Helloween – Keeper of the Seven Keys Part 1 & 2

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Style: heavy metalAnnee de sortie: 1987Label: Noise Records

C’était il y a bien longtemps, dans un monde peuplé de créatures extraordinaires. Au fin fond d’une forêt enchantée vivaient cinq gais lutins. Il y avait d’abord Kai, le chef à la voix de crécelle mais qui jouait fort bien de la cithare électrique, Michael le Brun qui jouait aussi de la cithare en fumant de l’herbe à bougonner, Michael le Blond le lutin chanteur, doté d’une voix dont la hauteur défiait les étoiles, le jovial Markus dit ‘La Grosse Tête’ et sa cithare à quatre cordes et enfin Ingo le joueur de tambourin à l’énergie débordante. Et chacun d’astiquer son manche, d’exhiber son imposant organe et de taquiner ses grelots sans aucun sous-entendu d’ordre moral. Ils étaient heureux et chantaient des chansons à tue-tête sans se soucier du temps qu’il faisait.

Mais il advint qu’un jour, un mauvais roi les captura et les introduisit dans le sombre trou qui lui servait de forteresse.
– Ainsi donc dit-il, vous êtes heureux et vous chantez vos chansons à tue-tête sans vous soucier du temps qu’il fait ?
– Oui dit Kai, le narrateur l’a déjà dit dans le paragraphe précédent, il faudrait suivre un peu votre Altesse !
– Silence ! Et puisque vous avez la langue si bien pendue vous allez me dire votre secret !
– Mais quel secret ? reprit Kai.
– Mais celui qui fait que vous êtes toujours heureux !
– Oh mais il n’y a pas de secret, nous autres gais lutins sommes heureux par nature.
– Tiens donc, même enfermés dans ce sinistre château ? C’est ce que nous allons voir !
– Il serait temps votre Altesse, parce que les lecteurs commencent à décrocher, là…
– Et bien je vous mets au défi ! Il y aura un grand banquet ce soir ! Si vous réussissez à dérider ma cour, je vous laisserai aller en paix sinon…
– Sinon quoi ?
– Sinon je vous livrerai à mon terrible bourreau qui se fera un plaisir de vous émasculer !
– Comme c’est cruel ! Enfin Michael le Blond ne devrait pas souffrir, il l’est déjà…
Les lutins s’esclaffèrent comme des baleines.
– Cétacés ! dit le roi. Nous verrons bien qui rira le dernier.
– Kai rira le dernier si je puis me permettre votre Majesté ! répliqua Markus hilare.
– Gardes ! appela le roi, qu’on les bâillonne et qu’on les enferme jusqu’à ce soir dans le plus profond cachot !
– Nous bâillonner ? Nous qui sommes des gens bons du pays ?

Sur ce calembour miteux, ils furent traînés hors de la salle. Le soir même, un grand banquet fut dressé. Toute la cour était réunie, morne et triste comme à son habitude. La grande salle résonnait de soupirs d’ennui et de lamentations marmonnées. On fit entrer les lutins. Le roi demanda le silence.
– Lutins, vous connaissez votre défi ! Distrayez nous ou il vous en cuira !
– Avec joie votre altesse ! crièrent-ils d’une seule voix.

Les lutins prirent place au centre de la salle et observèrent l’assemblée. Il était grand temps de lui redonner vie. Les premières notes de musique s’élevèrent dans l’indifférence générale. Mais les lutins avaient plus d’un tour dans leur sac et ils connaissaient leur affaire. Pour les bouffons dépressifs, ils jouèrent d’abord de joyeuses ritournelles qui firent rapidement éclore des sourires (’Dr Stein’, ’Future World’). Ils touchèrent le cœur des dames avec des ballades d’amour qui leur tirèrent des larmes (’A tale that wasn’t right’). Ils redonnèrent du courage aux pleutres chevaliers grâce à des chansons pleines de refrains altiers (’Twilight of the gods’, ’Eagle fly free’). Sans faiblir un instant, ils jouèrent leurs meilleurs airs, donnant un spectacle à la fois réjouissant et éblouissant. Il n’y eu pas une seule fausse note. Kai et Michael le Brun s’en donnaient à cœur joie dans de virtuoses duels de cithare. Markus n’était pas en reste et ses quatre cordes se faisaient entendre haut et fort. Ingo, quant à lui martelait son tambourin et donnait un rythme effréné à l’ensemble. Quant à Michael le Blond, il brillait de mille feux, faisant retentir sa voix bien au-delà des voûtes pourtant hautes du château (‘We got the right’). Ce fut un formidable spectacle, chacune des nombreuses chansons des lutins touchant l’un ou l’autre, jouant sur une palette d’émotions et de thèmes qui semblait ne pas avoir de limite. Du rire aux pleurs, en passant par l’héroïsme le plus échevelé, personne n’échappa à l’ouragan musical que les joyeux compères firent souffler sur la cour.

Seul le roi restait stoïque sur son trône, s’apprêtant à donner la chasse aux lutins. Fort heureusement il tomba à court de papier. Ces derniers se concertèrent alors et prirent la décision de jouer leur va-tout. Sur un arpège mélodieux, ils entamèrent une longue et splendide épopée (’Keeper of the seven keys’). Dès les premières envolées, le cœur du roi se gonfla ainsi que quelques autres corps caverneux que la décence nous interdit de citer ici. La musique déjà remarquable avait cette fois pris un tour absolument époustouflant. Chacun se disait que cette chanson resterait gravée dans les mémoires, avec ses couplets bondissants, ses refrains superbes à reprendre en chœur et ses interludes captivants ! L’ensemble de l’assistance bascula. Les chevaliers martelaient le rythme de leurs gantelets d’acier, les dames tremblaient au récit des aventures du héros et le roi lui-même battait des mains. Les lutins jouaient à l’unisson, au sommet de leur art. Lorsque retentit de nouveau l’arpège désormais légendaire qui vint clôturer la chanson, toute la cour les acclama.

Quand les ovations se turent, le roi reprit la parole.
– Le défi a été relevé mes petits amis ! Vous avez réussi à me divertir, dit le roi, mais j’ai une surprise… je n’ai aucune envie de vous libérer, vous allez donc rester à mon service !
– Si vous le permettez messire, répondit Michael le Blond, nous vous avons aussi réservé une surprise. Nous allons utiliser la magie ! Connaissez-vous le sortilège des cinq peurs ?
– Des cinq peurs ? Oui, bien sûr ! Mais vous n’avez tout de même pas la prétention de l’utiliser sur moi ?
– Bien sûr que non, nous avons mieux… voici l’incantation des six trouilles !

A cet instant le lecteur effaré contacta l’administrateur d’Eklektik pour exiger le renvoi du chroniqueur, mais ceci est une autre histoire…

  1. keeper of the seven keys part 1
  2. initiation
  3. i’m alive
  4. a little time
  5. twilight of the gods
  6. a tale that wasn’t right
  7. future world
  8. halloween
  9. follow the sign
  10. keeper of the seven keys part 2
  11. invitation
  12. eagle fly free
  13. you always walk alone
  14. rise and fall
  15. dr. stein
  16. we got the right
  17. march of time
  18. i want out
  19. keeper of the seven keys

Chroniqueur

alchemist

Chroniqueur inter mi-temps, amateur de chats, de Metal mélodique sous toutes ses formes, de fromages de caractère, de bons bouquins, de radios intelligibles... et de zombies.

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3 Commentaires

  1. krakoukass Krakoukass says:

    La fête du calembour cette chronique! Quelle inspiration mon petit Alchi… Quant à la musique tu te doutes bien que ce n’est point ma tasse de thé…

  2. Monster says:

    Ouaip moi j’exige le renvoi du chroniqueur pour excés de calembours douteux !! Sinon pour la musique, je voue un culte au morceau « Halloween » sur le 1er Keeper. Un pur monument ce titre !

  3. Angrom Angrom says:

    Excellente chro, mais surtout excellents disques… Fondateurs du heavy metal. Ca m’a bien fait plaisir de voir enfin le groupe en live au dernier HF, avec le titre Halloween si cher à Monster…

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