Bilan 2008 fewz

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Cette année a été celle des III : dans mon top 10, 3 disques sont des 3e album : le III de Darkspace, le III de Cursed et le third de Portishead.
A noter l’essoufflement manifeste du « postcore » :manque de renouvellement, manque d’idées. On s’enferme dans ses codes et on patauge. Sans moi, merci.

France

Deathspell OmegaVeritas Diaboli Manet in Aeternum
Les Poitevins se montrent un peu moins hermétiques que sur Fas Ite…. Les accroches mélodiques sont plus présentes, plus palpables mais DsO continue sur sa lancée technique, chaotique, léchée, dissonante et dense. Un grand cru qui tombe à pic en attendant le prochain LP.

Aside From a DayManufactured Landscape
Le groupe de Belfort a enfin donné naissance au successeur du très bon Divine Proportion. Pas de gros changements : ça sonne hardcore/screamo avec des élans « post ». On joue serré, on joue carré, on braille. C’est déchiré et ça envoie du lourd. Petit bémol quand même : le son – déjà très bon – manque de rondeur ou d’un petit quelque chose pour vraiment être énorme. Excellente sortie française.

Alain BashungBleu pétrole
Bashung a arrêté de se regarder le nombril pour parler du notre, de nous, de notre société, de notre monde. Bashung faisait déjà des merveilles, il peut maintenant faire des miracles. A la fois simple et sophistiqué, Bleu Pétrole est empreint d’une gravité et d’une poésie qui vont droit au coeur.

Four Questions MarkTitan
Comme un tribute à Meshuggah plus que réussi. Urgent, massif, écrasant et sans aucune concession. Du suédois en plus crade, made in France!

Révélations

Fuck Buttonsstreet horrrsing
Comment exploser tout le monde dans son secteur avec son premier album ? Explications avec ce duo britannique qui a été la grosse sensation drone/ambient. Original et puissant.

Black Sheep Walli am god songs
Un mur compact vous arrive en pleine face. BOUM! Comme un Will Haven de la grande époque parfumé au Meshuggah. Efficace et suffocant. Addiction garantie.

Yacøpsætanz, grosny, tanz
Le groupe ne date pas de la dernière pluie… Mais je ne l’ai découvert que cette année. Le grind/crust/powerviolence-tout-ce-que-vous-voulez à son meilleur. A noter une production d’excellente facture par rapport à leurs précédentes sorties. Dévastateur.

Young Widowsold wounds
Ce trio né des cendres des excellents Breather Resist est arrivé avec son deuxième album. Pas forcément original, il balance une noise désenchantée et tranchante servie par un son über costaud signé Kurt Ballou. Chaudement recommandé à tous les amateurs de noise rock.

Helms Alee
Merci Hydra Head. Ce trio de Seattle est la vraie bonne surprise de cette année. Non, on n’est pas dans le seattle sound. On est là dans un noise rock qui réussit l’équilibre entre les sonorités amples et celles plus velues, plus rentre-dedans avec en plus cette voix féminine qui fait plaisir à entendre. Noise, pas minimaliste et qui sait sortir les crocs. Que demande le peuple ?

Hero Hestroyed
Le groupe reprend le flambeau de groupes mathcore comme Keelhaul ou Burnt by the Sun. Efficace, héroïque et convulsif. Guettez l’album à venir.

Déceptions

Cult of LunaEternal Kingdom
Ca ronronne. Du réchauffé à peine réarrangé. Autoparodie, autopompage. Ca aurait pu être bon pour des seconds couteaux… Mais pour des têtes d’affiche c’est la (très grosse) déception.

IntronautPrehistoricisms
Loin d’être mauvais, ce disque ne m’emballe pas. Perte d’efficacité et trop de « je me la joue free »… Le groupe perd en impact et ne gagne pas vraiment en pertinence. Intronaut reste (et s’affirme) comme une pointure dans son créneau. Mais ça ne prend pas avec moi.

Mouth of the ArchitectQuietly
Pas mauvais… mais clairement décevant. Comparé avec le précédent, on ne peut que rester sur sa faim. Peut-être la prochaine fois.

the Evpatoria ReportMaar
Cet album des Suisses deçoit. Pas mauvais, il est clairement moins touchant que le sublime Golevka. Si ce dernier avait un je-ne-sais-quoi qui soufflait les groupes-phares du post-rock façon montagne russe, Maar, lui, malheureusement, ramène le groupe dans la masse.

Albums de l’année

LeviathanMassive Conspiracy Against All Life
Un album sombre et ambitieux. Gluant, il vous aspire et prend un plaisir à vous perdre dans ses arcanes abyssales. Une masterpiece de l’USBM. Moderne, grandiose et puant. Merci Wrest.


AsvaWhat You Dont Know Is Frontier
Un album magistral. Un son gigantesque, ample. Une ambiance unique, presque irréelle. Juste absolument indispensable. Et je pèse mes mots.


DopplerSongs to Defy
Les lyonnais sont revenus avec un album rempli d’une noise ravageuse et éclectique. Des arcs électriques traversent l’espace en tout sens pour finalement frapper vos tympans avec la précision du dernier laser breveté par la NASA. Ô joie, c’est délicieux!


UfommamutIdolum
La question taraude les chercheurs : faut-il réveiller le mammouth ? Ne cherchez plus, les Italiens l’ont déjà fait et avalé. Avec ce son de pachiderme obèse et ronflant, il est inutile de se cacher ou de se mettre à l’abri. Nous sommes condamnés à être écrasés.


DarkspaceIii
Ce troisième opus (sans compter le -I) des Suisses est la synthèse des deux premiers. On a le mur du son du II et les riffs dévastateurs du I. Un album opaque, céleste, glacial.


CursedIii Architects of Troubled Sleeps
C’est l’enfer! C’est crade, bouillant, enragé, ça suinte de partout! Cachez les femmes et les enfants. Et n’ayez crainte : si vous voulez les rejoindre, on ne se moquera pas de vous.


EarthThe Bees Made Honey in the Lion’s Skull
Mine de rien, ce disque m’a profondément marqué. Cette ambiance contemplative et flottante s’est imprimée quelque part en moi, de façon souterraine et sous-jacente. Un album mystérieux et profond…

PortisheadThird
11 ans après… Le trio de Bristol nous honore d’un troisième effort studio. Plus froid, ce disque est marqué par des accents industriels et bruitistes rendant leur trip-hop plus hypnotique et spleenesque que jamais, beaucoup moins facile d’accès. Majestueux et maladif.


These Arms Are SnakesTail Swallower and Dove
Plus que noise, plus que rock, plus qu’indie. Bref, difficilement descriptible. Une patate hallucinante, et une classe folle. Peut-être leur meilleur album.


MossSub Templum
Moss est de ces groupes capables de vous faire goûter le mystère insoluble de l’outre-tombe. Les cordes chtoniennes, la batterie ralentie, et cette voix venue du plus profond des abîmes ne sont évidemment pas là pour vous ouvrir les voies de Prométhée mais celles des galeries souterraines où le temps se mesure à l’échelle géologique. La maîtrise et la densité du son sont si grandioses qu’elles évoquent les cauchemars fantasmés des plus grandes rencontres tectoniques de la ceinture de feu.


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