Helms Alee – Night Terror

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Style: indie noise rockAnnee de sortie: 2008Label: Hydrahead

A l’heure des réseaux sociaux hygiénistes, du « Cachez ce sein que je ne saurai voir » pour être mieux vu, de ce sentiment d’existence à travers le vide d’un écran, la musique est soi disant en crise. Quelle blague… Quand production musicale rime avec consumérisme recyclé que pouvons-nous en attendre, nous les enragés, devenus à tort ou à raison fossoyeurs d’une créativité au niveau zero ? N’attendez nul discours passéiste de ma part. Il n’y a de « c’était mieux avant » que pour les les losers et les résignés. Que les influences d’hier inspirent quelques irréductibles à casser le moule et produire enfin LEUR musique, oui. Qu’elles servent de miroir à un égo-trip consternant, merci alors d’aller chier ailleurs. Ces quelques mots pour finalement introduire Helms Alee et son premier album Night Terror, remède – certes partiel – à ce marasme et à la poussière qui recouvre inéluctablement les leurres d’hier sur mes étagères. Il est grand temps que je fasse le ménage !

Issu de Seattle, le trio produit ce qui relève presque de la gageure aujourd’hui : un bon album de rock. Après une ouverture instrumentale de 2’31, vengeresse façon Ennio Morricone, où la guitare se tape la part du lion sur une rythmique assassine, on s’engage au sein de ce Night Terror dangereusement addictif, noise à ces heures, épique à travers sa rage et tout simplement sexy. Tous les titres sont imparables, ménageant tour à tour instants de puissance dévastatrice et calme homérique. Chaque morceau – à part le final au piano Wild Notes – s’articule autour de mélodies mélancoliques, d’envolées matinées de psychédélisme sombre et lyrique et de rythmiques entêtantes. Le mid tempo allie le groove à la violence. Les riffs sifflent comme des balles. Le chant alterne la rage du guitariste Ben Verellen et les complaintes de la bassiste Dana James et de la batteuse Hozoji Annie Matheson-Margullis. On est happé par ce flot d’émotions brutes, cette rage quasi hardcore, ces textes désenchantés, chargés de métaphores. Nous aussi, on lève le poing. Nous aussi, on porte cette révolte…

Je parlai des influences en introduction. Pour qui est rompu à la culture rock de ces 40 dernières années, il découvrira certainement ici nombres de références, assumées ou non, de feelings déjà ressentis ou non, d’hommages plus ou moins avoués ou tout simplement pures objets de l’imagination de l’auditeur. Tout ceci pour dire que Helms Alee serait pour moi le parfait trait d’union entre le rock indie des Pixies, une déclinaison de morceaux de Pink Floyd tels Set the controls for the heart of the sun ou Careful with that axe, Eugene et ce sentiment d’essentiel véhiculé par le Ten de Pearl Jam. Les références paraîtront peut-être un peu surannées pour qui découvrira Helms Alee. Peu m’importe, elles n’ont pas pour but d’être accolées à un sticker. Elles ne sont que la vue de mon esprit un rien malade, empruntes de cette subjectivité si vitale. Alors écoutez Helms Alee et on en reparle !

  1. left handy man handle
  2. new roll
  3. a weirding away
  4. rogue’s yarn
  5. betwixt
  6. big spider
  7. grandfather claws
  8. paraphrase
  9. shhmna
  10. wild notes
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2 Commentaires

  1. kollapse says:

    quelle plume Neurotool, ta chronque est à l’image de l’album, c’est à dire excellente :-). Dans les sorties hydra head de l’année, ce Helms Alee est peut-être la meileure production 2008, ce rock sauvage moderne est putain de jouissif et putain d’inratable. Yeah yeah yeah !

  2. So says:

    je fais bien de venir lire quelques chros de temps à autres… merci neuro :)

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