Black Sheep Wall – I Am God Songs

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Style: sludgeAnnee de sortie: 2008Label: *shels Music

Le mur du mouton noir. Il fallait s’y attendre, après des dizaines d’années, tous les noms de groupes vraiment géniaux et faciles à retenir ont déjà été pris. Reste donc aux nouveaux groupes à s’inventer des patronymes en piochant un peu partout. D’où : le mur du mouton noir. Heureusement, ce jeune groupe n’aura pas besoin d’un nom marrant pour que vous vous souveniez d’eux. La raison en est simple : quand on est frappé par l’équivalent sonore d’une masse de trente tonnes, on a tendance à s’en souvenir. Mieux encore, quand on fait partie des sadiques dans mon genre, on y revient même avec plaisir et on en redemande.

Originaire des états-unis, Black Sheep Wall est en quelque sorte le résultat d’une expérience qui consisterait à fusionner Meshuggah et Unfold puis les plonger dans un bain de pétrole. Le résultat serait donc une machinerie qui oscillerait entre la polyrythmie et les textures post hardcore avec une lourdeur et une noirceur massive. Gras et violent, Black Sheep Wall ne plaisante pas.

Le bref moment qui introduit la première chanson où l’on entend une voix dire « alright … we’re recording » est un excellent moyen d’immerger l’auditeur dans l’univers du groupe en le frappant d’abord d’un grand coup quand il s’y attend le moins. La production y est pour beaucoup. Bien qu’auto-produit (et récemment signé sur le label de *shels), le disque a largement de quoi rivaliser avec les grosses productions des gros labels sans le côté totalement artificiel de ceux-ci. Bien que la batterie soit bien mis en avant et ne sonne pas naturel du tout ce n’est pas un désavantage pour ce groupe dont les riffs sont déjà tellement massifs qu’ils n’ont rien de normaux. Le groupe tourne toutefois et n’est donc pas un nouveau projet studio. Reste à savoir ce que valent leurs performances live.

En tout cas, au vu de ce premier effort de neuf titres, l’ampleur du carnage a le potentiel d’être mémorable. Sans jamais accélérer, la musique de Black Sheep Wall écrase par le seul poids de ses instruments compacts en un seul bloc. Couplé à une voix graveleuse et rageuse, la performance essouffle mais ne perd pas en intensité grâce à des plages de tailles variées allant de sept à trente secondes (la dernière plage de 13 minutes étant plus une outro qu’une véritable chanson). Les textures post hardcore en revanche donne l’occasion aux rythmiques massives de se reposer. Le contraste permet des variations d’émotions au sein d’une même plage. On ne reste pas focalisé sur une violence aveugle mais, l’on passe du déferlement à l’apaisement pour revenir ensuite à la lourdeur la plus monolithique qui soit.

Black Sheep Wall n’est donc pas qu’un groupe au potentiel impressionnant mais, dont la capacité à créer une musique originale et massive est d’ors et déjà évidente. Il ne reste donc plus qu’à ce groupe à se trouver un public. Avis donc aux amateurs de son lourd, lent et gras, vous avez trouvés votre nouveau monstre.

  1. nihility
  2. care by carcinogenic
  3. djewbf348thoqab
  4. modest machine
  5. myolden
  6. lamb…gayy
  7. d327h2qwbref2 5g2
  8. ten fucking billion
  9. xiomara

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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6 Commentaires

  1. Crown_Me says:

    Album de l’année, ni plus ni moins! 6 mois après, toujours pas remis de cette lourdeur inhumaine…

  2. kaosworks says:

    putain pareil, totalement dingue ce skeud.
    en boucle.

  3. Coin says:

    Très bon album, qui va être réédité en septembre après remaster. C’est tout de même pas autant lourd que le Aeon Aony de Unfold qui bat tout dans le domaine mais c’est déjà bien rare d’en arriver là. Bravo.
    Par contre j’appelle ça plutôt du Post-Doom que du Sludge, le sludge m’inspirant un côté plus groovy.

  4. Ø says:

    Ce disque c’est un parpaing dans la gueule

  5. Rémi says:

    un peu d’Unfold pour la lourdeur, Kongh pour la lenteur, Meshuggah pour la syncope et Zatokrev pour la hargne, mais tout ça x10!!!!! Enorme!

  6. gros_geek says:

    Pour info Black Sheep Wall c’est un cheat-code de Starcraft qui permet de voir toute la carte.

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