Red Harvest – The Red Line Archive

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Style: apocalypse cyber metalAnnee de sortie: 2008Label: Season Of Mist

A l’instar du 1984 de Georges Orwell, Red Harvest est un groupe dont la vision futuriste de l’humanité n’est plus un rêve mais, une réalité. Fear Factory et d’autres groupes de metal futuristes ont prédit l’avenir en imitant les auteurs de cyber punk créant une fusion entre l’homme à la machine. Mais, enfermé dans un manichéisme amusant mais bien peu réfléchi par rapport aux œuvres complexes de William Gibson (auteur de Neuromancien, un des romans fondateur du genre) ou de Red Harvest. Un groupe de norvégiens dont la vision du futur ne s’est pas embarrassé d’analogie trop forte aux robots mais décrit l’humanité descendre de plus en plus profondément dans une dépendance aux mécanismes bien huilés et à la froideur mécanique des machines qui étaient censées nous servir.

Cette froideur métallique fusionnée à la chair, Red Harvest ne la décrit pas mais la fait ressentir à travers une collection d’albums tous plus exceptionnels les uns que les autres. Une carrière qui continue encore aujourd’hui mais s’offre le luxe d’un album mélangeant remixes et chansons déjà présentes sur des albums studios.

On peut d’abord s’interroger sur la raison de titres, néanmoins excellents, comme « Last call », « Synthesize my dna » et « Desolation ». Jusqu’à la fin de ma première écoute j’ai été surpris jusqu’à me demander s’il n’y avait pas une erreur dans le tracklisting du disque. Ce n’est qu’à la deuxième écoute que je me suis rendu compte à quel point ces titres convenaient juste parfaitement au contenu du disque. Composé de remixes accentuant les ambiances mécaniques et les influences industrielles et EBM, the Red Line Archive est une occasion pour Red Harvest de mettre en valeur l’aspect strictement électronique de leur musique.

Sans même tourner autour d’un concept ou nécessiter un enchainement de chansons de manière aussi organique que celui dont bénéficie les albums studios de Red Harvest (avec en tête Cold dark matter et Sick transit gloria mundi, deux véritables disques mondes), le début de la première plage est une mise en apnée directe dans une vision du monde bien particulière. La perception des alentours change alors du tout au tout et l’on adapte son rythme et sa vision à celle que projette la voix de Khan, charismatique chanteur à la voix rauque dont chaque ligne de texte décrit un monde au bord du gouffre (« Apocalypse happens every day » dans « Desolation »).

Abouti, riche et dense, The red line archive n’est pourtant pas un morceau de choix dans la discographie du groupe norvégien. Les remixes, bien qu’excellents, ne se démarquent pas fortement des originaux et n’apportent donc que peu par rapport à leurs contreparties studio. Je retiendrais tout de même un « Move or be moved (full version mix) » et un « Technocrate (Dunkelheit Version 2008 Mix) » exceptionnels tant la mécanique glaciale de ces titres ont eu la capacité de me faire voir à travers les yeux des musiciens la réalité qui m’entourait. Toujours plus froid, toujours plus identique, toujours plus manipulé. Une vision à la fois pessimiste et provocante du climat politique et social actuel qui n’encourage pas à l’apathie mais, à l’action (« Move or be moved »). Un disque fort et cohérent qui ne souffre donc juste de ne pas proposer de « véritables » nouvelles chansons.

  1. move or be moved (full version mix)
  2. dead (refactor)
  3. last call
  4. abstract mortal – junction mix
  5. synthesize my dna
  6. bleed
  7. 4418
  8. desolation
  9. technocrate (dunklehet version)
  10. cyborg era / dead end (remix)
  11. the central sun – part 1

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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3 Commentaires

  1. ryo the ryo says:

    où est le commentaire de faya ?

  2. Bernard says:

    Effectivement moins indispensable que les ‘vrais’ albums du groupe, mais un bon concept basé sur leur côté le plus électronique/industriel. Un contraste d’autant plus marqué après un Greater Darkness à l’orientation plus organique par rapport aux albums précédent. Dans tous les cas, groupe absolument essentiel, dont tous les albums valent le coup!

  3. ZSK says:

    bof… rien de bien intéréssant là-dedans…

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