31knots – Worried Well

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Style: math rockAnnee de sortie: 2008Label: Polyvinyl Records

Je vous préviens tout de suite : si vous vous attendez à un avis nuancé sur ce disque, passez votre chemin, je suis depuis très longtemps entièrement dévoué à la cause de 31 Knots. Article de propagande ? Je ne l’espère pas non plus.
Reprenons au début, 31 knots est un trio de Portland formé en 1998 qui voit son line up définitif apparaître en 2003 avec l’arrivée de Jay Pellici à la batterie, géant au bras gauche surpuissant vous cassant un tympan par coup de caisse clair. Si le groupe officiait dans une musique directe assez influencée par le math-rock (on sent que June of 44 ou Don caballero sont passés par là) sur ses premiers albums, leur précédent opus, avec l’apparition de samples et d’arrangements plus complexes, avait surpris sans totalement convaincre la groupie que j’étais, le tout étant peut être un peu trop ampoulé à mon goût.

C’est donc avec un certain scepticisme que j’abordais la première écoute de ce Worried Well. Pourtant, dès les premiers titres, mes craintes s’envolent, les samples sont toujours présents mais plus en tant qu’accompagnants que d’éléments prépondérants (sans pour autant être inutiles, au contraire). Le groupe a même retrouvé un élan mélodique qui lui manquait peut-être dans le précédent à force d’avoir la tête plongée sur le pc pour bidouiller les arrangements. Un album moins complexe ? Ah là non, mon cher ami, je vous arrête, le groupe réussit la prouesse de passer d’un rock nerveux à une balade sur fond d’électronique sans jamais que l’auditeur s’impatiente au vu du manque d’action de certains morceaux calmes. On navigue donc dans des eaux mouvementées, sur des airs brechtiens (« strange kicks »), pour atterrir dans un troquet qui sent l’alcool et le tabac où tout le monde chante en chœur, on rencontre là une fille mystérieuse, et de chuchotements en chuchotements on s’endort pour être prêt pour de nouvelles aventures. On sera donc charmé et captivé par ces charmantes montagnes russes qui laissent entrevoir un groupe qui, mine de rien, modifie la face de la pop sans pour autant se compromettre dans des mélodies racoleuses et des arrangements doucereux.
Pour ne pas paraître trop impartial je mettrais une grosse réserve sur le titre « upping mandate », où une tentative de faire de la soul-pop de qualité qui se transforme en raté cuisant mais qui a l’avantage d’être placé à la fin de l’album, nous donnant directement envie de remettre l’album dès le début.

Car comme vous l’aurez sans aucun doute compris, ce disque est une immense machine à tubes (« compass commands », « certificate ») aux guitares racées et aux arrangements ambitieux, qui pioche dans tout ce que le rock actuel peut faire de bon pour en sortir une musique novatrice, totalement jouissive, et qui fait beaucoup de bien par où elle passe. Je vous ai dit qu’en plus ils étaient extraordinaires d’énergie en live? Et ben alors, foncez écouter cette pépite et moi j’attends le prochain avec beaucoup d’impatience.

  1. baby of riots
  2. certificate
  3. the breaks
  4. something up there this way comes
  5. take away the landscape
  6. strange kicks
  7. opaque
  8. worried but not well
  9. compass commands
  10. statistics and the heart of man
  11. upping the mandate
  12. between 1 & 2
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2 Commentaires

  1. kollapse says:

    De l’année 2008, 31 knots sera certainement l’une de mes plus belles et mémorables découvertes. « It was high time… », puis « A word is also a picture… » mais en cours de route je me suis naturellement arrêté à ce nouvel album. Une fois de plus, c’est sans doute possible une totale réussite. Complexe dans ses structures mais pourtant toujours catchy, cet album se veut en effet dans l’ensemble plus tubesque, mais tout en gardant ce qui fait la force et la caractéristique du groupe : cette constante envie de se renouveller, oser, et souvent faie mouche. 31 knots est un groupe libre, et sa musique fait vraiment, mais vraiment, beaucoup de bien. Jouissif, ouais, c’est vraimente le terme :-). Très bonne chro au fait, somath ;-)

  2. shaq says:

    Non seulement ce Worried Well se paye le luxe d’être différent et captivant, tout en restant 100% 31K, mais il passe très bien le cap du live ! Seul point noir pour moi : le groupe nous avait habitué à de chouettes pochettes…

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