öde – Schimmenwoud

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Style: black metalAnnee de sortie: 2008Label: Total Holocaust Records

Eh ben on l’a échappé belle avec ces loustics blackeux : non seulement ils sortent leur premier album sur Total Holocaust records (label qui, selon moi, multipliait ces dernières années les signatures à la con) mais en plus ils sont néerlandais. Or s’il y a bien un pays européen qui pue des genoux en matière de black metal, c’est les Pays-Bas (et je ne dis pas ça parce qu’on s’est pris un bon gros 4 – 1 à l’Euro). En toute logique, ce Schimmenwoud, au patronyme à coucher dehors sous ce froid de canard qui régit ce que nous appelions auparavant l’été, aurait dû finir à la poubelle sans même avoir le temps de faire retentir sa 40ème minute.
Eh bien que nenni, vous l’aurez compris. Et pourtant, il a frôlé la correctionnelle lorsque le sieur Haegl a ouvert son gosier pour nous asséner ses vocaux démono-alcoolisés chers au black non belliqueux. Car il ne s’agit pas ici de proposer des déflagrations hypersoniques aux relents guerriers ou autres ambiances épiques à la sauce claviers André Rieu. On est clairement en pays dépressif version « il me reste 48 heures à vivre dans d’atroces souffrances parmi des congénères valant moins que la bile qui jaillit du plus profond de mes entrailles ». Dépressif mais pas larmoyant. Car le premier nom qui me vienne à l’esprit à l’écoute de l’art macabre de Öde, c’est celui des Français (qui reviennent quand ils veulent, hein !) de Nehëmah. Leur faculté à asséner des riffs glaciaux et noirs comme une forêt sombre où il ferait super froid (et sombre) sur fond de tempos rapides ou plus lancinants me ravit personnellement au plus haut point. L’introductif « Tot de leegte wederkeren » est à ce titre un petit bijou qui n’aurait pas démérité sur Light of a deadstar avec sa structure simple mais redoutablement efficace.
Mais, un peu comme si cela découlait de leur situation géographique, notre pays n’est pas le seul à figurer en ligne de mire de cet assaut prometteur puisque la Scandinavie et ses paysages sombres et glaciaux tels des contrées où il ferait mega super froid (et vraiment sombre) pourrait parfaitement réclamer une certaine maternité. A l’écoute de « Schimmendans », je pense plus précisément à la Finlande et l’un de ses meilleurs fleurons en la matière : Baptism. Et comme si ça ne suffisait pas, comme si on parvenait encore à trouver que la journée apportait son lot de bien-être, voilà que déboule les lames acérées de l’hypnotique « Hetgeen wat niet had moeten zijn » aux forts relents Burzumiens. Si la suite n’est pas du niveau des 3 premiers titres (« Ik verafschuw hen » et l’instrumental « Door donkere wouden » sont un tantinet monotones), elle ne manque pas pour autant d’intérêt, loin s’en faut.
Une réelle découverte, donc, en ces jours sombres et froids comme des jours où il fait pas très chaud et où on voit pas très bien.

  1. tot de leegte wederkeren
  2. schimmendans
  3. hetgeen wat niet had moeten zijn
  4. ik verafschuw hen
  5. door donkere wouden
  6. dood

Chroniqueur

Darkantisthène

Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

darkantisthene a écrit 276 articles sur Eklektik.

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3 Commentaires

  1. guim says:

    Si je m’attendais,très bonne découverte,je ne connaissais pas le groupe,merci mr

  2. Silenius says:

    Le titre en écoute donne effectivement l’eau à la bouche.Merci Mr le prospecteur des ténèbres.

  3. Hoover says:

    D’accord avec Silenius, l’extrait fait bien envie!

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