Audrey – The Fierce and the Longing

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Style: indie/slowcoreAnnee de sortie: 2008Label: A TenderVersion Recording

J’aurais pu découvrir Audrey sur scène lors de leur tournée européenne au printemps dernier. Il en fut tout autre. Un paquet d’albums promos fraîchement reçu, une alcôve, un sofa, un esprit fatigué s’évaporant au gré des volutes du café – clope et Audrey qui s’abandonne au gré de la tombée du soleil. Les cordes et les voix étaient à l’unisson de cette odyssée crépusculaire. La lumière s’étiolait, encore rougeoyante pour quelques instants. Elle finira par se noyer dans l’obscurité. La musique d’Audrey est à l’image de ces instants, intenses et froids. Peut-être comme ces quatre scandinaves qui composent le groupe ? Quoiqu’il en soit ces quatre suédoises reviennent avec un second album ancré dans l’indie rock dont on imagine aisément les influences des scènes slowcore et post-rock.

Faisant suite à Visible Form, premier album paru en 2006, The fierce and the longing développe ses charmes lentement, calmement. Dès le premier titre, Big Ships, l’espace est envahie de la voix mutine de Victoria Skoglund, la guitare lointaine instillant une certaine dramaturgie à laquelle répondent les cordes du violoncelle. Le charme n’opère pas de suite. Il s’immisce doucement, inéluctablement tant chaque morceau qui s’écoule affirme un peu plus le charisme de ses musiciennes et leur liberté de composition. Les structures nous semblent communes, respectueuses du modus operandi pop. Certes. Mais il existe chez Audrey une force, une expression de la mélancolie qui finit toujours par vous toucher en plein cœur.

C’est peut-être cette alternance des voix, à la rencontre des harmonies de cordes et des arrangements mélodiques ? Ou bien encore ces morceaux tous plus personnels les uns que les autres – chacune de ces quatre filles compose et met en musique ces propres idées. Quoiqu’il en soit, Le résultat est des plus réussis. Que ce soit la voix un rien céleste de Emilie Molin sur Bleak, la voix totalement habitée de Rebecka Kristiansson ou bien encore celle de Victoria un rien plus rageuse sur Black hearts, on s’enfonce dans des paysages musicaux toujours plus sombres, bercés d’une certaine amertume. L’utilisation du piano n’y est certainement pas étrangère. La tension monte sur The Sliver, le ciel devient électrique. Mais la plupart du temps les climax évoluent entre tension et passion, au cœur d’une sensibilité à fleur de peau. Cette sensibilité qui fait de Audrey une nouvelle étoile de la scène slowcore.

  1. big ships
  2. carving and searching
  3. horses are honest
  4. the sliver
  5. bleak
  6. rats
  7. black hearts
  8. next left
  9. northern lights
  10. dalälven
  11. pocket arms
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Commentaire

  1. fewz says:

    Belle chronique pour un bon album de slowcore simple et doux.

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