Kill The Thrill – Tellurique

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Style: indus métal mélodiqueAnnee de sortie: 2005Label: Season Of Mist

Comme quoi le piratage, la chute des ventes de disques tout ça bla bla, y a quand même des solutions simples à envisager avant de venir jouer les pleureuses auprès du gouvernement façon Pascal N. de Univer-sale…
Par exemple la baisse du prix des disques, t’y as jamais pensé Pascal ?
Pourtant, regarde, ce Tellurique de Kill the Thrill que j’ai découvert en prenant l’énorme risque de dépenser 3 malheureux euros pour en faire l’acquisition. A ce prix le risque était mesuré, il pouvait donc être pris de façon acceptable, tu en conviendras.
Et ce d’autant que cet album c’est un peu la grosse claque dans ma tronche quand même, la grosse grosse claque même, genre la claque que je ne suis pas prêt de prendre un jour avec un de tes pseudos artistes pré-vendus dans des pochettes surprises au supermarché du coin.

Mais je te vois venir de loin, Pascal. « Kill the Thrill ? C’est même pas des français avec un nom pareil ! » vas-tu me dire, avec la finesse qui te caractérise, toi qui es si attaché à promouvoir la brillante école française des futurs artistes de ta maison, via la fameuse Etoile Académie. Et bien raté mon bon Pascal ! Kill the Thrill sont français, c’est un trio bien de chez nous, basé à Marseille (pas loin de St Tropez où tu pars en week-end, tu situes ?).

Comment te décrire la musique de KTT ? Là ça se complique un peu, car je suppose que si je te parle d’influences de groupes de musique industrielle comme Godflesh (KTT reprenant d’ailleurs « Us and Them » et le résultat est juste superbe et terrifiant) ou Killing Joke, je te parle chinois ? Si je te dis que ces influences sont complètement digérées par les français qui en ont fait un terreau sur lequel bâtir leur propre style en faisant au passage quelque peu le lien avec la cold-wave, tu raccroches les wagons ? Non bien sûr.
Bref pour faire simple, la musique de KTT est majoritairement triste, infiniment triste même, plutôt lente, très mélodique, et portée par un vocaliste (également guitariste) de talent, Nicolas Dick. Oui oui comme Dick Rivers, oui… Enfin non.
Elle est la bande-son parfaite d’un monde urbanisé à l’excès, qui n’en finit plus de courir (de plus en plus vite) à sa perte. « De quoi tu parles ? » me demandes-tu. Laisse tomber, oublie.
Bref, triste la musique de KTT l’est donc, et violente dans son propos, sans jamais avoir pour autant besoin de recourir à la violence des instruments. Non la violence est ici ourdie et contenue, suggérée beaucoup plus qu’exprimée frontalement (même si Frédéric De Benedetti, l’autre guitariste du trio se lâche un peu vocalement sur « Diaphragme »).
Froide (très froide, et la boîte à rythmes tenant lieu de batterie n’aide sûrement pas pour ce qui est de réchauffer l’atmosphère) mais sophistiquée, recourant ponctuellement à des chœurs (« An Indefinite Direction ») ou des cuivres savamment et discrètement mis en scène (« Diaphragme » encore), elle est avant tout belle à en chialer (les exemples ne manquent pas « A Little Salt… », « Like Cement », « An Indefinite Direction », etc…).
Et lorsqu’écœuré par le monde dégueulasse qu’il dépeint le groupe n’en peut plus, il opte pour la rébellion et crache à la gueule de ce monde, crache à la gueule de ce système, ah bah oui tiens désolé Pascal, mais il te crache un peu à la gueule aussi en fait (il t’en reste un peu là, à côté de la bouche, essuie-toi voyons). Et dans ce cas, c’est Marilyn la demoiselle (et bassiste) de la bande qui s’en charge, mais tu n’aimerais pas t’y frotter quand elle est en colère Pascal, je t’assure, si tu ne me crois pas écoute-donc « Soave », mais pas trop près des enceintes malheureux !

Et ne t’y trompe pas Pascal, quand bien même le tempo pourrait te sembler ponctuellement plus enlevé, presque guilleret, il ne s’agit que d’une illusion de bonheur, l’ironie est totale jusque dans les mots (« Non existence »), et non Pascal, il n’y a toujours rien qui donne envie de sourire et de se réjouir. Tu ne comprends pas bien sûr, me voilà surpris…

Enfin, si ça ne tenait qu’à moi mon bon Pascal, tu le sais bien, ta maison de disques et ses concurrentes pourraient bien disparaître, que ça ne me ferait pas grand-chose (sauf pour les salariés qui paieraient les pots cassés, mais tu n’es pas VRAIMENT concerné toi, si ?).
En tout cas souviens-toi de ça Pascal, si un jour tu as besoin d’une bande-son adaptée pour regarder s’écrouler ta merveilleuse société lobotomiseuse de tympans, n’hésite pas à m’emprunter (faudra me le rendre par contre hein) ce Tellurique, qui, tu verras, collera à merveille à l’ambiance ! Je suis sûr qu’alors même toi tu en chialeras…

  1. a little salt for a better feeling
  2. permanent imbalance
  3. an indefinite direction
  4. non existence
  5. soave
  6. like cement
  7. diaphragme
  8. head
  9. body
  10. mistaken solutions
  11. us and them (godflesh cover)
  12. the finish
krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 841 articles sur Eklektik.

Groupes cités dans la chronique

8 Commentaires

  1. Dun23 says:

    Clairement l’un des monuments de ma discothèque! Rien à ajouter à la chro, je crois que c’est clair.

  2. Joss says:

    Chouette ta chronique façon lettre ouverte. Pour la peine je vais redonner une chance à ce groupe avec ce télurique ;-)

  3. noohmsul says:

    Superbe chronique! je vais jeter une oreille…

  4. kollapse says:

    Superbe chronique pour un disque non moins superbe et indispensable en ce qui me concerne. Un disque fort d’un groupe unique, ne comportant pour ainsi dire aucune faute de goût, il s’agit bel et bien d’un chef-d’oeuvre. « soave », déchirante, est l’un des titres les plus intenses que je connaisse, « like cement » est juste belle, la reprise de Godflesh est limite mieux que l’original (c’est dire)…Bon je pourrais passer tout le disque en revue de cette façon. Bref, comme on dit, volez-le, téléchargez-le (Pascal dira que c’est la même chose…), ou plus simplement achetez-le mais merde, peu importe, ce disque DOIT etre chez vous. Alors, qu’est-ce que t’attends ?!

  5. Hallu says:

    Ouais enfin le 2,5 € le CD c’est sur amazon marketplace parce que personne ne l’achète et que c’est du déstockage féroce, c’est pas le label qui s’est mis à le vendre moins cher… Je trouve également regrettable que pour une musique comme celle de Kill The Thrill tu t’acharnes à essayer de rendre cette chro humoristique et « cool », niveau manque de respect c’est pas mal. Je n’aime pas les chros type branlette intellectuelle à la Uriel mais là c’est carrément à l’opposé, et ça ne rend pas du tout hommage au disque.

  6. krakoukass Krakoukass says:

    Je discute pas sur la chronique, t’as le droit de ne pas aimer (ceci dit y avait aucune intention d’être comique ou « cool » mais bon bref), par contre le cd est en vente à 3€ directement chez le label de KTT soit Season of Mist. Renseigne-toi un minimum avant de dire des bêtises Hallu… A part ça je ne vois pas où j’ai manqué de respect au groupe ou au disque, là je ne comprends pas du tout la critique. Enfin, tu as le droit de donner ton avis sur le disque au lieu de t’attaquer systématiquement au chroniqueur.

  7. actarus says:

    excellent album. difficile de l’écouter tous les jours tant il est sombre (à moins d’être en pleine dépression), mais c’est vraiment du beau travail, inspiré et intense.

  8. jfkool says:

    Excellente idée de chroniquer le dernier album de cet excellent groupe. Ecoutez-les tous, ils sont tous aussi bons !!!

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