versant post rock au grand dame de certains fans. La polémique rode toujours un peu d’ailleurs autour de ce groupe, le public semblant scindé entre les inconditionnels de la période screamo et les fans issus de cette vague plus post-rock. Une certaine pudeur évitera à beaucoup de crier « Aux vendus ! » mais force est de constater que d’une part le public de ce soir est composé de ces deux franges et que d’autres part, les moments les plus intenses se révèlent être les instants de puissance soit a fortiori les anciens morceaux. Pourtant, je dois bien avouer que l’alternance des morceaux old school/new school m’a mis une fois encore une belle claque. Je regrette simplement la mise en scène de 2005 avec ces utilisations moins conventionnelles, plus expérimentales des guitares par exemple. Le fait que la set list ne s’engage pas sur des morceaux postérieur à l’album All the footprints you’ve ever left and fear expecting ahead est un peu dommage mais après tout ils ne sont pas en tournée d’adieu. Pour autant, entre un son une fois encore nickel, une set list variée, une interprétation oscillant toujours entre rage et émotion, une ambiance tout de clair obscure, inutile de nier plus avant : j’ai passé une excellente soirée. Les absents avaient une fois encore tort.

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