Unearth + Despised Icon + Parkway Drive + Architects + Protest the Hero + Whitechapel + Carniflex – 17 novembre 2008 – Locomotive – Paris

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Annee de sortie: 2010

J’étais assez enthousiasmé par l’idée de me rendre à ce concert, étant bien fan de 4 des groupes présents. Je n’avais jamais vu Protest the Hero et Architects sur scène, et la perspective de revoir Despised Icon et Unearth n’était pas pour me déplaire, je serais allé les voir de toutes façons même s’ils ne venaient aps dans le cadre d’une affiche aussi attractive.
A mon arrivée à la Locomotive, je pensais que le 1er groupe au moins aurait commencé mais c’était loin d’être le cas, et j’apprendrais rapidement que les 5 premiers groupes joueraient au sous-sol, dans ce qu’on appelle la petite Loco, ancienne salle des machine du bâtiment (du Moulin Rouge donc). On passe devant les stands fournis de tous les groupes. 7 groupes, ça en fait du merchandising, chacun d’entre eux semble avoir assimilé que c’est de ce côté là qu’ils feront le plus de bénéfice sur cette tournée, il y en avait du t-shirt bariolé, les meilleurs à ce jeu là semblant être Despised Icon avec un tas d’accessoires, maillots de bsket, casquettes, coupe-vents à l’effigie du groupe.

Arrivé en bas, on constate que la salle est déjà complètement blindée, tellement que les spots permettant d’apercevoir la scène, même de très loin, sont tous déjà pris et qu’il n’est plus possible vu la foule de descendre dans la fosse. Ça rajoutait un côté « petit club » assez sympa, la petite Loco n’étant pas si mal comme salle, mais il y avait vraiment trop de monde, c’était tellement compressé qu’il y avait même du public sur scène pour tous les groupes!
Les groupes de la soirée ont donc manifestement des fans. Des hordes de jeunôts de 18 ans de moyenne d’âge, dont une bonne partie aux looks emo manifestement pompés sur leurs équivalents anglais et américains, se sont manifestement mis à écouter du « deathcore » qui semble avoir supplanté le « metalcore » dans le coeur des jeunes rebelles amateurs de gros son. Tant mieux, ça fait d’autant plus de fans de metal en général même si j’ai pas l’impression d’en avoir vu autant à d’autres concerts de metal ou hardcore plus classiques.

Sur ce, les américains Carnifex entrent en scène et balancent la sauce, un death sans finesse qui emprunte au « core » surtout une propention aux riffs bien graves, lents et groovy, sortes de mosh parts version death, surmontée d’une voix d’ogre. L’aspect peu mélodique de l’ensemble est renforcé par des guitares très en retrait dans le mix, donc on entend surtout un gros son de basse surmonté de growls linéaires. La fosse s’anime direct, il y avait vraiment des fans survoltés, pas mal d’aglutinés sur les marches prolongeant la petite scène, certains connaissant même les paroles, et j’ai vu plusieurs personnes porter des t-shirts du groupe ce qui est assez surprenant pour un groupe à l’historique aussi léger (premier album sur un petit label fin 2007, puis un album sur Victory mi-2008). Faut avouer que la musique du groupe est efficace et taillée pour la scène, et qu’elle correspond exactement à une certaine mode qui semble avoir fait des émules jusqu’en France, j’avais moi-même déjà entendu parler du groupe mais je ne m’attendais pas à ça.
Les Whitechapel, qui leur succèdent, ont un peu près le même parcours, sauf que c’est sur Metal Blade qu’ils ont sorti leur 2ème album il y a quelques mois, et ils proposent sensiblement la même musique, vraiment à peu de choses près, avec peut-être un peu plus de cohésion scénique et un chanteur plus énervé que vrombissant. Ils ont 3 guitares parait-il, la foule m’empêcha de le constater, je n’ai vu qu’une partie de la scène et j’ai pas vraiment entendu la différence, les guitares n’étant pas non plus vraiment distinctes, d’autant que j’ai rapidement abandonné, ça commençait à me gonfler d’entendre le même morceau en boucle.

Après un petit tour au bar, je redescend pour les canadiens Protest the Hero me placer dans la fosse, attendant de pied ferme ce groupe dont j’aime beaucoup les 2 albums et j’avoue avoir été un peu déçu par le concert, ridiculeusement court, d’une vingtaine de minutes soit 5 morceaux (les 2 premiers groupes n’avaient pas joué plus longtemps). Pas vraiment le temps de rentrer dans le bain, et malgré le fait que chaque musicien maitrise son sujet (le bassiste fut le seul de la soirée à avoir un jeu vraiment intéressant d’ailleurs), le son n’était pas au top et ça manquait de cohérence, il y a un truc qui collait pas, il fallait limite tendre l’oreille pour reconnaitre certaines parties. Le groupe manque peut-être juste de maturité, ils n’ont guère dépassé la vingtaine. Enfin on sent déjà une certaine prestance scénique, le chanteur assure bien quel que soit le registre, le chant clair passe bien l’épreuve de la scène, et heureusement vu qu’il est majoritaire dans la musique du groupe, par ailleurs patchwork d’influences diverses assemblées avec une volonté de tout jouer à 100 à l’heure. Le t-shirt Sikth du gratteux n’était pas innocent, ils en sont peut-être les meilleurs successeurs, si on remplace le côté neo/fusion de ces derniers par du heavy/thrash.
Le groupe sera de retour en mars 2009, en tête d’affiche apparemment, l’occasion de les voir dans de meilleures conditions j’espère.

Architects ensuite était sûrement le groupe que j’attendais le plus de la soirée et au final celui qui m’a le plus impressionné. Jeunes également, leur 3ème album allant sortir alors que certains membres du groupe ont à peine 20 ans, ils démontrent par contre une exécution parfaite qui leur assure un gros son bien compact, et la demi-heure de concert verra peu de baisse de tension, la musique du groupe avoinant sévère. Le chanteur maitrise son sujet et délivre avec puissance des cris enragés quand derrière, la grosse machine hardcore à quelques pointes chaotiques balance les derniers titres du groupe, quelques uns de <i>Ruin</i>, les 2 de leur split avec Dead Swans, leur dernier enregistrement, et enfin quelques nouveaux morceaux qui s’annoncent moins techniques que sur Ruin, axés sur un son plus hardcore et massif. Définitivement une valeur montante du metal/hardcore, mais je n’en doutais pas.

Un jeunôt (j’ai pris un coup de vieux vu le public de ce concert!) avec qui j’ai discuté m’annonce avoir lu qu’un seul des 2 hurleurs de Despised Icon serait présent, ce qui se révèlera faux, enfin presque, car il y eut en fait quelques petites couilles techniques au niveau d’un des micros, celui du hurleur alternant aigu et ultragrave, mais ce ne fut pas bien grave, l’autre, dans un registre hardcore agressif plus classique, avec sa bonne vieille dégaine hip hop, assure le show pour 2,  commençant par un « Connexion Montréal Paris! Les choses se passent! T’entends! » bien connu des « petits fanatiques » parisiens de leur compatriote québécois Roi Heenok.
Comme d’habitude avec ce groupe j’ai l’impression, ce fut un grand concert dansune ambiance survoltée, ils ont bien secoué la fosse de la petite Loco sous les circles pits. La majorité de morceaux seront tirés de leur dernier album the Ills of Modern Man, et se furent les plus efficaces et reconnus par le public en coeur, mais ils jouèrent également d’autres titres qualifiés de plus « old school » et effectivement plus orientés death. Pour l’anecdote, ils ont annoncé 2 morceaux en français pour leur prochain album, enfin vu l’intelligibilité des paroles, ça n’apportera pas grand chose, mais j’ai hate d’écouter ça!

Après ces 5 groupes dans la petite Loco, on monte dans la « grande », où les balances n’ont apparemment pas encore été faites, en fait cette salle n’a apparemment pas le droit d’être utilisée avant 22h, heure où se terminent les spectacles du Moulin Rouge à côté, d’où le fait que les premiers groupes aient joué en bas, donc on poireautera le temps que ça se fasse avant la montée en scène de Unearth, dans des lumières impressionnantes.
Certes ils utilisent de grosses ficelles metal et metal/hardcore mais ça fait bien 10 ans qu’ils jouent cette musique et je trouve qu’il n’y a pas mieux comme représentants d’un metal mélodique et in your face actuellement, et je ne vois pas trop ce qu’on peut leur reprocher sur scène, ça bouge, ça joue nickel, ils assument leur côté tête d’affiche sans problème. Par ailleurs, même en comparaison aux classique genre « Black Hearts Now Reign », les nouveaux morceaux ont carrément bien donné sur scène, vraiment taillés pour l’efficacité maximum.

Parkway Drive s’installe ensuite, apporte des toiles tendues devant les amplis avec motif tête de mort qui s’accordent assez mal avec leur patronyme assez ridicule (virée sur l’autoroute?), et lancent directement les hostilités. Le groupe propose une musique assez banale. Ils sont australiens mais leur musique est un metalcore en plein dans la mouvance américaine, leurs 2 albums ont d’ailleurs été produits par Adam Dutkiewicz, gratteux de Killswitch Engage, et ça se sent. Les morceaux semblent amincis à l’essentiel, mais sans le côté efficace et mémorable de leurs modèles, certes ça a de l’énergie à revendre, scéniquement ça bouge et joue bien avec un gros son mais la prestation n’a pas grand intérêt au niveau musical et me gonflera vite, d’autant plus après Unearth. Certes ont pourra me rétorquer qu’Unearth non plus n’ont pas grand chose à apporter non plus à ce moment là, mais ce n’est pas mon avis, Unearth possèdent vraiment un sens de la mélodie que n’approche même pas Parkway Drive.

Je m’eclipse donc avant la fin du concert, et avec le sourire aux lèvres car j’ai quand même passé une très bonne soirée dans cette Loco bondée grace surtout aux 4 groupes que j’étais spécifiquement venu voir.

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 497 articles sur Eklektik.

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