Amanda Woodward – Meurt la Soif Ep

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Style: screamoAnnee de sortie: 2006Label: Level Plane

Amanda Woodward est incontestablement un des groupes les plus marquants la scène screamo française avec son remarquable premier album, La Décadence de la Décadence, qui fait lui-même suite à plusieurs démos et EP.

Je garde toujours un attachement envers ce groupe qui m’a en partie initié à cette musique, même si paradoxalement ils sont un peu à part musicalement, avec toujours un truc à eux qui fait qu’on reconnait leur style sans difficulté, les mélodies rock balancées avec finesse, le groove d’une basse bien présente, une rythmique punk qui envoie, un chant vindicatif à l’émotion palpable et aux paroles en français singulières.

Dommage que le groupe se fasse si discret depuis quelques temps, même si l’enregistrement d’un nouvel album semble être probable dans un futur plus ou moins proche. Cet EP, sorti en 2006, est le dernier enregistrement en date du groupe et est sorti en parallèle sur le label (et accessoirement disquaire/mailorder basé à Caen) Paranoïd Records, auquel on doit également dernièrement le dernier Microfilm, et sur Level Plane Records, label américain ayant fait connaitre pas mal de groupes majeurs de la scène emo/hardcore dont Envy et Gospel.

Musicalement, les 2 titres de l’EP sont droit dans la lignée de La Décadence…, « Meurt la Soif » déboule dans l’urgence, screamo avec un feeling pas possible, mélodies acérées mais un son qui reste rock, ne versant pas dans le surplus de saturation. La fin de ce titre correspond au début du suivant, les 2 morceaux étant naturellement destiné à être joués à la suite, ce que le groupe fait en concert. « Un peu d’étoffe » présente une face plus mélancolique du groupe, qui d’ailleurs plaçait des plans quasiment dubs avec des lignes de basses bien rondes et groovy dans ses premières productions.

Les chansons en français m’ont toujours passablement emmerdé, quand ce n’est pas importuné, et c’est justement une gageure que les paroles d’Amanda Woodward arrivent à me toucher. Sur ces 2 titres, comme à l’accoutumée, les paroles sont chiadées, le français résonne bien distinct comme autant de coups de canifs, les métaphores crachent la misère avec poésie du désespoir, mi-parlée, mi-hurlée, un peu à la manière d’un Céline au niveau de la forme avec un fond contestataire un brin politisé mais surtout désabusé sur la vie contemporaine.

Plutôt qu’un discours, voici le texte d' »Un peu d’étoffe » :
Les crevards ne savent que boire, et les crevés que faire, pour s’en defaire.
Faudrait parler tissu social.
Par manque d’étoffe, on s’égare un peu tard.
Avec un peu plus d’étoffe, on finirait mal ce soir.
Les nuits font les crevards, et les crevards sortent tard.
Les nuits produisent l’ennui, leur produit, des crève-tard, qui croisent des crève-tot, qui ne mâchent pas leurs mots, car oui maintenant c’est trop.
Et ça sème des dents, défoncé jusqu’à l’os, parmi les gravats, parmi les crève-tôt.

Tout est bon chez Amanda Woodward et cet EP ne me démentira pas, 2 titres seulement, mais dignes d’être passés en boucle. Ça fait du bien de retrouver le groupe mais c’est un peu bref, ça nous rappellait à peine à l’époque que le groupe était toujours bien vivant et on attend encore avec impatience un nouvel album qui se fait trop attendre.

  1. meurt la soif
  2. un peu d’étoffe
jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 499 articles sur Eklektik.

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