Daylight Dies

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Les Américains de Daylight dies ne sont pas assez connus, ni reconnus à leur juste valeur. Les Cassandre aux oreilles peu attentives ont tendance à ne voir en eux qu’une copie de Katatonia et Opeth. Je suis convaincu du contraire. Et ce n’est pas leur dernier album en date, Lost to the living, qui viendra me faire renoncer à leur offrir quelques modestes coups de projecteur. La chronique bouclée, il ne manquait que la classique interview pour enfoncer un peu plus le clou. C’est Jesse, batteur de son état, qui s’y est collé.

Avant toutes choses, j’aimerais commencer cette interview par une confession : je pense que vous avez tranquillement sorti votre meilleur album et probablement l’une de mes sorties metal préférées pour 2008 ; ma première question sera donc la suivante : qu’attendez-vous pour sortir les 4ème et 5ème ?

Merci ça fait vraiment plaisir d’entendre ça !

Revenons à vos débuts pour le public français qui ne vous connaît pas vraiment : en-dehors de votre origine (les USA), votre style (doom death atmosphérique), selon toi, que doit-on savoir sur Daylight dies ?

Nous avons créé un dark metal mélancolique depuis environ 2000 à travers 3 albums. Nous sommes un groupe dominé par les guitares, tu ne trouveras donc pas des claviers de manière prédominante – l’atmosphère est en effet plutôt créée par quantité de couches de guitares : murs rythmiques, leads, clairs, acoustiques, etc

Dis-moi si je me trompe mais j’ai l’impression que le song writing de Lost to the living est… comment dire, plus naturel peut-être, le groupe semble plus confiant ; Dismantling devotion (2ème album, 2006) semble plus complexe, plus progressif, une sorte d’album transition. Cette fois-ci, le song writing a-t-il été plus facile ? le groupe fonctionne-t-il de manière plus harmonieuse que par le passé ?

Je ne dirais pas que le song writing a été plus “facile” que pour Dismantling devotion, mais nous l’avons écrit dans un laps de temps plus court. Nous avons eu quelques soucis importants entre nos débuts (No reply, 2002) et Dismantling devotion, comme intégrer un nouveau vocaliste, trouver un nouveau guitariste, parcourir les labels, etc. Heureusement, cette fois nous n’avons pas rencontré tous ces soucis, nous avons donc pu nous concentrer sur l’écriture sans être distraits. Nous étions également très fiers de Dismantling devotion et avons essayé nombre de nouveaux éléments sur cet album ; et nous avons été ravis de la manière dont ils ont émergé. Nous nous sommes donc sentis cette fois plus confiants en essayant encore plus de nouvelles idées.

Ce 3ème album est marqué par une place plus importante laissée aux vocaux clairs. Ils ont été assurés (et très bien assurés) par votre bassiste. Aviez-vous déjà cette idée à l’esprit ou bien vous est-elle venue au fil de l’enregistrement ? Est-ce un aspect du groupe que vous souhaitez développer ?

Nous avions des vocaux clairs sur 2 titres sur Dismantling devotion et ça fait justement partie des éléments avec lesquels nous voulions continuer sur Lost to the living. Nous ne voulions pas que cela domine l’album mais cette fois nous avons entièrement dédié 2 titres aux vocaux clairs et on a trouvé que ça rendait vraiment bien.

Comment réagissez-vous quand les chroniques de vos albums comprennent les mots « Katatonia » et « Opeth » ?

Je pense que nous avons développé notre propre son mais ces 2 groupes ont été des influences à nos débuts et je continue de penser qu’ils sont incroyables… c’est donc flatteur d’être cité aux côtés de ces groupes fabuleux. Je pense que tout le monde utilise les groupes comme points de comparaison pour décrire un groupe que personne n’a encore entendu, c’est logique. Mais bien sûr c’est un peu décevant si la chronique ne va pas au-delà de ça, n’entre pas également dans le détail de notre propre identité musicale.

Quels sont les thèmes des paroles de Lost to the living ? Les paroles sont-elles aussi importantes que la musique ou bien ne sont-elles qu’un complément nécessaire ?

Il ne s’agit pas d’un concept album mais l’un des principaux thèmes est « la perte ». La perte d’un ami, la perte de la jeunesse, la perte de la soif de vivre que l’on a lorsqu’on est jeune. Un autre des thèmes majeurs est l’apathie qui découle pour nous tous de l’inertie de la vie quotidienne. Le poids du quotidien sur la passion pour la vie.

Où voudriez-vous jouer pour la promotion de votre dernier album ? Certains styles de musique prennent toutes leur dimension en live ; pour moi, ça n’est pas vraiment le cas du style que vous pratiquez qui implique une sorte d’écoute solitaire ; quelle est ton opinion ?

En réalité, nos shows sont un concentré d’énergie. Nous essayons, autant que faire se peut, de traduire sur scène toute la passion qui nous anime lorsque nous écrivons notre musique. Nous aimerions jouer dans n’importe quel endroit qui se prêterait à l’atmosphère de la musique – de bons lights, un bon son et surtout une foule passionnée.

Quel genre de relations entretenez-vous avec vos fans ?

Nous avons la chance d’avoir des fans très dévoués. Nos relations sont presque des relations d’amitié instantanée – on ne va pas se cacher en backstage, c’est un plaisir de parler avec ceux avec qui vous avez autant de choses en commun, ce qui est souvent le cas pour ceux qui écoutent notre musique.

Les project bands sont de plus en plus présents dans le metal ; est-ce que Daylight dies échappe à la règle ? Aucun projet de black metal extrême satanique ou de free electro jazz ?

non, pas du tout.

Quels sont tes groupes non metal favoris pour cette année ?

J’ai vraiment aimé le Shadows of the Sun d’Ulver et Drown in a Sea of Sound de The Daysleepers.

Connais-tu des groupes de doom death atmosphérique français ?

Oui je connais The Old Dead Tree… et d’autres groupes français comme Elend. La France a une forte tradition de groupes excellents.

Si tu ne t’étais pas exprimé à travers la musique, aurais-tu traduits tes sentiments d’une autre manière ? Cinéma ? Littérature ? Poésie ? Peinture ? Horticulture ? Ou bien la musique est-elle une nécessité absolue ?

La musique est une nécessité absolue, mais personnellement je trouve la créativité dans bien d’autres voies. J’adore le cinéma, j’apprécie également le simple fait de filmer des objets sans intérêt, la nature, les animaux et de les éditer… enregistrer la vie comme elle va.

Des artistes ou groupes américains que tu aimerais faire connaître à mes compatriotes ?

The Daysleepers de New York (que j’ai mentionné un peu avant dans l’interview) ont sorti cette année un superbe album de shoegaze/post-rock proche de Slowdive. Définitivement à conseiller à ceux qui apprécient ce style.

Quels sont tes projets pour le reste de l’année ?

Personnellement je pars à New York dans un mois ou deux, et je me démène pour mon boulot (travailler à garder McCain loin de la Présidence)… Et puis Daylight dies joue bientôt à l’ Indianapolis Metalfest (NDLR : le dernier week-end de septembre).

A part la lumière du jour et cette interview, qu’est-ce qui meurt de nos jours, selon toi ? Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Comme nous avons essayé de le faire comprendre sur Lost to the living, la passion et la soif de vivre, expérimenter les choses avec la fougue que nous avions tous étant jeune avant de lentement sombrer dans l’apathie au fur et à mesure que nous vieillissons. Je lutte aussi durement que je peux pour y résister… quelle est la valeur de la vie lorsqu’elle n’est qu’une pâle ombre de ce qu’elle est supposée être ?
Si vous lisez ceci, merci d’aller nous rendre visite sur daylightdies.com. Merci pour l’interview.

Chroniqueur

Darkantisthène

Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

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2 Commentaires

  1. guim says:

    L’ ombre d’Ulver plane encore sur 2008! Je connais pas le groupe, c’est l’occasion d’essayer de voir ce que ça vaut, ils ont l’air plutôt simples et posés, je te fais confiance si tu dis que c’est bon.

  2. darkantisthene says:

    satisfi ou remboursi, la vie dm’a race !

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