October Falls – The Womb of Primordial Nature

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Style: atmospheric black metalAnnee de sortie: 2008Label: Debemur Morti Productions

En chroniquant l’an dernier le sympathique EP The Streams of the End, je voyais bien Mikko, jeune ermite finlandais aux phalanges de mercière, claquer tôt ou tard un truc de malade. Tôt, ce sera. The Womb of Primordial Nature est à proprement parler un album modèle, quitte à flirter de très près avec le dogmatique. L’alternance rigoureuse d’intros/outros acoustiques avec le noyau métallique des morceaux – qui intègre souvent une déclinaison des thèmes acoustiques – évince toute idée de surprise, mais le parti pris a du répondant. La musique y gagne en limpidité et en constance, exactement les vertus dont elle a besoin et qu’elle s’efforce de faire respirer. L’album opère en effet comme un cycle, ses quatre temps comme les saisons de ce cycle, il est normal d’y trouver des jalons, des coutumes, gardiens du passage et de l’immuable. Une fois que l’on s’est fait à cette idée, il n’y a plus qu’à se laisser glisser comme un flocon sur l’haleine du grand froid, plus qu’à explorer la nature primordiale derrière les yeux du loup, suivre sa trace furtive et ses chemins ancestraux. Derrière une texturisation soignée, la musique d’October Falls est étourdissante de simplicité, si bien que son charme atteint l’oreille aussi instantanément que le premier givre hivernal rougit le bout du nez. Elle me rappelle Bergtatt. Elle a la même classe nonchalante dans ses envols, tenus en chairs par une double pédale presque systématique – encore une option artistique que l’on peut juger “facile”, mais qui s’avère payante au global. Les guitares ont cette patine amère et soyeuse à la fois, toute finlandaise, héritée entre autres de Thy Serpent. Elles s’emparent des parties mid-tempo avec autorité pour dessiner des courbes mélodiques d’un raffinement souverain, à se fredonner aux étoiles, la gorge saturée d’ivresse. Le chant est au diapason de l’atmosphère, habilement filtré pour mimer la consistance de la brume, suffisamment puissant pour s’assurer la discipline des autres locataires du mix. Efficace. La présence passagère de drones chamaniques discrets supplée avantageusement la tentation du synthé et appuie le côté solennel et tout simplement crédible de la signature sonore d’October Falls. Un des plus beaux albums de metal nordique des années 2000.

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Commentaire

  1. krakoukass Krakoukass says:

    Excellent album, tout à fait d’accord. Pas aussi référentiel quand même pour moi, mais ça reste du très bon niveau, plus que recommandable.

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